In her shoes : Critique

Ilan Ferry | 13 septembre 2005
Ilan Ferry | 13 septembre 2005

Après L.A. Confidential et 8 mile, Curtis Hanson continue sa série de films « oscarisables » en nous contant la relation entre deux sœurs aussi différentes que complémentaires et une grand-mère dont elles ignoraient jusqu'ici l'existence. Cependant, dans le fond comme dans la forme In her shoes ressemble beaucoup plus à Wonder boys gentille petite comédie que Hanson réalisa en 2000 et dans laquelle Michael Douglas interprétait le rôle d'un professeur de littérature dont la vie allait se trouver bouleversée lors d'un week-end mouvementé. In her shoes n'a beau pas posséder les qualités d'écriture de son prédécesseur, la trame reste en filigrane toujours la même à savoir la quête initiatique d'un personnage ainsi que la reconquête de sa vie et de son identité.

 

 

La comparaison avec Wonder boys s'arrête toutefois là. Si ce dernier pointait de manière plus ou moins explicite les problèmes liés à l'approche de la cinquantaine et les remises en question qu'elle entraîne, la dernière comédie de Hanson aborde elle de manière frontale la trentaine, grand sujet de société de ce début de siècle puisque maintes fois exploité par le cinéma avec en tête Le journal de Bridget Jones (phénomène avant tout littéraire à l'image de In her shoes qui fit tout d'abord le bonheur des libraires sous la forme d'un roman écrit par Jennifer Weiner). De plus, à la différence de son illustre aîné, In her shoes se concentre sur deux personnages féminins d'égale importance, le principe étant ici de faire en sorte que le spectateur s'intéresse autant à la vie de l'une que de l'autre en scindant le film en deux parties distinctes. Pari réussi ?

À moitié car des deux parcours (montrés par un judicieux montage parallèle), un seul se révèle véritablement intéressant car surprenant et pas simplement linéaire et classique. En jouant la carte de la séparation entre les deux sœurs, une pirouette scénaristique pourtant nécessaire à l'impact de l'histoire, Curtis Hanson s'impose un rythme lent et prend le risque de lasser le spectateur, ce qui arrive inévitablement au terme de deux heures dix d'un film qui aurait nécessité une bonne demi-heure en moins.


Devant ces bredouillements narratifs, l'intérêt de In her shoes repose alors presque exclusivement sur son trio d'actrices et leur charme enivrant. Cameron Diaz surprend en nunuche pas si bête que ça, prête à faire voler tous vos a priori sur les blondes. Toni Colette se révèle touchante en femme en quête d'équilibre. Enfin si la grand-mère interprétée par une Shirley MacLaine toujours parfaite peut se vanter d'une importance capitale dans le film, on peut regretter que son rôle ne dépasse que trop rarement le cadre de simple « liant » entre les deux protagonistes, sa vie se limitant aux courses avec les petites vieilles et à une amourette avec le don juan de la maison de retraite du coin !!

 

Résumé

Réglé comme du papier à musique In her shoes sait nous tirer les larmes et nous rendre le sourire aux bons moments. Malgré son beau portrait de femmes, il n'arrive toutefois jamais à transcender le classicisme de son histoire et ce en dépit de quelques jolies scènes promptes à le faire sortir du lot post Bridget Jones.

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