Buzz l'éclair : critique qui se crashe chez Pixar

Déborah Lechner | 21 juin 2022 - MAJ : 22/06/2022 16:56
Déborah Lechner | 21 juin 2022 - MAJ : 22/06/2022 16:56

Dans Toy Story 2, le public apprenait que le shérif Woody était en réalité le produit dérivé d'une vieille série télé des années 50. Pixar a donc suivi la même logique pour son ranger de l'espace avec Buzz l'éclair. Ce nouveau film réalisé par Angus MacLane est présenté comme celui qu'Andy a vu en 1995 et dont son jouet est issu. Avec le risque d'étouffer le concept et la licence, ce 26e long-métrage du studio à la lampe tenait plus de la fausse bonne idée, mais s'il compte effectivement quelques lacunes, cet énième spin-off est plus intéressant qu'a priori. Attention : légers spoilers !

RETCON 

Après avoir renié l'existence de la série Les Aventures de Buzz l'Éclair diffusée en 2000, Disney et Pixar se sont donné plus de moyens pour présenter au public le véritable ranger de l'espace que Buzz croyait être au début du premier Toy Story. Le film est donc un nouveau produit dérivé Toy Story qui justifie son existence par le fait de vouloir justifier celle de Buzz en tant que produit dérivé. Cette mise en abime nécessitait cependant de trahir la saga cinématographique, à commencer par son agent de Star Command beaucoup plus terre-à-terre.

 

Buzz l'éclair : photoQuel curieux personnage vraiment déprimant
 

Ce qui caractérisait en partie Buzz dans le premier Toy Story était le fait qu'il se prenne pour un vrai ranger de l'espace en mission pour Star Command, sans avoir conscience d'être un simple morceau de plastique articulé. C'est ce décalage entre son excès de zèle et sa simple condition de jouet qui était humoristique et le rendait immédiatement attachant et sympathique. Dans Buzz l'éclair, le ranger est toujours aussi opiniâtre, prétentieux et protocolaire, mais sa personnalité délirante a été lissée pour qu'il incarne un héros crédible de blockbuster grand public. Mais il souffre forcément de la comparaison avec son homologue à piles : il se bat peu, il est moins drôle, moins dynamique et ne fait pas de cascades abracadabrantesques. 

Cela fait du nouveau Buzz un personnage principal déroutant, assez peu aimable avec son ego démesuré et sa rigidité, au point où on l'imagine mal déclencher l'hystérie des enfants 8-10 ans comme cela a pourtant été le cas avec Andy et de nombreux enfants (rupture de stock du jouet en 1995 comme Barbie le précise dans Toy Story 2).

 

Buzz l'éclair : photo"Je n’appelle pas ça se crasher, j’appelle ça tomber avec panache"

 

Le film devait aussi repenser le personnage de Zurg, ce dernier ne pouvant pas être le père de Buzz au-delà de la parodie de L'Empire contre-attaque dans Toy Story 2. Il devait cette fois trouver une vraie place d'antagoniste dans le récit, représenter une réelle menace aux yeux du public et être tout simplement moins anecdotique que dans le second volet de la franchise.

S'il n'a pas l'aura d'un Dark Vador, la nouvelle version de Zurg - et notamment son identité cachée - permet cependant d'affilier les deux personnages et de faire de cet ennemi juré l'incarnation de la solitude, de la culpabilité et du comportement obsessionnel qui font obstacle à Buzz. Cette revisite du personnage a donc un intérêt particulier, à défaut de faire sens avec le reste de la franchise ou d'être impressionnant en tant que grand méchant. 

  

Buzz l'éclair : photoBuzz l'Éclair à la rescousse

 

Dans une galaxie lointaine

Après des démonstrations de science-fiction ponctuelles - Le mésestimé La Planète au trésor,  l'adorable Lilo & Stitch ou le dystopique Wall-E -, Disney et Pixar tiennent leur premier vrai grand spectacle de science-fiction. Comme l'univers fictif de Buzz dans Toy Story qui empruntait énormément à Star Wars, le film pioche allègrement dans l'imagerie et les concepts de classiques de la SF, de Star Wars à Star Trek en passant par Interstallar ou Alien : les insectes géants, les plantes rampantes, les dérivés de sabres laser et blasters, l'hypervitesse ou encore la dilatation temporelle qui sert aussi de métaphore sur le fait que Buzz fasse la rencontre d'une nouvelle génération de fans. 

Le film étant censé être sorti en 1995, il reprend une esthétique rétrofuturiste populaire comme l'immense vaisseau spatial sphérique, les plateaux-repas en kit, l'équipement informatique désuet, des droïdes intelligents ou toutes sortes de gadgets comme le pilote automatique qui ressemble à une cartouche de Super Nitendo.

