Cruising : La Chasse : critique dark room
Incompris, décrié, censuré : La Chasse - Cruising est ce qu'on appelle un film maudit. Pourquoi tant de haine à l'encontre de cette pépite signée par le grand William Friedkin, sur lequel s'est abattu une tempête critique doublée d'une polémique fatale sur sa représentation de l'homosexualité ?
PUNISH ME WITH KISSES
A l'origine de la polémique : le sujet même du film. Une enquête policière dans le milieu gay SM underground des années 80 (comprendre soirées cuir, fist fucking et autres golden showers). L'univers ultra-sulfureux et violent de Cruising prend place dans les bars en sous-sol, ou dans les parcs publics, où les regards se croisent, les chaînes se tendent et le désir se lie à la souffrance. Et les malheureuses victimes y trouveront la mort, la douleur (jouissance ?) suprême.
Vous avez dit L'Exorciste et vous avez raison
Le flic Steve Burns (campé par Al Pacino), gueule de minet et veste en cuir de rigueur, va se mettre dans la peau de la proie idéale pour essayer de traquer un serial killer qui a décidé de faire de la communauté gay, à l'époque marginalisée, de la chair à pâté. Une histoire qui a pourtant choqué ses membres à l'époque, qui y voyait une représentation dégradante et unilatérale de l'homosexualité, et qui pourtant, a transpiré de nos jours jusque dans des films comme le récent Un couteau dans le cœur. Un procès d'intention dommageable et qui nous semble injuste, mais nourri il est vrai également par les opinions troubles mais généralement assez conservatrices de William Friedkin.
Il paraît que le film est pas gentil
A TOUCH OF EVIL
En effet, le milieu sado-masochiste avec ses dominants et dominés sied à merveille à ce polar, et le coeur du film est le personnage principal interprété par Al Pacino , dont l'enquête va progressivement tourner à la quête d'identité, avant de lui faire perdre pied et remettre en cause ses propres instincts. L'acteur livre là une de ses plus belles performances, passant du flic macho man à une gym queen de premier choix.
Pour ce qui est de la réalisation, on pourrait la comparer aux coups de poignards que dispense le psychopathe à ses innocentes victimes : c'est brutal, précis et sans concession. Et quelle audace que d'associer à ces profondes agressions des images subliminales de films pornos gay ! Effronté, William Friedkin l'est indéniablement pour avoir osé cette oeuvre sans tabou, qui sent la crasse, le sexe et la sueur mais qui témoigne surtout d'une intensité de chaque instant.
Lecteurs
(1.1)08/08/2022 à 02:52
L'ambiguïté de la fin du film ne vise en rien Al Pacino sur une possible culpabilité vis à vis des précédents meurtres ou bien la dernière ( celle de son voisin) ...
21/07/2019 à 09:52
Merci pour le spoil...
11/03/2019 à 09:22
La fin, dans un style très friedkinien (c'est à dire très ambigüe) laisse entrevoir l'idée que le tueur est en fait Steve Burns (Al Pacino).
11/03/2019 à 08:54
Pareil j'ai pas compris la fin!
11/03/2019 à 08:49
Quelqu'un pour expliquer la fin?
11/03/2019 à 08:32
Le diamant noir de la filmo de Friedkin !
Apparemment le blu-ray devrait être disponible ce printemps et un coffret triple vinyl (!) de la BO vient de sortir chez waxworkrecords...
10/03/2019 à 17:03
Bon film en effet mais j'ai pas vraiment compris la fin.
10/03/2019 à 16:40
Friedkin, il sait vraiment tout faire.
10/03/2019 à 15:23
Chef d'œuvre.
10/03/2019 à 08:41
Un Friedkin trop souvent "oublié" lorsque l'on cite le réalisateur, alors que c'est certainement un de ses meilleurs films!
Un véritable chef d'oeuvre du cinéma policier!