Pieces of April : Critique

Stéphane Argentin | 20 avril 2005
Stéphane Argentin | 20 avril 2005

Sorti depuis deux ans déjà outre-atlantique, après une présentation au festival de Sundance en 2003, Pieces of April débarque enfin en France. À la vision du film, premier long-métrage du scénariste de Pour un garçon, Peter Hedges, on comprend mieux les difficultés pour le distribuer (et surtout le promouvoir) tant le sujet et son traitement sont non seulement délicats mais aussi et surtout pesants et bien peu appétissants en dépit d'un contenu en grande partie « gastronomique ».

Durant 80 minutes, Pieces of April va suivre deux récits parallèles. D'un côté, on assiste à la course contre la montre de April (Katie Holmes) qui, après avoir expédié son copain hors de la cuisine, va tenter de préparer dans les temps le repas de Thanksgiving pour toute sa famille, et notamment réussir à faire cuire une dinde presque plus grosse qu'elle alors que sa cuisinière vient de lui faire faux-bond. Elle va alors se lancer dans du porte-à-porte au sein de l'immeuble new-yorkais miteux qu'elle occupe afin de trouver une âme charitable qui veuille bien lui prêter secours (et avant tout un four en état de marche). Cette succession de rencontres, supposée représenter le melting pot américain, ira du blanc-bec qui lui vole sa pitance au couple afro-américain amateur de cuisine fine et fervent opposant aux boites de conserves en passant par les asiatiques et leurs secrets pour tout cuire en moins de 15 minutes. Pendant ce temps là, son boyfriend se met sur son 31 et se fait casser la gueule par l'ex d'April, vraiment très énervé de s'être fait piquer sa nana.

 

 

De l'autre, on assiste au road movie de la famille d'April pour se rendre à ce repas qui réunira tout ce petit monde pour la première fois depuis fort longtemps puisque la petite rebelle a claqué la porte du doux nid familial depuis des années (ou bien s'est faite mettre à la porte, on ne sait pas vraiment très bien). On y découvre donc la grand-mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, le frère photographe amateur (précision très importante dans le contexte du film), la sœur imbue d'elle-même, le père qui ne rêve que d'une seule chose, voir enfin toute sa famille réunie peut-être pour la dernière fois puisque la mère est en phase terminale d'une maladie incurable (laquelle, on l'ignore). À l'exception du père, tout ce petit monde ne veut plus entendre parler de la marginale de la famille et se rend à contrecœur à ce repas tout en ayant une seule idée en tête, manger en route de peur de ne pas trouver de repas suffisamment plantureux une fois arrivé à destination. Et pour cause, tout le monde considère April comme une ratée.

 

 

Pour connaître le fin mot de l'histoire et notamment savoir si le grand repas familial aura bien lieu ou non, il faudra auparavant supporter cette longue route tout en découvrant un par un les différents voisins de palier d'April. Si d'autres petits films indépendants du même genre, facilités par une logistique réduite et notamment le tournage en DV, ont déjà fait recette, celle de Pieces of April est loin de satisfaire nos appétits tant le traitement devient rapidement pesant et répétitif, n'apportant rien de plus à ce qui a déjà été fait et vu auparavant.

 

Résumé

 On aurait pourtant bien aimé que le portrait de cette famille éclatée qui tente de se recomposer et qui, au demeurant, sent bon le vrai et le vécu, nous émeuve davantage, et notamment comment une mère et sa fille peuvent en venir à perdre ainsi tout contact. On aurait vraiment bien aimé…

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