Shaun of the Dead : critique zombiesque

Mise à jour : 17/02/2019 13:52 - Créé : 16 février 2018 - Jean-Baptiste Herment
Jean-Baptiste Herment | 16 février 2018 - MAJ : 17/02/2019 13:52

Non, mélanger horreur et humour n'est pas chose aisée. Pour un Retour des morts vivants réussi, combien de Retour des morts-vivants 2 et autres Scary movie 4 de sinistre mémoire avons-nous dû subir ? Ce qui pêche dans dans ces parodies-satires ratées est le plus souvent la dimension horrifique, mal maitrisée par des réalisateurs qui ne connaissent pas les codes du genre. Ce n'est pas le cas du duo de scénaristes (Simon Pegg et Edgar Wright, également réalisateur) de Shaun of the Dead. Nourris au genre depuis leur adolesence, ils font ici une magnifique déclaration d'amour aux films de zombies américains et italiens. 

Affiche
183

CINEMA OF THE DEAD

Shaun of the Dead pullule de citations et d'hommages qu'un seul visionnage ne suffirait à déceler. Ses auteurs soignent leurs références, mais sans oublier de faire un vrai film, c'est-à-dire doté d'un scénario simple mais solide, et de personnages qui ne se contentent pas d'être de la chair à zombies. Vendu comme une comédie romantique avec des zombies, Shaun of the Dead se veut la fusion des genres pour un résultat qui se révèle d'une cohérence rare.

 

Photo Simon Pegg, Nick FrostSimon Pegg et Nick Frost

La première réussite de Shaun of the Dead est de reposer sur un scénario solide aux dialogues percutants, et sur une belle galerie de personnages, élément indispensable à la réussite d'une bonne comédie. Shaun (Simon Pegg) , parfaite incarnation du laisser-aller masculin, préfère aller au pub boire des bières avec les copains et jouer à la console plutôt que de construire son avenir. Passant tout son temps avec son meilleur pote et squatteur de service (Nick Frost), il délaisse Liz, sa compagne, et n'est finalement rien de plus qu'un mort-vivant parmi tant d'autres.

L'invasion de zombies sera le déclencheur du sursaut de Shaun. Confronté au danger, il devra prendre les bonnes décisions et tenter de regagner le coeur de sa chère et tendre. L'humour naît de ce décalage entre des personnages un peu déboussolés qui, attaqués par des morts-vivants, vont devoir se serrer les coudes malgré leur différends. Tous les passages obligés de la comédie romantique sont au rendez-vous (disputes, retrouvailles et rédemption), mais au service d'un film à l'humour bon enfant où les sentiments cohabitent harmonieusement avec les blagues les plus trash. Shaun est, comme nous, un grand enfant, et le film se veut le récit de son passage à l'âge adulte dans la grande tradition du genre.

 

PhotoLa fine équipe

 

SO ZOMBRITISH

La troupe d'acteurs réunis pour l'occasion est pour beaucoup dans la réussite du film. Simon Pegg se donne à fond, matraque du zombie et n'est jamais le dernier à en prendre plein la tête –dans le plus pur esprit hara-kiri. Mais ce sont les seconds rôles qui emportent la mise. L'interprétation de Nick Frost dans le rôle du coloc' débile de Shaun est parfaite. Grâce à sa prestation d'une drôlerie et d'un naturel désarmants, il fait de son personnage un cauchemar pour ses proches et un régal pour le spectateur. Quant à Kate Ashfield, dans le rôle ingrat de la copine moralisatrice, elle confirme, après The Last Minute et Late night shopping, qu'elle est de tous les bons coups du jeune cinéma anglais.

 

Photo

 

Et l'horreur dans tout ça ? Eh bien elle est là. Si le script offre de nombreuses similitudes avec les films de George A. Romero (les annonces à la télé, le siège final), la mise en scène de Edgar Wright se rapproche plus de John Carpenter période The Fog. À l'aide d'un scope savamment étudié (les entrées et sorties de champ sont capitales), et soutenu par une musique électronique dans l'esprit de "Big John", Shaun of the Dead introduit peu à peu le surnaturel dans le quotidien de Shaun et, au détour de quelques cadrages parvient à rend la menace crédible.

Le style d'Edgar Wright, à la fois horrifique et comique est d'une grande efficacité. Le moment où Shaun et Ed se mettent à chanter dans la rue avec un zombie qu'ils prennent pour un alcoolique est un régal de second degré. Edgar Wright et Simon Pegg connaissent leurs classiques et citent avec une régularité de métronome la plupart des zombies movies du début des années 80. Comme à la grande époque, les zombies se déplacent lentement, errent dans la rue comme au temps béni des Lucio Fulci, auxquels le film fait référence le temps d'un clin d'oeil. Le démembrement final en hommage au Jour des morts-vivants est un beau moment de gore à l'ancienne et d'une sauvagerie trop rare.

 

Affiche

Résumé

Excellente comédie et bon film d'horreur, ce film est un classique incontournable.

commentaires

Andarioch
26/07/2018 à 19:05

On se marre quand même beaucoup. C'est pourquoi (SPOILER) la mort du père est totalement déstabilisante. On passe en peu de temps de "je pouffe dans mon canapé" à "j'ai la lèvre qui tremble et un début de boule dans le ventre". C'est pervers cette façon de nous faire croire à une grosse déconne pour mieux nous tirer des larmes. Il m'a cueilli le Wright.
Salaud!

likyji
30/09/2017 à 11:47

sympa,les zombies sont monstrueux ,surtout la fois ou ils ont bouffé un cadavre!

Mempak4
06/08/2017 à 21:32

Désolé mais ce n'est pas un DTV, il est sorti dans les salles hexagonales le 27 juillet 2005! Mais oui, c'est un putain de bon film!

cooper
06/08/2017 à 20:39

pas vu depuis un bon moment ca tombe bien ce soir !

votre commentaire