After : Chapitre 2 - critique qui se touche

Simon Riaux | 22 décembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 22 décembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Éloigné des salles par la crise sanitaire internationale, After : Chapitre 2 est une des dernières prises d’Amazon Prime Video, qu’il nous tardait de déshabiller. Beaux comme les pages cartonnées de gamètes d’un catalogue de prêt-à-porter des années 90, mû par des hormones qui transformeraient un rhinocéros en cassolette, Tessa et Hardin sont de retour, et comptent bien faire la bête à deux dos, pour le malheur de tous les spectateurs dotés d’une paire d’yeux. 

 

LOVE ME DUMBER 

Le mommy porn a cela de fascinant qu’en seulement une poignée de productions, il a accumulé une quantité de tropismes et d’automatismes qui ne font que décupler son innocuité et sa bêtise. Dérivatif du young adult, un autre sous-genre essoré en quelques années (du moins dans son mode de fabrication hollywoodienne), la tendance initiée par 50 Nuances de Grey a muté pour copuler sauvagement avec les acquis de Twilight. Avec une absence d’inspiration telle qu’on en viendrait presque à regretter les baisers mollassons d’Edward et Bella. 

Comme il est de coutume, la romancière Anna Todd s’invite ici comme co-scénariste. Particulièrement agacée par le classement PG-13 du précédent opus, l’autrice se serait donc battue pour que ce nouveau chapitre obtienne un classement R. Malheureusement, son approche du sexe en demeure toujours aussi timide et pudibonde et pour l’essentiel, on se contentera donc de quelques “fuck” et “dick prononcés à coups de trémolos humides, par des mannequins savonnés, entre deux saillies indignes d’un épisode de Noël d’Hélène et les Garçons. 

 

photo, Josephine Langford, Hero Fiennes-Tiffin"J'ai pété"

 

LOVE IN THE LIDL 

Mais le plus fascinant, et finalement le plus drôle, dans cet objet qui se rêve passion torride, c’est son horreur absolue de tout véritable érotisme, à la faveur d’un conformisme consumériste aussi ridicule que sinistre. Comme les aventures d’Anastasia et Christian, comme 365 DNI, l’unique obsession des personnages et l’enjeu singulier du récit sont l’aboutissement d’une relation orthodoxe et bien disciplinée. Les soubresauts et écueils dressés par le scénario seront presque toujours instantanément désamorcés par celui-ci, comme pour rassurer un public trop fragile pour encaisser un récit digne de ce nom.

Un horizon d’une pauvreté en contradiction totale avec la promesse d’un récit un peu risqué, un peu stimulant, qui amènerait ses protagonistes à explorer leurs désirs et leurs limites. Mais comment pourrait-il en être autrement quand le fond du fantasme est toujours si pauvrement matériel. Le concurrent amoureux est présenté comme un jouet de luxe et un bon parti plutôt qu’un être de chair et de sang, aucun rebondissement digne de ce nom n’est envisageable sans un accident de bagnole, et la promesse d’accomplissement demeure invariablement celle d’un couple-unité de production. Aussi excitant qu’un rentrage de poil à l’arrière d’une Clio un soir de novembre. 

After : Chapitre 2 est disponible sur Amazon Prime Video en France depuis le 22 décembre

 

affiche Amazon

Résumé

Romance de supermarché sans saveur, After : chapitre 2 déroule son récit famélique avec l'érotisme d'un lamantin sous prozac.

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Lecteurs

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commentaires
Audrey
23/12/2020 à 21:46

Bin moi j'ai beaucoup aimé, le 1er était trop soft celui ci ce rapproche du livre.

Alice
23/12/2020 à 07:38

Merci pour cette critique????
On en parle de la fin qui m’a quand fait rire aux éclats ??
Un film à ne pas voir!!!

dahomey
22/12/2020 à 11:17

+1 pour l'écriture de la critique surement plus riche que le film déjà ! j'ai bien rigolé merci !

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