Arthur, Malédiction : critique minimorte de Luc Besson

Simon Riaux | 4 juillet 2022 - MAJ : 04/07/2022 10:48
Simon Riaux | 4 juillet 2022 - MAJ : 04/07/2022 10:48

Dernier soubresaut en date d'Europacorp (alias le Luc Besson Navet Univers), Arthur, Malédiction signe le renoncement de Luc Besson, qui piétine ici les ruines de son empire. Projet absurde, aux motivations difficilement compréhensibles, le métrage réalisé par Barthélémy Grossmann est, depuis le dévoilement de sa bande-annonce, l'objet d'une incompréhension radicale du public. Ce dernier a-t-il vu venir l'arnaque de loin ?

AU HASARD, MALTAZARD 

Plus d’une fois, les exégètes de Luc Besson ont vu dans ses réalisations et productions la griffe d’un auteur, dont l’existence marquerait d’une empreinte singulière les créations. Le Grand Bleu serait dès lors la quête d’un homme à part vers le dépassement, Léon serait l’écho pas si lointain de sa relation avec la future réalisatrice Maïwenn, et les figures féminines fétichisées qui peuplent ses œuvres autant de témoignages d’un rapport bien particulier au féminin.

Partir de ce principe pour appréhender Arthur, Malédiction présente un intérêt certain : donner un semblant de sens au bubon glaireux qui se déploie le mercredi 29 juin 2022 dans les salles obscures. 

 

 

Dans ce film, une bande d’adolescents issus d’une réalité parallèle (dans laquelle Arthur et les Minimoys constitue un bon souvenir pour toute une génération) embarquent l’un d’entre eux pour un week-end surprise sur le décor abandonné du film. Malheureusement, le lieu est tombé aux mains de mystérieuses créatures, plus portées sur le meurtre rituel que la décoration d’intérieur. Soit une relecture expéditive et assassine d’une des plus grosses productions d’Europacorp, fer de lance de l’armada Besson. 

Peu importe finalement qu’Arthur, malédiction s’impose comme un des métrages les plus abscons, laids, vulgaires, méprisants et méprisables découverts sur un écran de longue date. Le résultat ne mérite pas l'acharnement de quiconque, tant il s'avère dans tous les domaines et aspects du cinéma un renoncement indiscutable. Il constitue, sinon une source de curiosité, à tout le moins un évènement remarquable par sa dimension sacrificielle et kamikaze. Tout, tout, tout est fini entre nous, susurre ainsi le producteur. 

 

Arthur : Malédiction : photo, Vadim AgidC'est pas passé loin du téton

 

GRADUR ET LES MINIMERDES 

Crevons l’abcès. Si le film est officiellement mis en scène par Barthélémy Grossman, le chaos absolu qui préside tant à son écriture qu’à son découpage rend peu crédible la version selon laquelle le technicien aurait eu la main sur l’entreprise. Qu’il ait été envoyé sur le projet en qualité de bourreau ou que Luc Besson en personne ait décidé de brûler ses vaisseaux dans un suicide artistique, le résultat est le même. Comme pour mieux nous signifier qu’il en a fini avec le semblant d’exigence qui fut jadis le sien, le nabab d’hier détricote chacune de ses marques de fabrique. 

Réalisateur épris de technique, capable d’innover et de tenir la dragée haute au cinéma américain ? Voici un salmigondis de plans moyens, dopés aux faux-raccords, éclairés en dépit du bon sens, où la caméra comme le montage trahissent en permanence une improvisation pyromane. Auteur soucieux du grand public, au contact d'une jeunesse en mal de créations divertissantes et s’adressant directement à elle ? Rarement on aura vu semblable alignement de clichés crapoteux, du noir incapable de s’exprimer en français, au “geek” monomaniaque et puant, en passant par le puceau candide, promis à féconder la péripate-princesse, concept Bessonnien en diable, ici incarné par la fille du producteur. 

 

Arthur : Malédiction : photoAu secours...

 

Tout, jusque dans les qualités de producteur de Besson, un temps défricheur de génie, voire distributeur inspiré, est ici voué au bûcher. Enfin, Arthur, Malédiction porte la détestation de son héritage dans son titre, qui a soudain l'air d'une confession, pour mieux le jeter au spectateur à la faveur d’une séquence finale dont l’indigence pourrait faire date.

