Critique : Rock

Laurent Pécha | 8 avril 2005
Laurent Pécha | 8 avril 2005

Rock marque la dernière collaboration de deux géants de la production hollywoodienne (en termes de rentabilité) pour cause de mort brutale de DonSimpson. C'est aussi à ce jour le meilleur film de Michael Bay. Pourtant, le mérite ne lui en revient absolument pas. Bien au contraire, le style insupportable du réalisateur aurait même tendance à parasiter les images du film. Mais, il y a un élément contre lequel Bay ne peut rien faire : la présence d'un bon script (pour ce type de film bien entendu). Plus fort que la mise en scène, le scénario !

C'est ainsi que Rock est un concentré de rebondissements et de scènes spectaculaires auxquels on a adjoint des personnages ayant une certaine moelle et surtout des acteurs charismatiques. Ainsi, le personnage du méchant joué par un magnifique Ed Harris respecte la devise chère à Alfred Hitchcock (plus le méchant est réussi, plus le film l'est). Contrairement à l'habituel film d'action où le « bad guy » est stéréotypé et ne possède aucune circonstance atténuante, le général interprété par Harris menace la ville de San Francisco pour des raisons compréhensibles (l'armée a abandonné ses soldats et il réclame une juste reconnaissance pour leurs services rendus) et fait preuve d'une certain code de l'honneur. Le personnage de Nicolas Cage est aussi (du moins dans sa première partie) complètement en décalage avec l'histoire. Il est censé être le héros, et pourtant il multiplie les gaffes à l'image de ce que Kurt Russell faisait dans Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin. Ce rôle d'anti-héros est plutôt sympathique et permet à l'acteur de sortir quelques vannes certes souvent vaseuses, mais jamais déplaisantes.

Mais ce qui fascine le plus dans Rock, c'est cette rivalité constante entre un scénario solide aux scènes d'action ultra efficaces et la volonté de Michael Bay de pourrir le résultat par une mise en scène épileptique. À tel point que l'on peut raisonnablement soupçonner le réalisateur d'avoir multiplier sur le plateau les croches pattes à son cameraman afin d'obtenir des plans illisibles et dénués de tout bon sens. Malgré toute son application (qui trouve son apogée dans la fusillade des douches) à rendre le film ridicule par une mise en scène insupportable aux effets les plus éculés (Nicolas Cage, les bras en croix sur fond de ralenti et de musique tonitruante de Hans Zimmer), Bay n'arrive pas à couler son film et signe malgré lui un spectacle visuel euphorisant au rythme effréné.

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