Critique : Daddy daddy USA

Magali Cirillo | 27 septembre 2005
Magali Cirillo | 27 septembre 2005

Pierre Hodgson n'est pas Michael Moore. Et c'est tant mieux. Pierre Hodgson est un journaliste, réalisateur et scénariste d'origine anglaise qui nous propose avec Daddy, Daddy Usa une autre vision des États-Unis. Une vision plus juste. Car d'après lui, les téléspectateurs européens que nous sommes ont été bernés par les images « exagérément stylisées » dont nous abreuvent les médias.

Pierre Hodgson n'est pas Michael Moore et de fait il refuse le spectaculaire. Il ne cherche pas à démontrer mais à comprendre. Loin des clichés et loin des stéréotypes, il nous propose de découvrir des portraits de dissidents, des citoyens lambda investis dans des associations ou des syndicats. Il part au fin fond de l'Amérique et le spectateur le suit au fil de son enquête, au gré de ses rencontres, il participe au film. Nous faisons donc la connaissance d'un syndicaliste qui a la mauvaise surprise de découvrir un pantin pendu dans les locaux de son entreprise, d'une vieille dame qui a vécu à Berlin, d'un converti à l'Islam, mais aussi de Godfrey Hodgson, ancien correspondant aux Etats-Unis à l'époque de Martin Luther King et surtout propre père du réalisateur.

Car ce film est aussi l'histoire d'un père et d'un fils. Deux générations, deux représentations différentes d'un même pays mais surtout deux hommes qui tentent de se rapprocher l'un de l'autre, deux univers qui essaient de se rejoindre. Le père influe sur le fils, comme le passé influe sur le présent pour chacun des témoins. « Nous n'avons plus de chaînes aux pieds mais elles sont toujours là dans nos têtes », explique un homme noir. C'est pour cela que Pierre Hodgson attache tant d'importance à l'autobiographie. Tous les témoins déroulent leurs souvenirs pour mieux nous faire comprendre leur combat présent. Il leur demande de raconter leurs vies, simplement, devant la caméra.

La démarche est non seulement louable mais aussi très intéressante…sur le fond. En revanche la forme semble avoir été oubliée. Les récits sont longs, très longs, beaucoup trop longs, les images trop statiques, certains plans (le réalisateur rentrant dans un ascenseur, appuyant sur le bouton,…) carrément inutiles. L'enthousiasme du début cède rapidement la place à la torpeur. Et finalement, on sort déçus de Daddy, Daddy Usa. On se dit qu'on a eu droit à la version longue alors qu'on aurait préféré la courte. Allez Pierre, couic, couic, couic, quelques coups de ciseaux dans le montage, on allège un peu sur les côtés, on effile le tout pour la future édition DVD… d'accord ?

Résumé

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire