Critique : The Taste of tea

Johan Beyney | 6 avril 2005
Johan Beyney | 6 avril 2005

Faut-il être familier de la culture nipponne pour aller voir The taste of tea ? Manifestement, oui. Peut-on ne pas être sensible à ce déluge de symbolisme exotique ? Encore oui. Car le film de Katsuhito Ishii a largement de quoi décontenancer le spectateur peu averti.

On trouve de tout dans cette chronique familiale : une petite fille et son double géant, une histoire de revenant contrarié, un joueur de base-ball qui utilise des galets en guise de balle, un grand-père et son diapason, un danseur contemporain, un bastonnage en règle, un cerisier en fleurs, une femme de la jungle devenue comique, des cos-players, un hilarant clip-vidéo, un amour de jeunesse… On lorgne parfois du côté du cinéma traditionnel japonais, puis on pense à la poésie de Miyazaki (notamment avec ce double géant qui rappelle la mystérieuse présence de Mon voisin Totoro) avant de retrouver une ambiance plus manga (surtout avec le grand-père et sa coupe de cheveux très profilée). C'est assez sans doute pour donner une image assez représentative de ce qu'est le Japon d'aujourd'hui : un patchwork confus de traditionalisme et de modernité pure. Malheureusement, si l'on réagit face à nombre de saynètes très émouvantes ou furieusement drôles, le tout peine à constituer un film cohérent. Chaque membre de la famille Haruno est ici confronté à un problème éminemment personnel. Résultat : les interactions entre les personnages sont quasiment inexistantes, et l'on passe d'une histoire à l'autre entre deux scènes qui semblent n'avoir aucun rapport avec les intrigues principales (et l'on apprendra plus tard, qu'effectivement c'est le cas).

Si l'on s'amuse dans un premier temps de ce foisonnement d'idées au demeurant excellentes, on commence par s'en fatiguer assez rapidement (quand est-ce que ça démarre vraiment ?), puis on finit par sombrer dans la lassitude la plus totale (quand est-ce que ça finit maintenant ?). Car il faut une certaine endurance pour affronter ce rythme soutenu pendant les deux heures et vingt-trois minutes que compte le film (et le spectateur). C'est une chose d'avoir des idées, c'en est une autre de les organiser de manière un peu cohérente. C'est le personnage du grand-père qui finira par amener à cette petite famille cette unité qui leur a manqué depuis le début, mais franchement, après tout ce temps, il est déjà trop tard.
Et la saveur du thé dans tout ça ? La quoi ?

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