Critique : Les Dalton

Vincent Julé | 7 décembre 2004
Vincent Julé | 7 décembre 2004

Les deux adaptations d'Astérix peuvent servir de modèles. Sans le film raté de Claude Zidi, la suite d'Alain Chabat n'aurait pas été aussi réussie. Illustration sans saveur de la bande dessinée d'Uderzo et de Goscinny, le premier posait toute de même les bases cinématographiques d'un univers, dont Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre a su tirer profit jusqu'à s'en démarquer. S'il est moins insipide que le Astérix et Obélix de 1998, Les Dalton souffre du même mal. Il est en effet moins question d'adapter le Lucky Luke de Morris que de le retranscrire sur la toile, en langage cinématographique et selon les standards actuels.

Ainsi, si les décors et les costumes font illusion, le traitement des personnages et de l'histoire renvoie-t-il au ton et au rythme formatés de la comédie d'action. Un terme, un peu moche, pour définir l'avalanche des (grosses) productions françaises calibrées et prévisibles – et dont Double zéro est l'antéchrist absolu. Mais la présence d'Éric et Ramzy à l'affiche des deux films n'est pas synonyme du même carnage. Bien au contraire. Cachés derrière les explosions et les filles à poil de Double zéro, ils retrouvent ici le devant de la scène. Le duo réussit alors, à de rares reprises malheureusement, à s'émanciper d'un cahier des charges trop pesant et d'un héritage logiquement effrayant.

Symbolique, la scène de la frontière mexicaine donne un aperçu de ce qu'aurait pu être Les Dalton passé à la moulinette Éric et Ramzy. Dans une discussion surréaliste avec le douanier, interprété par Élie Seimoun, Éric nous refait, avec toujours autant de succès, le coup de l'accent chinois. La blague semble consommée, lorsque Ramzy enchaîne avec un accent antillais sorti de nulle part (Averell croit imiter un Chinois !!!) mais en tout point irrésistible. Moment d'apesanteur, d'improvisation aussi, qui tranche avec le sentiment général de précipitation du film. La plupart des guest stars (Kad, Michel Muller, Jean Dujardin) et leur potentiel comique sont ainsi expédiés en deux plans, trois mouvements.
Les fans du couple et de leurs amis repasseront, tandis que les inconditionnels de la bande dessinée chercheront les références, soit inutilement appuyées, soit noyées dans le bordel ambiant. Heureusement, notre Rantanplan préféré est là, fidèle au poste. Plus même que Lucky Luke, à qui Til Schweiger prête son visage figé le temps de deux scènes. Mais, dans un dernier sursaut, le générique de fin, composé de dessins issus de la BD, vient nous titiller et la question se pose : « Nous venons de voir Les Dalton, c'est bien ça ? »

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