Critique : Ronde de nuit

Shamia_Amirali | 14 février 2006
Shamia_Amirali | 14 février 2006

Dix ans qu'Edgardo Cozarinsky n'avait pas filmé Buenos Aires, sa ville natale. Ce retour aux sources se fait donc avec un film qui a reçu le Prix de l'avenir lors des Rencontres internationales de Paris Cinéma 2005. Le réalisateur nous entraîne dans l'errance nocturne de Victor qui passe en revue les exclus de la société (prostitué(e)s, dealers, travestis..) dans les bas fonds de la capitale argentine. Âgé d'une vingtaine d'années, Victor deale de la coke, fait le tapin et croise d'anciens amis et amants. Apparemment, il s'agit d'une soirée banale pour lui. Mais au fil de ses rencontres, on glisse dans un trip onirique où le « héros » d'Edgardo Cozarinsky doit affronter la colère des fantômes d'anciens amants.

Dès lors, on perd pied avec la réalité, le récit basculant dans un flou convenu. Entre quête d'identité et découverte de pulsions amoureuses mais meurtrières, Victor semble aussi perdu que nous et cela en est presque rassurant. Edgardo Cozarinsky sème le trouble tant chez son personnage que chez le spectateur, si bien que l'on finit par se détacher du récit et par s'ennuyer.

Malgré tout, le film doit beaucoup à ses jeunes acteurs et à sa musique. Gonzalo Heredia, qui incarne Victor, laisse perplexe tant sa performance paraît juste, que ce soit dans des scènes de sexe avec d'autres hommes ou dans les simples errances dans les rues bondées de Buenos Aires. De plus, le film se déroule sur des morceaux de tango à couper le souffle, la sensualité qui s'en dégage est tout simplement émouvante, voire carrément bouleversante.

Finalement, La Ronde de nuit de Cozarinsky s'achève avec une impression d'inachevé. Le jour se lève alors et Victor disparaît dans la foule de la capitale.

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