On y apprendra l’origine des petits rots de violence émaillant le récit, dévoilée par un gendarme luttant courageusement avec un AVC. “Un film, ça peut faire des dégâts”, glisse-t-il sentencieusement. Comme si l’ex-pape du cinéma hexagonal, après plusieurs décennies de règne, régurgitait avec dédain les dernières miettes d’un empire balayé par les bides et les scandales.

Arthur, malédiction est sorti au cinéma le 29 juin 2022. 

 

Arthur, malédiction : Affiche française

Résumé

Avec ce renoncement absolu à tout ce qui fonda son cinéma, Luc Besson mange ses minimorts.

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commentaires
Juicy ben
19/07/2022 à 17:45

@ la rédaction
Maintenant une critique de fond avec plein de gros spoils qui tâchent vu que je ne compte pas voir ce film avant une diffusion gratos (ou payée c'est selon)?

Luc Boisson
15/07/2022 à 22:06

Un film à petit budget mais plutôt frais et surprenant. J'ai passé un moment agréable à le regarder n'ayant pas eu connaissance de l'histoire avant le visionnage. Un film pour teenagers à la sauce américaine, loin du dessin animé. Le réalisateur a fait clairement un cadeau idéal à sa fille sortie du confinement. Le réalisateur a mis en scène de jeunes novices, qui ont pris plaisir à tourner et pour qui cette expérience sera inoubliable. J"aurais aimé être là, bien loin de l'hypocrisie médiatique. Luc Besson a réalisé de très bons films, si ce n'est pas le meilleur, on peut le placer au dessus de la majorité des productions françaises essentiellement constituée de comédies bas de gammes et leurs célébrités de la même gamme.

Arthur sans la malédiction
11/07/2022 à 14:33

Ce film est un pure chef-d'œuvre, les personnages sont d'une logique incroyable.
Des actions inattendues, un film qui marquera absolument pas les esprits.

Quandle dingle ????
05/07/2022 à 19:31

Cette merde est vraiment à être critiquer j'aurais du donner l'argent à un sdf au lieu de claquer ma tune dans cette gargantuesque dobe

Vectir
05/07/2022 à 17:35

C'est bizzare mais c'est l'une des rares critiques de votre site qui m'a donnée envie d'aller voir le film : un suicide social d'un réalisateur en une heure, ça me donne envie d'aller voir.

Maverick
04/07/2022 à 15:58

Comment dire ,ne soyons pas surpris que les gents désertes les salles de cinéma, quand ont voit le degré de nullité de cette infâme bouse.comment besson à pu produire ce vomi.remet toi en question Luc.

Trashyboy2
04/07/2022 à 11:29

@Simon Riaux: oui oui j'ai bien vu que vous le précisiez dans la critique, mon commentaire n'était pas pour pointer un quelconque manquement.
Simplement j'ai eu le sentiment que la confusion était bien présente pour certains. Et oui en effet, j'oubliais le statut de producteur, qui l'enfonce encore un peu plus.

Pour ma part il y a bien longtemps que je n'adhère plus à son cinéma, que ce soit en tant que producteur ou réalisateur.
Je resterais attaché à Léon, qui a le mérite d'avoir révélé Nathalie Portman, ou encore le 5ème élément. Je ne citerais pas Nikita, que j'avais pourtant adoré, mais qui a plutôt mal vieilli (tout en restant un incontournable, si on resitue dans le contexte de l'époque).

Ecolo Trash
04/07/2022 à 11:26

Besson fait dans le Green Cinema: il recycle!
c'est dans les vieux pots qu'on fait normalement les vraies bonnes confitures
Non Mais, mdr, il ya des gens qui vont voir les Venom, çà cartonne trop ces daubes puis çà pietine une Bessonerie Zaideuse

The insider38
03/07/2022 à 11:20

@clhoe ; désolé, mais Besson est 100 % responsable de cette merde .
Il a écrit , produit, il a un contrôle total sur le Final Cut , et a tourné 80 du film en fait .
Le réal est un prêté nom

Alexi
03/07/2022 à 10:09

Énorme bouse, jamais vu un film aussi nul.

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