Balle perdue : critique faste et furieuse

Simon Riaux | 19 juin 2020
Simon Riaux | 19 juin 2020

Le bruit courait depuis quelques mois, et la première bande-annonce lâchée par Netflix lui avait donné un bel écho. Avec Balle perdue, on se prenait à espérer que le cinéma français nous délivre un bel uppercut. Guillaume Pierret y est-il parvenu ? 

FRENCH BOUM-BOUM 

Depuis les efforts d’Eric Valette, la trilogie musclée de Fred Cavayé (Pour elleÀ bout portant et Mea culpa) ou l’énervé Nuit blanchele cinéma français avait laissé orphelin les amateurs d’action, poussant même plusieurs de ses ambassadeurs à se tourner vers la comédie pour continuer à tourner. C’est dire comme le plaisir est grand de retrouver une production du genre, aussi maîtrisée et affûtée techniquement. Car ce qui frappe dans Balle Perdue, sitôt que le film laisse libre cours à l’énergie qui l’habite, c’est bien son sens du spectacle. 

Pensé non pas pour concurrencer les cadors du cinéma américain (n’espérez pas retrouvez l’art de la virevolte chorégraphiée made in John Wick), le métrage opte pour une conception à la fois modeste et organique de l’action, à l’impact souvent ravageur. Plutôt que d’orchestrer de gigantesques fusillades, ou des poursuites permettant de renouveler le parc automobile hexagonal, Guillaume Pierret veille à concevoir des séquences autour d’une poignée d’éléments clefs (un décor, un accessoire, un principe, un mouvement), qu’il utilise selon une dynamique extrêmement ludique. 

 

photoUn film qui a le feu sacré

 

Que ses personnages se collent une peignée homérique dans un commissariat, ou démantibulent littéralement des voitures lancées à pleine vitesse, la précision de ces scènes, l’engagement de la caméra au cœur de l’action et la vitalité du montage assurent systématiquement un rendu ébouriffant. Toujours consciente de l’effet recherché, la caméra ne se dérobe jamais, offre systématiquement un angle idéal, transformant chaque montée d’adrénaline en petit festin de bourrinerie. 

 

Photo Alban LenoirUn Alban Lenoir qui déploie son gros moteur

 

LES BOURRINS DE LA GALAXIE 

Si Balle perdue s’avère aussi attachant, c’est également grâce à son casting. Alban Lenoir en tête, définitivement à son aise hors de la comédie, dont l’implication physique est impressionnante. Comme si son jeu se musclait au même rythme que ses deltoïdes, il retrouve ici la fureur cool qui l’habitait dans Antigang, et s’impose une nouvelle fois comme un des comédiens les plus polyvalents du cinéma français. Une surface de transfert qui offre instantanément au spectateur une électricité jubilatoire qu’on croyait disparue de nos écrans. 

Mais il n’est pas seul, et à ses côtés Stéfi Celma fait des étincelles à en calciner une forêt de séquoias. Invraisemblablement charismatique, elle impulse une nervosité remarquable, qui trouve un contrepoint idéal avec la dynamique plus floue de Duvauchelle. Entre épate trouble et prédation affirmée, il offre aux scènes de baston quelques goûteuses tatanes. Si bien que quand se termine le film, on se languit déjà de retrouver ces comédiens à l’affiche de productions aussi intenses et ambitieuses, capable de leur fournir une partition aussi puissamment populaire et divertissante. 

 

Photo Stéfi CelmaStéfi Celma n'est pas du tout là pour plaisanter

 

On regrettera toutefois que malgré son tempo soutenu et sa durée ramassée (une petite heure et demie), Balle Perdue ait un peu de mal à l’allumage. C’est dans son premier tiers, le plus bavard et mécanique que le métrage trahit quelques faiblesses, hélas centrées sur le personnage de Ramzy Bedia. Le choisir dans le rôle d’un flic entre sarcasme et bravade menaçante était pourtant une excellente idée, mais son personnage et le premier acte souffrent de rouages trop épais pour convaincre.

On espère donc que Guillaume Pierret bénéficiera dès son second long-métrage d’un script un peu plus affiné, qui lui permettra de nous pulvériser tout à fait les rétines. 

Balle perdue est disponible sur Netflix depuis le 19 juin 2020

 

Affiche

Résumé

Balle perdue est un délicieux coup de boule, qui vient secouer la dentition d'un cinéma français en mal d'action spectaculaire et de divertissement populaire ambitieux.

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Lecteurs

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commentaires

Kyle Reese
18/08/2020 à 00:13

Je viens après la bataille.
Très bonne surprise pour un film de genre français qui n’a pas peur de bourriner et qui le fait très bien. C sec, plus que carré. Lenoir est hyper crédible. Les cascades topissimes pour une petite production et surtout un premier film. Le format d1h33 parfait pour l’histoire assez simple et ramassé. Ça va à fond. Mention spéciale pour la grosse baston au commissariat.
Et encore une fois les rageux de sortie, blasés qui ne savent pas profiter d’un film de genre action fait avec une vrai sincérité et savoir faire. Un film.comme ça vaut mieux qu’un Fast 14 ou un Taxi 12. J’espère entendre parler du réal très vite.

Dorian Gray
17/07/2020 à 14:08

Excellente surprise pour un film français. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un film d'action aussi nerveux, sobre et brutal : ça suinte de partout, et les corps se retrouvent aussi abîmés que les bagnoles. Il met à l'amende toutes les productions d'Europacorp dont les scènes sont pour beaucoup illisibles (ex : "Taken 3", "Le Transporteur : L'Héritage"). Agréable également de constater que les personnages ne sont pas définis par leur couleur (ce qui est rare dans les productions Netflix assez stéréotypées). L'ambiance du Sud et les routes bitumées sous le cagnard rajoutent du charme à cette très bonne série B burnée, mais jamais bourrine.

Cyrille
09/07/2020 à 01:01

Sympa de bonnes cascades des moments palpitants bon divertissement

Ryval49
01/07/2020 à 14:27

Bien réalisé, bien monté, bien interprété, je n'ai pas vu le temps passer !

ElDanish
29/06/2020 à 18:39

Bon, 4/5 c’est extrêmement généreux...
Vu ce midi, le seul qui sort du lot c’est Duvauchelle, les autres acteurs, Lenoir en tête, sont parfaitement remplaçable. Les scènes d’actions sont par moment inventive en effet mais gâché par une réalisation certes lisibles mais assez fades (les zooms/dézooms incessant). La seule qui sort du lot car assez bourru est la scène de bastion dans le commissariat...ce qui est dommage pour un film de bagnole.
C’est pas mauvais, loin de là, c’est juste oubliable.

mdr
28/06/2020 à 21:43

même la r 21 avait honte de jouer dans ce film ????????????

mdr
28/06/2020 à 21:37

même la r 21 avait honte de jouer dans ce film ????????????

Mdr
28/06/2020 à 21:35

j'étais derrière ma télé j'avais honte jme suis caché derrière mon canapé tellement les acteur sont mauvais

mdr
28/06/2020 à 21:31

que de voiture du bon coin dans la section donne véhicule

mdr
28/06/2020 à 21:30

Un film a 2352€ mdr moche a dire degeulase le film je l'aurais appelé fast and coup de cale

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