Critique : Mensonges et trahisons et plus si affinité…

Par Didier Verdurand
7 septembre 2004
MAJ : 19 octobre 2018
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À part le bémol du titre des plus incongrus, il n’y a pas de fausses notes dans ce premier film signé Laurent Tirard. Dès le générique, le ton est donné. Le film que nous allons voir sera léger ou ne sera pas, avec une réelle volonté de plaire sans pour autant tomber dans la putasserie. Une noble motivation qui ne fera que se confirmer grâce surtout à la prestance d’un Edouard Baer interprétant avec justesse Raphaël, un personnage caractérisé par ses incessantes mésaventures sentimales, qui nous offre un aperçu de son talent et une palette d’émotions à laquelle il ne nous avait guère habitué sur grand écran .

Alternant des rôles plus ou moins importants dans des films parfois réussis (Rien sur Robert, Betty Fisher et autres histoires pour le meilleur, Cravate Club, et Double zéro pour le pire), il réussit ici la performance de nous faire oublier son personnage de radio-télé à la fois décalé et délicieusement agaçant qui lui colle pourtant à la peau. Pour l’accompagner, de nombreux personnages secondaires tirent leur épingle du jeu, à commencer par un Clovis Cornillac qui s’adjuge le rôle le plus drôle de sa carrière (vingt ans déjà). On retrouve aussi avec plaisir Marie-Josée Croze, qui nous rappelle à bon escient que son prix d’Interprétation obtenu au Festival de Cannes 2003 pour Les Invasions barbares n’est vraiment pas volé, sans oublier, au passage, la révélation Alice Taglioni, vue auparavant dans le tristement comique Brocéliande. Leur force à tous et à toutes est de ne jamais tomber dans la caricature, qui n’aurait eu pour résultat que de dénaturer une réelle profondeur psychologique de leur personnage.

Ce brillant casting exploite totalement son potentiel grâce à son chef d’orchestre, Laurent Tirard, réalisateur et scénariste, qui entre de plein pied dans la cour des grands. Son habileté à passer du burlesque au comique fin, sans oublier d’être émouvant, fait vraiment plaisir à voir. Jamais stupides, les situations, tantôt fantaisistes, tantôt douces-amères s’enchaînent en un rythme effréné, parfaitement calibrées pour une durée d’1h30, parfaitement rôdées pour que jamais l’ennui ne pointe son nez. Une petite leçon de cinéma dont de nombreux réalisateurs et producteurs français à l’ego surdimensionné devrait prendre la peine de s’inspirer.

Au final il ne s’agit ni plus ni moins que de la petite surprise de la rentrée à voir absolument, ne serait-ce que pour se rappeler comment c’est fait une brillante comédie sans prétentions aucune.

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