Critique : Un ticket pour l'espace

Magali Cirillo | 17 janvier 2006
Magali Cirillo | 17 janvier 2006

Trois ans après leur pastiche loufoque de film policier américain Mais qui a tué Pamela rose , le duo infernal Kad et Olivier résiste, signe et persiste avec cette nouvelle comédie intitulée Un Ticket pour l'espace. Oubliés FBI, Bullit et Rippert, cette fois « Kad et O » s'en prennent à l'aventure spatiale. Avec la prestance d'un Richard Gere (à quelques détails près), Olivier (le moins chauve des deux) endosse ici le costume d'un célèbre spationaute, le Commandant Beaulieu, tandis que Kad (le moins chevelu donc) campe un dénommé Cardoux, magnifique looser, acteur raté qui anime des séminaires pour des petites entreprises et qui, lui, connaît bien la crise. En effet, lasse de ses nombreux mensonges destinés à sauver la face, sa femme le quitte. Mais malheureux en amour, heureux au jeu, Cardoux gratouille un ticket et gagne un voyage dans l'espace…très mouvementé…

Aux commandes de ce space-movie, on retrouve avec plaisir Eric Lartigau, dont la réalisation tout en apesanteur permet aux gags de s'enchaîner à la vitesse de la lumière et évite l'aspect mou du genou et d'ailleurs de nombreuses comédies made in France. Kad et Olivier, eux, s'en donnent à cœur joie, soutenus par une galaxie de seconds rôles savoureux, dont Guillaume Canet en gros méchant et Marina Foïs en Bretonne digne d'une publicité Tipiac. L'histoire bien sûr reste simple et le scénario ne vole pas bien haut, mais on ne s'ennuie jamais avec cette comédie bien rythmée et sans aucun trou noir. Certaines scènes et répliques ont même autant d'impact qu'une pluie de météorites dans un magasin de porcelaine, comme le générique hilarant qui nous fait découvrir Le Prix du film le moins ressemblant à L'Ours de Jean-Jacques Annaud, ou le discours de Werburger (André Dussollier) : « La France d'en bas a elle aussi le droit de monter là-haut ».

Plus écrit, moins déjanté (mis à part la scène du dindon, à prendre au trentième degré), ce deuxième film des créateurs inspirés du Kamoulox séduira un plus large public mais risque de décevoir leurs fans les plus puristes, qui pourront leur reprocher, pour une fois, de ne pas s'être assez lâchés. Un comble !

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