Monster Hunter : Legends of the Guild - critique Monstres et Cie sur Netflix

JL Techer | 12 août 2021
JL Techer | 12 août 2021

Avant de se jeter dans la fosse aux lions de l'industrie du jeu vidéo, Netflix semble faire ses armes en adaptant à la chaîne les licences de coeur des gamers. DOTA : Dragon's BloodResident Evil et Dragon's Dogma ont eu droit à la moulinette Netflix, avec plus ou moins (plutôt moins) de succès. Et puisque le géant du streaming et ses copains de Capcom ont l'air de s'entendre comme larrons en foire, ils continuent sur leur lancée en jetant en pâture aux fans Monster Hunter : Legends of the Guild. Réussira-t-elle à éclipser le médiocre, mais fun Monster Hunter de Paul W.S. Anderson ?

Qui va à la chasse

La licence Monster Hunter est une véritable poule aux oeufs d'or pour Capcom. Avec 17 millions d'exemplaires vendus pour Monster Hunter World, et près de 5 millions pour le dernier épisode en date sur Switch Monster Hunter Rise, la franchise atteint des sommets. La série qui était considérée comme le fétiche d'une bande de nerds sans vie sociale à ses débuts est devenue l'une des licences les plus fructueuses de l'industrie. Loin du marché oblige, la voir adaptée sur grands et petits écrans n'était donc qu'une question de temps. 

Et ce ne sont donc pas moins de deux adaptations en moins de cinq mois qu'on a vu débarquer. Après une Milla Jovovich gesticulant avec des machettes en résines, dans un film auquel nous avons déjà déclaré tout notre amour (ou pas), le mariage Capcom-Netflix (Cap-Flix ?) fait le choix de proposer un métrage tout en images de synthèse. Un choix qui renvoie plus au pire qu'au meilleur.

 

photoRobin des Pouah

 

L'histoire suit Aiden, un personnage bien connu des joueurs de la licence M.H. puisqu'il s'agit de l'Ace Cadet (ou cadet d'élite en VF) de Monster Hunter 4 et de l'Excitable A-Lister (le Camarade de Classe A) de M.H.World. Il est même présent dans le film live action d'Anderson, quand bien même celui-ci n'a pas grand-chose à voir avec le lore du jeu. Dans un scénario déjà vu et revu mille fois, le jeune garçon qui passe son temps à pêcher et à chasser doit faire face à une terrible menace qui pèse sur son village : une Lunastra, un terrible dragon ancien. 

Pour parvenir à protéger ceux qu'il aime, il s'alliera à Julius, un chasseur émérite (qui fera immanquablement penser au Ramirez de Highlander), qui passait par là comme par hasard, pour lui sauver la mise alors qu'il allait se faire dévorer par un Vélociprey (le vélociraptor couleur locale). Au fil de sa courte aventure, Aiden rencontrera un Melynx (un chat parlant comic relief) nommé Nox, et une galerie de personnages tous plus clichés les uns que les autres (Mae et Ravi sont insupportables). Ceux-ci s'uniront bien entendu dans le but de sauver le village d'Aiden. 

 

photoJuan Sánchez-Villalobos Ramírez est de retour

 

Aussi simple soit-elle, l'histoire a le mérite de ne pas s'éterniser sur des détails inutiles, et va droit au but. En résulte l'impression d'être devant un film qui fonce en ligne droite pendant 58 minutes (pour vivre), afin de boucler l'intrigue le plus rapidement possible. Malheureusement, les quelques arcs narratifs parallèles à l'intrigue principale sont expédiés aussi vite qu'un colis chez Fed Ex, et certains revirements de situation en deviennent ridicules. 

Mention spéciale à la relation entre Julius et Aiden qui passe du statut mentor-élève (avec l'obligatoire séance d'entrainement avec musique épique) à celui de "ce jeune freluquet est un casse-cou irresponsable, je le hais", puis à "nous sauverons tout ton village, je me reconnais en toi" en moins de cinq minutes montre en main. Autant le dire sans prendre de gant : du côté de la narration, il n'y a pas grand-chose à sauver dans ce Monster Hunter : Legends of the Guild

 

photoHeureusement, il y a un chat

 

Jurassic pork

Si niveau narration, Legends of the Guild est à la traîne, c'est aussi le cas au niveau graphique. Comme le laissaient présager les bandes-annonces du film, celui-ci a une bonne dizaine d'années de retard au visuellement. Un comble puisqu'il a été réalisé par Steve Yamamoto, directeur des effets spéciaux pour quatre films TransformersLes animations des personnages sont d'une rigidité ridicule, les protagonistes se déplacent comme des pantins mal articulés, et la synchronisation labiale est tout bonnement inexistante. Dès les premières secondes dans le bateau, l'impression d'être devant un film mal fini ou bouclé à la va-vite est omniprésente. 

Le design des personnages n'arrange rien puisque, mis à part Aiden (aussi laid que dans les jeux ceci dit), tous les protagonistes semblent tout droit sortis de l'option de génération aléatoire de héros d'un RPG lambda. Entre leurs expressions faciales qui sont plus des grimaces qu'autre chose, et leurs coupes de cheveux improbables qui semblent fixées à la super glu, difficile d'éprouver la moindre empathie pour eux. 

