Critique : Girl next door

Vincent Julé | 3 décembre 2004
Vincent Julé | 3 décembre 2004

Ne nous voilons pas la face : la seule et unique raison d'aller voir en salle Girl next door se résume à un nom : Elisha Cuthbert. Non pas sa vie, son œuvre, mais plutôt son visage de femme-enfant et ses mensurations parfaites. La fille tête à claques de Jack Bauer dans la série télé 24 décroche ici son premier grand rôle au cinéma, après une courte mais réjouissante apparition dans Old school – en sous-vêtements, donc. Les producteurs n'ont d'ailleurs pas fait les choses à moitié. Elle squatte l'affiche presque tout entière et dévoile ses formes à chaque seconde de la article-details_c-trailers. Il ne fait donc aucun doute qu'en plus d'être l'attraction du film, elle est sa raison d'exister. Sauf que son temps à l'écran se compte en minutes, et sur les doigts d'une… des deux mains, pour trois lignes de dialogue grand maximum.
Publicité mensongère ? Tromperie sur la marchandise ? Oui et non. Elisha Cuthbert campe – et cambre – à merveille son rôle de potiche, ou, pour être plus juste, d'incarnation du fantasme masculin. Sa scène d'effeuillage à la fenêtre est un vrai beau moment de sensualité… malheureusement déjà présent en totalité dans la article-details_c-trailers. Quant au concept, a priori plein de promesses, de la voisine qui se révèle être une actrice porno, il est réduit à son strict minimum. Pas d'ambiguïté ni de réflexion, le tout est traité avec une légèreté déconcertante, proche de l'inconscience. L'univers du porno ressemble à Disneyland, avec ses gentilles actrices et ses méchants producteurs. Il ne faut en effet pas oublier que nous sommes sur le terrain conquis du teen movie, où tous les espoirs ne sont pas permis.

Pourtant, à la différence de la série American pie, le film réussit, mine de rien, à nous amener de la simple comédie à la jolie chronique adolescente, nous rappelant au bon souvenir de Risky business (les points communs entre les deux films sont évidents et revendiqués par le réalisateur). À force de parler sous toutes les coutures d'Elisha Cuthbert, on en oublierait presque que le personnage principal est un garçon, interprété par le jeune Emile Hirsch. Sa simplicité, sa modestie rendent crédibles chacun des actes de son parcours initiatique, même face au charismatique Timothy Olyphant (Scream 2, Go), parfait en producteur ambigu. Accolez-lui deux potes obsédés au grand cœur et une bande originale pop-rock de premier choix, et le film devient une comédie sentimentale, bien sûr frustrante, mais aussi assez réjouissante.

Résumé

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