Critique : Petites confidences (à ma psy)

Stéphane Argentin | 14 février 2006
Stéphane Argentin | 14 février 2006

Derrière son titre quelque peu réducteur (le titre anglais, Prime, n'est guère plus avenant), Petites confidences (à ma psy) se révèle être une comédie romantique douce-amère bien mieux troussée que ce que les apparences trompeuses laisseraient à penser.

Le point de départ a beau être des plus classiques (un regard, et c'est le fameux « coup de foudre »), le contexte dans lequel celui-ci se produit et va ensuite évoluer l'est déjà moins. Le scénariste-réalisateur Ben Younger, très remarqué avec son premier long-métrage Les Initiés (Prix du Jury au festival du film américain de Deauville en 2000, ex-aequo avec un certain Memento), n'a en effet nullement cédé à la facilité et s'est assuré de placer un minimum (ou bien s'agit-il d'un maximum ?) de barrages entre les deux tourtereaux : une divorcée de 37 ans, artiste accomplie rêvant d'avoir un enfant, et un jeune homme de 14 ans son cadet, aspirant peintre couvé par une mère qui rêve de voir sa progéniture épouser une juive et devenir avocat ou homme d'affaires.

À ces différences socioculturelles s'ajoutent (pour la touche comique) le quiproquo de départ, à savoir que les trois personnages ignorent les relations qui les unissent les uns aux autres (la mère ignore que son fils sort avec sa patiente et vice versa, tandis que le fils ignore que sa compagne est la patiente de sa mère). Le décor ainsi planté, le film entre alors dans sa deuxième partie, la plus drôle, où Meryl Streep, une fois encore impériale, vole littéralement la vedette à ses deux partenaires dans le rôle de la mère sexagénaire à mi-chemin entre le malaise et l'hystérie (la scène où elle se rend compte que sa patiente est la petite amie de son fils est la première d'une très longue série de fous rires garantis).

La troisième partie du film a beau retomber ensuite dans un schéma plus convenu (prise de conscience, déchirements amoureux et familiaux…) au rythme moins alerte (difficile de poursuivre sur la lancée !), elle a néanmoins le mérite de laisser à chacun le temps de réfléchir sur ses propres jugements de valeurs ainsi qu'aux décisions qui en découlent, avant que le film ne se referme sur une conclusion là encore peu conventionnelle. Sans pour autant révolutionner le genre – le schéma narratif reste finalement (inévitablement ?) le même – Petites confidences (à ma psy) est le type de petite comédie romantique beaucoup moins fleur bleue qu'il n'y paraît, tout en veillant à caresser dans le sens du poil le spectateur qui au final ne demandait que cela pour se prendre au jeu.

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