 

photoRandom perso n°22

 

Fort heureusement, les monstres, eux, ont bénéficié d'un réel soin. On retrouve et reconnait très facilement les créatures des jeux, et quelques instants de fan-service bienvenus (le combat entre le Congolala et le Deviljho) rappellent que l'on se trouve bien en présence d'un film Monster Hunter. Les bestioles sont très crédibles, avec une mention spéciale à la Lunastra, très impressionnante lors du combat final et aussi coriace et redoutable que dans la saga de jeux vidéo.

Ajoutons à cela que les quelques clins d'oeil amusants à la saga Jurassic Park parviendront toutefois à vous soutirer des sourires, en particulier la cavalcade des monstres lors d'un feu de camp, moment assez réjouissant. Par instant, le film évoque également Dragons, sans jamais en atteindre ne serait-ce que le dixième de sa qualité. Il est toutefois regrettable que ce soit dans les moments où il rend hommage à d'autres licences que le film arrive à se trouver une identité.

photoAllumeeeeeeer le feuuuuu

 

Une nouvelle quête est disponible

Tout n'est cependant pas noir au tableau. Monster Hunter : Legends of the Guild est étonnamment cohérent dans sa façon d'exposer les tenants et aboutissants du monde de M.H.. Le film d'animation peut être considéré comme une vulgarisation plutôt honnête du lore de Monster HunterLe personnage de Julius, dans son rôle de mentor, a pour rôle d'expliquer la raison d'être de la Guilde des chasseurs et son fonctionnement, et le fait de façon assez convaincante pour être soulignée.

Pendant ce temps, la candeur du personnage d'Aiden permet d'apporter de la nuance au propos, en montrant que la toute-puissante Guilde des chasseurs ne protège pas tous les habitants du pays, et que les petits villages sont bien souvent négligés par celle-ci. Cependant, point de considération morale quelconque ici, il s'agit d'un divertissement tout public, et Cap-Flix ne voudrait pas traumatiser ces chères têtes blondes avec des idées politiques...

 

photoPas moins crédibles que Milla, Tony et Ron

 

Quoi qu'il en soit, le plus grand point noir de Monster Hunter : Legends of the Guild reste son format. Face à une durée de moins d'une heure, on ne peut s'empêcher de penser que le matériau de base aurait mérité une série, et qu'il a été réduit au statut de film pour gagner du temps. Une impression de gâchis émane de ce film d'animation, qui aurait bien plus eu sa place comme DVD bonus dans la boite d'un jeu Monster Hunter que sur une plateforme de streaming.

Monster Hunter : Legends of the Guild est disponible sur Netflix depuis le 12 août en France

 

photo

Résumé

Une fois encore Capcom et Netflix marchent main dans la main pour offrir un film assez médiocre. Il fera au mieux sourire les fans, restera hermétique aux non-joueurs et ne plaira qu'à un jeune public. 

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commentaires
Zergoels
05/10/2021 à 13:23

Une vaste plaisanterie qui passe du stade du personnage qui passe par une chasse d'un drôme ( velociprey ), à un DRAGON ANCIEN (la Lunastra) en moins d'1h10 montre en main , avec juste comme simple objectif à la con de "sauver le monde" avec une put** d'armure de chasseur lambda, juste NON, c'est pas possible de nous faire cela Netflix, honte à toi!!!

Lit_cône
14/08/2021 à 02:16

Hors mis les monstres qui sont agréable à regarder et qui ont des paternes fidèle à celle des opus, rien de bien dans cette adaptation de notre licence fétiche.
Il faut avoir une certaine connaissance du lore pour comprendre les pseudo jeu de mot et autres nom de créature mis en avant.
Énormément dessus par les combats qui sont expéditif, rigide et incohérent.. L'impression que les protagoniste agitent leurs bras dans tout les sens pour se battre. Le genre d'adaptation qui va rebuter d'eventuel nouveau chasseur. Triste quand on connaît le potentiel de cette série de jeu Capcom.

Loha
13/08/2021 à 18:12

J’ai bien aimé les clins d’œil au lore mais franchement, c’est du travail bâclé. L’idée était bonne et aurait pu finir en série pour un rendu plus… acceptable dirons-nous. Là, les revirements de situations sont parfaitement incohérents, les nouveaux protagonistes tombent comme des mouches en moins de 10mins lors du combat final et même ce dernier me donnait l’impression d’être face à une vaste plaisanterie. Pour terminer, je dirais que si on ne s’y connaît pas un minimum, il est parfaitement impossible de comprendre la moindre conversation des protagonistes a l’égard des monstres.

Deus
13/08/2021 à 02:45

Gros pgm sur monster hunter, j'ai apprécié la cohérence du lore et les combats des monstres, mais c'est loin d'être un chef d'oeuvre, j'ai l'impression que le filp a été crop à balle histoire d'en faire un film et hop bouffe ton fan-service et salut

Jasper
13/08/2021 à 01:08

Ni fait ni à faire comme trop souvent avec l'animation chez Netflix...

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