Critique : Un Noël de folie !

Laurent Pécha | 3 décembre 2004
Laurent Pécha | 3 décembre 2004

À peine sorti aux USA où il cartonne (21,5 millions de dollars le premier week-end et une troisième place au box-office), Un noël de folie débarque en France. Logique, puisque le film spécule, comme son nom l'indique, sur les fêtes de fin d'année et la magie incomparable de Noël. Ce qui l'est moins, en revanche, c'est le nom de l'auteur du roman dont est adapté le scénario du film : John Grisham. Oui, le même John Grisham qui s'est fait une spécialité des romans à la sauce « thriller juridique » quasi systématiquement adaptés au cinéma (La Firme, L'Affaire pélican, ou encore plus récemment Le Maître du jeu). L'écrivain délaisse donc ses habituelles intrigues haletantes pour s'intéresser à l'esprit si particulier qui entoure la célébration de Noël aux États-Unis, et offre un matériau teinté d'une sympathique dérision (du moins dans la première partie du récit) envers toutes ses festivités auxquelles tentent coûte que coûte d'échapper les époux Kranks.

Si Grisham n'est pas un habitué de ce genre de production, le scénariste qui adapte ici pour l'occasion son roman l'est nettement plus, puisqu'il s'agit de Chris Columbus (de Gremlins à Harry Potter en passant par Maman j'ai raté l'avion, il a été impliqué dans des productions familiales qui ont marqué – marquent – leur époque). Associé à la réalisation à Joe Roth, Columbus tente de donner à Un Noël de folie des allures de comédie familiale rythmée au ton impertinent. Seulement voilà, le réalisateur de Couple de stars n'est pas du tout l'homme de la situation, et ce qui de toute évidence était drôle sur le papier l'est nettement moins à l'écran. Alors qu'on s'attend à ce que l'affrontement entre les Kranks et leurs voisins mécontents de leur décision de zapper Noël provoque une véritable escalade dans l'humour désopilant, le film reste constamment trop sage. À l'image du personnage totalement sous-exploité du chef des voisins, représentant absolu de l'esprit de Noël, campé par un Dan Aykroyd qu'on sent pourtant disposé à faire un grand numéro.

Constamment bloqué à l'allumage, Un Noël de folie enchaîne donc les situations humoristiques de manière sporadique et s'en remet finalement surtout à son couple vedette, Tim Allen et Jamie Lee Curtis, pour faire naître les (rares) éclats de rire (sourires). Si le premier est un habitué du genre et fait un numéro des plus classiques, la fille de Janet Leigh surprend une nouvelle fois après sa désopilante prestation dans Freaky friday (Dans la peau de ma mère), confirmant s'il en est besoin qu'elle est finalement aussi à l'aise dans la comédie (remember Un poisson nommé Wanda) que dans le fantastique, genre où avec Halloween elle a gagné ses lettres de noblesse pour l'éternité.

Résumé

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