Critique : La Rupture

Flore Geffroy | 5 juin 2006
Flore Geffroy | 5 juin 2006

Prenez deux individus aux personnalités contrastées (subtilités pas indispensables) : lui, dégaine de blaireau tchatcheur avide de bière insipide ; elle, yuppie bien sous tout rapport. Il a oublié de grandir, elle manque de fantaisie. Dès la première scène d'exposition des personnages (la rencontre, plutôt réussie, au match de base-ball), on voit bien que ces deux-là ont autant d'avenir ensemble qu'une girafe et une mangouste. Bref, quand Vince Vaughn et Jennifer Aniston, pardon… Gary et Brooke se séparent, on attend La Guerre des Rose version bobo, avec en vedettes omniprésentes (qu'est-ce qu'ils prennent de la place !) l'ex madame Pitt et son nouveau soupirant dans la – vraie – vie.

Ainsi donc, sur le mode « Les hommes et les femmes ne parlent décidément pas le même langage », les deux amoureux pratiquent la guéguerre de tranchée, chacun pour évicter l'autre du nid qui abritait jusque-là leur amûûûûr toujûûûrs, un appartement (symbole de l'enfant qu'ils n'ont pas ?) même pas luxueux. Et vas-y que j'invite des potes et des danseuses peu habillées à pas d'heure ; et que j'amène mes rendez-vous galants pour te rendre jaloux ou que je traverse innocemment le salon en costume d'Eve sous tes yeux lubriques… On est loin des vacheries de La Guerre des Rose, loin de tout coup tarabiscoté. Le ton reste assez sage et bizarrement, la comédie marche cependant pas mal (pas là où on l'attend, c'est à dire, pas avec les noms en haut de l'affiche).

De fait, Vince Vaughn et Jennifer Aniston, omniprésents jusqu'à plus soif, se font chiper les rires par une galerie de seconds couteaux assez réjouissants, même si leurs interventions restent homéopathiques. Le dîner de famille du début est un joli concentré de talents discrets et irrésistibles, à commencer par le frangin de Brooke, chanteur, intello, rasoir et… redoutable de pugnacité. Il y a aussi le copain de Gary, barman au physique de camionneur tatoué, résolument de mauvais conseil ; la patronne déchirée de Brooke ; la copine casée avec une tripotée de mouflets. Ce sont ces personnages-là qui épicent pour le meilleur un film par ailleurs mis en scène sans la moindre once d'originalité, même si la fin reste complètement ouverte… pour une suite éventuelle ?

Comme quoi, mettre en avant les noms de deux vedettes suffit peut-être à boucler un budget, mais pas à faire un grand film.

Voir le box-office US de son premier week-end en cliquant sur ce lien.

Résumé

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