 

Buzz l'éclair : photoHyperespace Hypervitesse 

 

Mais Buzz l'éclair s'applique tellement à pasticher ses références qu'il en oublie de développer sa propre imagerie et un univers plus singulier. Le film ne propose rien d'original et ne se risque pas à trouver sa spécificité, pas même dans sa bande-originale composée par Michael Giacchino, qui a expliqué en interview que ses partitions sont "un mélange de tous les space operas et séries avec lesquels [il a] grandi. C'est Star Trek, c'est Star Wars, c'est Aliens, c'est tout ça mélangé [..]". 

Ce premier volet, qui appelle sans surprise une suite, est également une anti-épopée. L'histoire se déroule sur une seule et même planète et comporte peu de sorties dans l'espace, gardant plus souvent les pieds au sol que la tête dans les étoiles - de sorte que le spectateur peut partager la frustration de Buzz et les fantasmes d’Izzy sur le voyage intergalactique.

Le film a donc du mal à se suffire, les contours de l'univers étant encore très flous faute de contexte sur la mission de Buzz, son identité, ses faits d'armes (autre qu'une mention rapide à une opération) ou encore les fameux rangers de l'espace dont le rôle n'est jamais clairement défini. Même l'entité Star Command est assez cryptique, mentionnée à plusieurs reprises, mais dont le spectre reste pour l'instant insaisissable. 

 

Buzz l'éclair : photoAprès Woody sans son chapeau, Buzz sans sa combinaison
 

Pixar n'a, a priori, présenté que les prémisses de son univers, avec l'intention de combler les lacunes scénaristiques plus tard. Cette suite, si elle voit effectivement le jour, pourrait ainsi rectifier les incohérences - notamment le fait que le Buzz d'Andy soit équipé d'ailes et d'un bouclier laser. Zurg quant à lui n'est apparemment pas encore connu comme "l'infâme Empereur Zurg". Son sacre pourrait ainsi être au coeur de la suite ou servir de point de départ pour faire de lui une grande menace intergalactique. 

En espérant simplement que le film ne renforcera pas davantage ses similitudes avec Star Wars (ce qui serait particulièrement ennuyeux et inintéressant) et trouvera sa propre voie, vers l'infini et au-delà, si ce n'est pas trop demandé. 

 

Buzz l'éclair : photoOn dit que Yoda traîne dans le coin

 

PANNE DE MOTEUR

Pour son retour en salles, Pixar a voulu en mettre plein les yeux avec une animation et une direction artistique presque irréprochables. Mais si le film est une fois de plus un bijou visuel, il n'a finalement pas grand-chose d'excitant à offrir à part du fan service intelligent qui reprend certaines répliques, notamment l'introduction qui rejoue l'arrivée de Buzz dans le premier Toy Story et met au coeur du scénario des éléments mentionnés par le jouet comme le crash du vaisseau sur une planète hostile, la crisfofusion ou l'hypersomnolence. 

Le film présente d'ailleurs les rangers dans leur capsule de sommeil, ce qui n'est pas sans rappeler la scène de Toy Story 2 où Buzz découvre tous ses confrères endormis dans leur boîte et rangés dans le grand rayon d'Al la ferme aux jouets. Enfin, le scénario transforme aussi la réplique « vers l’infini et au-delà » en une sorte de mantra collectif avec une signification plus dramatique. Plus généralement, Buzz l'éclair se veut plus mélodramatique que la série animée puisqu’il est pensé comme un blockbuster grand public et pas un simple cartoon du samedi matin.

 

Buzz l'éclair : photoLes nouveaux Mira, XR et Booster

 

Le film s'avère aussi plus mécanique et moins inventif que les productions plus conceptuelles de Pixar comme Vice-Versa, Soul ou même Toy Story, mais également moins sensible et émotif que les récents Luca et Alerte rouge qui suivent pourtant des intrigues tout aussi balisées. On peut retenir la séquence émotion qui retrace la vie d'un des personnages, et notamment sa vie de famille, avec un rythme et un montage proche de la séquence de Là-Haut, mais un impact émotionnel plus faible.

Après la moitié du long-métrage, le scénario devient plus générique et prévisible avec son héros en quête de rédemption et sa bande de bras cassés qui veut faire ses preuves et a du mal à exister indépendamment de Buzz. Le film est donc un objet plus difficile à appréhender qu'a priori étant donné que c'est un des Pixar qui ressemblent le moins à un Pixar (aux côtés de Rebelle ou du Voyage d'Arlo). Pour autant, il parvient à susciter de l'intérêt, ou à minima de la curiosité, pour cet univers qui ne demande qu'à être étendu et personnalisé.

