Critique : Le Dernier signe

Vanessa Aubert | 31 août 2005
Vanessa Aubert | 31 août 2005

Difficile de vivre l'existence de Kathy, partagée entre le souvenir de Jeremy son mari disparu (Tim Roth), les avances de son locataire français Marc (Samuel Le Bihan), son travail de chercheuse et son rôle de mère. Oui mais difficile également de se laisser emporter dans une histoire de revenant laissant l'originalité dans l'au-delà.
En revisitant le thème des morts encore vivants dans l'esprit de leurs proches, Douglas Law s'attaque, pour son premier long-métrage, à un mythe déjà étudié et dont il paraît ardu de puiser une quelconque nouveauté. Le choix d'Andie MacDowell pour incarner la veuve désemparée, héroïne de cette comédie dramatique, ne semble pas dénué d'intérêt. La fragilité, le romantisme, le charme de l'actrice ont en effet déjà fait leur preuve dans Green Card, Quatre mariages et un enterrement et plus récemment dans l'étonnant Crush, le club des frustrées où elle parvenait alors à émouvoir. Mais la comédienne semble elle-même lassée de la récurrence de ce type de rôles l'éloignant de personnages forts qu'elle peut interpréter sans mal comme ce fut le cas dans Harrison's Flowers.

Au contraire, Tim Roth trouve un rôle à contre-emploi de la figure haïssable qu'il sait si bien jouer en étant, dans Le Dernier signe, un médecin engagé dans l'humanitaire dont les idéaux déchus l'ont conduit à l'alcoolisme. Pourtant, il paraît aussi effacé que son personnage et il semble que Douglas Law n'exploite pas sa puissance de jeu comme elle peut l'être de façon évidente dans Don't Come Knocking de Wim Wenders. Le couple Andie MacDowell-Tim Roth ne dégage pas l'émotion et la force d'un tandem Demi Moore-Patrick Swayze dans une intrigue moins énergique que celle de Ghost. L'immersion de Samuel Le Bihan pourrait apporter une ouverture à un scénario sans surprise mais son utilité est elle aussi prévisible. Français prévenant et gentleman, il est le french lover que l'on suppose et son t-shirt moulant ne fait qu'attester de la séduction entre son personnage et Kathy. Étonnant néanmoins que le caractère exotique et irrésistible de l'accent français ne soit pas utilisé dans la version originale puisque l'anglais de Le Bihan est doublé par une voix certes suave mais dérangeante pour tout spectateur français. De plus, l'attirance de Kathy et Marc manque de la passion dévorante qui attise l'intérêt de toute comédie romantique.

Le mysticisme n'en est pas plus captivant même si c'est Margot Kidder ex-fiancée de Superman et héroïne d'Amityville, la maison du diable qui tente de l'intégrer. Avec grandiloquence mais sans grande persuasion, elle essaie de convaincre la cartésienne chercheuse de croire à l'irrationnel et d'écouter le dernier signe envoyé par son mari. Des signes omniprésents dont la quantité sert davantage à Kathy qu'au spectateur habitué à des shyamalaneries tout en finesse. Certaines scènes visant à créer une tension manquent leur but par le ridicule qu'elles provoquent tant les effets apparaissent poussifs. Reste un film jouant sur la peur et l'angoisse dont on peut se laisser submerger…par inadvertance.

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