Critique : Pollux, le manège enchanté

Par Stéphane Argentin
1 février 2005
MAJ : 15 octobre 2018
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Pollux version 2005 est un manège sur lequel souhaiteront probablement monter les parents, désireux de renouer avec les personnages télévisés de leur jeunesse, autant que leurs enfants, ravis d’avoir leur ration de friandises animées. Malheureusement pour eux, l’enchantement s’est estompé, non pas avec l’âge mais avec le passage à la 3D et au grand écran.

Les deux idées de départ plaçaient pourtant cette adaptation sur des rails solides : d’une part la réactualisation en numérique des peluches des années soixante et d’autre part l’étirement du récit sur la durée d’un long-métrage (à la base les épisodes télévisés ne duraient que cinq minutes) avec l’apparition d’un méchant, Zabadie, le double maléfique de Zébulon. Avec ce ticket de départ en poche, le tour de manège va toutefois bien vite tourner court et se révéler assez peu palpitant. Faute de trouver un rythme soutenu, cette course contre la montre pour retrouver les trois diamants va se contenter d’alterner les moments de détente, où toute la savoureuse brochette de comédiens qui prêtent leur voix aux personnages se livrent à des plaisanteries à portée limitée (surtout pour les plus jeunes qui auront sans doute quelques difficultés à en saisir toutes les subtilités), avec des séquences plus mouvementées, où l’on a alors l’impression, selon les cas, d’être aux commandes d’un train fantôme ou bien d’un jeu vidéo, hélas sans en éprouver les sensations.

Sur le même principe, et sans toutefois se révéler d’un intérêt immense, le Spy Kids mission 3D de Robert Rodriguez était néanmoins plus palpitant, sans doute (en partie) grâce à l’emploi de la 3D. Et si, dans le cas de Pollux, la technique (numérique) ne fait pas défaut (même si l’on préférera les films Pixar, à la logistique certes plus lourde mais au résultat plus pointu), le tour de manège se résume assez vite à une descente infernale en train (déjà vu en mieux dans Indiana Jones et le temple maudit), un affrontement contre une armée de squelettes (Ray Harryhausen n’est pas loin, ni même les Dodos karateka de L’âge de glace) ou encore une dernière petite balle au chasseur, le tout sans véritable relief. Un comble pour de la 3D !


Quarante ans plus tard, l’enchantement du manège n’a donc plus vraiment lieu, même si l’on a toujours envie d’appeler Zébulon à l’aide, mais plus pour les mêmes raisons.

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