 

Buzz l'éclair : Affiche française

Résumé

S'il en met plein les yeux et joue habilement sur le fan service, Buzz l'éclair n'a pas l'âme chaleureuse et l'inventivité qu'on attend habituellement d'une production Pixar. Ce "nouvel" univers de science-fiction, aussi référencé soit-il, est encore trop étriqué et impersonnel, mais son potentiel est évident. Reste à voir si Disney et Pixar sauront en faire quelque chose d'inattendu.

Autre avis Antoine Desrues
Par son seul carton d'introduction, Buzz l'éclair détourne avec malice sa dimension ouvertement mercantile pour parler d'autre chose : de l'impact de tout un pan de cinéma sur notre imaginaire. Pixar vire à la réflexivité touchante, pour un pur space opera inspiré et dépaysant.
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Lecteurs

(2.4)

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commentaires
elbignol
28/06/2022 à 10:09

La première partie est vraiment excellente. après c'est un peu plus simple mais non moins efficace. Ca doit être top de découvrir ce film sur grand écran quand on est gosse (et qd on est nostalgique des premiers Toy Story), j'espère que les quelques peine à jouir ne décourageront pas le grand public.

Morcar
25/06/2022 à 01:25

J'ai été le voir ce soir avec mes enfants, et je ne comprends pas trop le titre de votre critique, car c'est loin d'être un crash à mes yeux. Certes, ce n'est sans doute pas le meilleur Pixar, mais c'est tout de même un très bon film d'animation SF familial. La mise en scène est vraiment sublime (il faut vraiment aller le voir sur grand écran !!), le scénario qui peut sembler assez basique est plutôt intelligent finalement (la trouvaille concernant Zorg est juste géniale !!), les références au cinéma de SF sont discrètes mais malines, et l'humour bien dosé fera rire petits et grands.
Personnellement, je ne regrette absolument d'avoir profité de ce nouveau Pixar en salles.

Nabetse45
23/06/2022 à 19:24

Pour ma part j'ai passé un très bon moment. Je l'ai prit comme un film qui n'a aucun rapport avec toy story et se fût fort divertissant.

Flo
23/06/2022 à 13:29

Pixar, l'éclaircie...
Avec Buzz l'Éclair... si ?

Pari compliqué pour ce film, c'est à dire être un Pixar "ancestral", ayant aussi plus d'action rocambolesque pour mieux justifier une sortie en salles... Là où les derniers films, assez expérimentaux, avaient un peu moins de ses qualités là (surtout "Alerte Rouge" en fait)
Le handicap principal étant le manque de cohérence de cette idée "d'un film à l'origine du jouet Buzz l'Éclair". Eh oui, s'il s'agit d'un film vu par le jeune Andy dans les années 80/90, il devrait en avoir alors le look, le ton, même avec le peu d'exemples de grande SF au cinéma ces années là.
Et force est de voir que ce n'est ici absolument pas le cas. Bien au contraire le résultat est complètement dans son époque (moderne), montrant des choses qui n'existaient pas du tout à l'écran jadis. Notamment ce fonctionnement scénaristique des années 2010/20, reposant principalement sur la reprise de scènes cultes existantes.
Ce qui pose comme problème, c'est alors le sempiternel manque de personnalité qui en résulte. Notamment une fois évacuée la folie un peu mytho et totalement jouissive de Buzz, pour un traitement semi réaliste moins rigolo (et plus chevelu).

Bien sûr, il y a l'identité habituelle de Pixar, c'est à dire qu'on a un titre simple et résumant ("Année Lumière"), du Buddy Movie, une longue course-poursuite pour rentrer au Bercail, ainsi que la représentation du Deuil et du Lâcher-prise.
Tout est là mais de manière bien automatique, étalé devant nous sans surprise... Et sans douceur ou poésie, comme avec les Pixar les plus "américains" dans leurs histoires ("Cars", "Monstres Academy", que des films moins appréciés).
Rien à voir non plus avec les aventures spatiales de "WALL-E", mais comment en serait-il quand le film s'inspire d'œuvres un peu plus premier degré, tout en étant plein de burlesque enfantin ?

Par exemple on y a une équipe de soldats, reposant sur des codes ciné connus, tels l'innocent, le lâche, l'escroc grande gueule (qui vont forcément évoluer en "mieux")... Mais chez Pixar, les équipées sont traditionnellement constituées de doux-dingues plus ou moins compétents. Donc ici, ça ne peut pas marcher à l'identique, et c'est ainsi bien souvent énervant de ridicule.
Évidemment les films de Toy Story y sont cités, sachant qu'à l'époque ceux-ci y faisaient déjà des références aux Classiques du cinéma d'aventures SF (dans les scènes avec Buzz). Le film ayant d'ailleurs une structure narrative proche du premier "Toy Story" (tenter de finir une mission impossible, et se résigner à accepter de s'installer dans un nouveau foyer), il aurait été artistiquement intérressant d'en faire un vrai remake, se passant dans l'esprit fantasmé de Buzz. Quelque chose proche de "La Grande Aventure Lego", mais sans la critique commercial et avec l'accent mis encore plus sur le pouvoir de l'imagination. Ça aurait été totalement dans le ton de la ligne artistique du patron Pete Doctor, et c'est incompréhensible qu'il ait raté cette occasion, ni poussé le réalisateur Angus MacLane plus loin que son rapport de fan avec Buzz l'Éclair.

