Critique : N’oublie jamais

Par Stéphane Argentin
6 septembre 2004
MAJ : 27 décembre 2023
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C’est bien connu, l’amour est plus fort que tout. Plus fort que les barrières sociales, le temps, la maladie… Après John Q, drame médical pas vraiment finaud dont il semble visiblement avoir tiré quelques enseignements, Nick Cassavetes nous revient avec N’oublie jamais, love story 100 % académique mais ô combien réussie.

L’histoire est des plus simples : ils ne sont pas du même milieu (lui, simple ouvrier, elle, fille de bonne famille) mais ils vont pourtant vivre, le temps d’un été, une passion qui les unira à tout jamais. Cette romance, située dans les années quarante, période déchirée et pourtant charnière, synonyme d’espoir et de changements, bénéficie en premier lieu d’un traitement photographique tout simplement somptueux qui rappellera les plus beaux paysages sudistes vus au cinéma, conférant au film des petits relents d’Autant en emporte le vent.

Mais là où N’oublie jamais rafle définitivement la mise, c’est dans la formidable alchimie qui se dégage du couple Ryan Gosling–Rachel McAdams, lui-même relayé à merveille plusieurs décennies plus tard par le couple contemporain James Gardner–Gena Rowlands. On savait Nick Cassavetes digne héritier de la direction d’acteurs de son père, l’illustre John Cassavetes, mais de là à nous soutirer des larmes… Le film a d’ailleurs séduit plus d’un spectateur aux États-Unis où, créant une véritable surprise, il rapporta quelques 80 millions de dollars au cours de l’été grâce à un très joli bouche-à-oreille.

C’est donc bien grâce à cette passion enflammée, qui transparaît dans chacune des scènes pour mieux transporter le spectateur, que N’oublie jamais parvient à surmonter l’académisme de son histoire, et à nous rappeler à quel point l’amour peut être beau au cinéma lorsqu’il est filmé et interprété de la sorte.

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Flo

Nick Cassavetes, cinéaste sans genre ou style particuliers, ni même avec une vision personnelle, adapte un de ces romans traditionalistes et conservateurs de Nicholas Sparks…
Le résultat est un mélo déjà anachronique en 2004 (il n’ose pas beaucoup de choses) et improbable sur plein de points (la ressemblance entre les acteurs jeunes et vieux, le manque de cohérence du personnage de Joan Allen).
Très charcuté par des censeurs, atténuant une bonne partie de ce qui pouvait y avoir de plus chaud et sensuel… ce qui en reste est encore appréciable, mais plutôt naïf.
Il y surtout trop d’occasion manquées pour ce qui est de traiter de la naissance d’un amour pur, de la lutte des classes, des traumatismes de guerre, de la prise d’indépendance des femmes, du rejet de la jalousie, et surtout de la difficile gestion de la mémoire via la narration – on dirait que les personnages dont on raconte l’histoire ne sont que fiction idéalisée (d’où l’absence de ressemblance), et à d’autres moments le doute est permis quant à l’identité de celui qui raconte.
Et finalement, il ne fait rien de toutes ces idées prometteuses. Il y a juste la reconstitution appliquée, et le plaisir de diriger ces acteurs, qui en ont pourtant plus que ça sous la pédale (l’énergie de Rachel McAdams notamment).
Ainsi qu’une intéressante sensibilité féminine, traitant (pour le coup) du consentement, et de la liberté de se faire mutuellement du bien. C’est distillé ça et là, mais c’est très pertinent.