Critique : Isolation

Par Vincent Julé
27 janvier 2006
MAJ : 3 octobre 2018
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The Thing, Alien, The Faculty, une demi-douzaine d’épisodes des X-Files… Les références ne manquent pas pour définir a priori Isolation. Pourtant, exception faite du chef d’œuvre de John Carpenter, c’est plutôt du côté de Calvaire ou de l’univers de David Cronenberg que lorgne le premier film de l’Irlandais Billy O’Brien.

En une poignée de plans, ce dernier saisit avec réalisme, voire misérabilisme, cette ferme isolée en pleine campagne. La lumière terne et crasseuse et une trame sonore oppressante finissent d’installer le malaise. Il ne lui faut pas plus de séquences pour resserrer le suspense autour d’une vache qui est sur le point de mettre bas. Les pieds dans la boue, le visage dans la sueur animal, le spectateur a le droit à un retour à la terre, et à la chair, le nez directement dans la poussière. Si les tenants et les aboutissants de cette inquiétante et mystérieuse naissance sont rapidement exposés, c’est pour mieux permettre au metteur en scène de continuer sa description de nos peurs primaires et d’une horreur au quotidien.

En effet, qui pourrait, après le film, avoir encore envie de déguster un bon steak. Malheureusement, cette approche naturaliste, et unique en son genre, du thème de l’invasion flirte parfois avec l’ennui, à l’image de ce plan interminable sur une flaque d’eau. La réussite du film se situe pourtant dans le prolongement direct de cette longue exposition, puisque la menace se matérialise doucement, insidieusement jusqu’à provoquer les mêmes Frissons qu’un certain Cronenberg. Les amateurs de corps étripés apprécieront, les autres retourneront lire Martine à la ferme.

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