Mais les références cinématographique multiples ici finissent par alourdir la narration, chacune d'entre elles étant donc des bornes reconnaissables pour le spectateur, dans un scénario peu complexe...
Et qui sont des scènes ne réinventant rien du tout, elles sont toutes très usités et pas du tout transcendées, pas plus que la thématique du Temps relatif ou bien de la possibilité de devenir son propre ennemi (plaisant à voir tout de même).
De "Star Wars" et "Galactica" à "Gravity" et "Interstellar" en passant par les mechas japonais, tout y passe, tous les types de blockbusters, même les films de super-héros... Mais pas du tout dans une ambiance "Pulp", avec ce charme énergique et à peine désuet qui sied bien à l'histoire d'un Ranger de l'espace.

Et à propos des super-héros, ce qui peut être bizarrement le plus intéressant dans ce film, c'est que... C'est un film de Chris Evans !?
À peine quelques temps après un "Top Gun : Maverick", qui malaxait lui aussi Copier-coller nostalgique, personnalité professionnelle et jusqu'au-boutiste (de Tom Cruise), pilotes de l'extrême, et (fausses) promesses de Lâcher-prise...
Voilà qu'on a là la même chose pour un acteur n'ayant qu'une vingtaine d'années de carrière, surtout Fun, dont énormément de films "BD" - puisque les blockbusters d'aujourd'hui sont eux-mêmes très BD.
Menant généreusement le film, aussi bien que sa promo, on ne peut s'empêcher de reconnaître dans sa version de Buzz, ça et là, des bouts des héros courageux, marrants et souvent las que Evans a interprété par le passé (proche). Et surtout beaucoup de son Steve Rogers, de "First Avenger" à "Endgame". C'est si évident qu'on jurerait qu'il a écrit le scénario lui-même.
Donc l'acteur Evans continuerait à raconter l'histoire d'un type bien (lui ?), hors du temps, enfermé dans son héroïsme... Et dans ce type de rôle ? Au moins il garde toujours son capital sympathie.

- À noter que, en VF, François Civil, bon gars lui aussi, prend bien le relais avec une tonalité viril du même niveau qu'un Adrien Antoine (qui a failli le faire), ou de Richard Darbois (qui ne pouvait plus le faire sans second degré au risque de trahir son âge), avec l'avantage de ne pas beaucoup trop se confondre avec un Steve Rogers, précisément. Ce qui apporte assez de renouvellement dans le paysage des doublages français -

Bref ce film reste plaisant et fonctionnel, les personnages sont finalement assez attachants et surtout le chat "couteau suisse" Sox, c'est fait pour les enfants...
Mais même en le liant plus ou moins à Toy Story, c'est un retour sur grand écran qui n'est pas complétement à la hauteur des immensités du Temps et de l'Espace... et de Pixar - au logo final supplanté par une classique scène post-générique, pour une fois.
Moyen de subsistance franchisé du studio, en parallèle de leurs œuvres plus personnelles et profondes..?
Ou motif d'inquiétude quant à leurs standards habituels..?
L'Avenir le dira, et Au Delà.

Gintonik
23/06/2022 à 10:35

Vous aimez rien c'est un truc de malade

Sautenvick
23/06/2022 à 09:54

J'irai le voir parce que fan de Pixar et de Toy Story, mais j'espère que ça va pas devenir la franchise "brainless" de Pixar, grand spectacle, irréprochable techniquement, mais sans intérêt scénaristique.

Miami81
23/06/2022 à 09:30

J'avoue que depuis que Pixar a été racheté par Disney, j'ai un peu lâché l'affaire. Je n'ai rien contre Disney, juste que Pixar semble avoir depuis perdu son originalité et se fond maintenant dans la masse des autres productions sans vraiment sortir du lot. Alors que Pixar était jusqu alors un gage de grande qualité scenaristique.

Deny
22/06/2022 à 13:48

Dégouté! Mon cinéma CGR le passe que le dimache à 13h40! Par contre du Jurassik world beurk pleins de séance!

Hasgarn
22/06/2022 à 11:58

@ Turpin :
va pas sur Gamekult, c'est des génies du titre / intertitre et ça va te faire saigner des yeux.

@ La Rédac' : continuer à faire des jeux de mots laids ou géniaux, j'adore !

M
22/06/2022 à 10:04

@Turpin

Oula mon gars, tout va bien à la maison ? C'est juste des sous-titres, relax.
T'as l'air frustré.

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