Critique : La Légende de Zorro

Stéphane Argentin | 26 octobre 2005
Stéphane Argentin | 26 octobre 2005

Guitare, talons frappants le sol (ou plus précisément sabots), épée fendant les airs en laissant derrière elle une marque enflammée, celle d'un « Z » qui veut dire « Zorro ». Pas de doute, sept ans après Le masque de Zorro, le célèbre renard est de retour sur grand écran et ce pré-générique, qui ne sera pas sans rappeler la signature ouvrant chaque film d'un certain 007, est là pour nous l'annoncer.

Cette empreinte « bondienne » bien plus prononcée que dans le premier volet n'a d'ailleurs rien de surprenant puisqu'au scénario de cette Légende de Zorro, on retrouve désormais deux des piliers de la série Alias, Roberto Orci et Alex Kurtzman, qui ont repris là certains des grands traits de la saga d'espionnage en question. À commencer par ce méchant apprêté dont les belles manières cachent en réalité les desseins souterrains les plus obscurs (une confrérie baptisée « Les Chevaliers d'Aragon »). Soit un plan machiavélique savamment ourdi par un certain Armand (Rufus Sewell très sobre et qui évite la surenchère inutile), épaulé par un homme de main à la dentition boisée qui ne sera pas sans rappeler là encore un certain « Jaws » de L'espion qui m'aimait et Moonraker. Ce noble Armand cède ainsi à la mode actuelle à Hollywood consistant à personnifier la vilaine petite grenouille sous les traits d'un Frenchy.

Mais l'on oubliera toutefois bien vite cette nouvelle tendance pour se focaliser sur le cœur véritable du récit : celui d'un état naissant et soudé, la Californie, face à l'oppresseur étranger. Cette union des armes et du cœur va se retrouver concentrée dans les affres d'une seule et même famille : les de La Vega. Un propos sous-jacent d'un bout à l'autre du récit qui porterait davantage la marque d'un certain Steven Spielberg, producteur du film via sa société Amblin tout comme pour le premier volet : l'union d'un peuple et d'une nation toute entière (on pensera ici au récent Into the west sur les « Native Americans ») et les tourments familiaux (thème récurrent dans la filmographie de Spielberg).

Car s'il y a un changement fondamental dans cette Légende de Zorro comparativement au Masque de Zorro, c'est bien cette notion de « famille ». Zorro ne doit plus seulement combattre ses adversaires caché derrière son masque, il doit aussi faire face à ses devoirs / tourments familiaux. Exit donc la passion naissante du couple Don Alejandro – Elena et vive le ménage à trois. Le petit Joaquin (prononcez les « J » comme des « R » comme le veut la linguistique espagnole) ou encore la toujours délicieuse Catherine Zeta-Jones dont chaque apparition à l'écran illumine la pellicule (un parti pris visuel volontaire déjà présent dans le premier volet) ont désormais leur mot à dire avec à la clé une sous intrigue qui ne sera pas sans rappeler là encore une certaine Sydney Bristow (la série Alias pour ceux qui ne connaîtraient pas).

Non, il n'est pas question ici de spoiler l'histoire car le scénario n'est pas vraiment le plus important. La force véritable du film réside ailleurs et plus précisément dans les différentes péripéties, physiques comme émotionnelles (la scène, touchante, où les trois sont enfin réunis pour la première fois et où le petit Joaquin apprend enfin la vérité sur son « papé »), que vont devoir affronter les de La Vega et où l'humour trouve également sa place (les échanges entre Don Alejandro et son fidèle destrier Tornado ou encore les scènes vaudevillesques entre Elena, Armand et Zorro). Le seul petit bémol de cette suite serait à mettre au crédit d'une surenchère visuelle, aussi bien pyrotechnique, physique (des saltos et autres coups de tatanes digne d'un Jackie Chan) que numérique (des incrustations pas toujours très heureuses lors de la séquence ferroviaire finale qui rappellera alors un certain Indiana Jones, autres films estampillés « Spielberg »), au dépend des envolées équestres et autres duels épéistes plus « naturels » du premier volet.

Qu'importe en définitive car le but est atteint : offrir un divertissement auquel toute la famille est conviée, aussi bien Monsieur que Madame sans oublier le petit « Zorrélito ». La légende est donc intacte et le célèbre renard court à nouveau vers l'aventure au galop, en attendant de voir sa descendance prendre le relais.

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(3.6)

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