Aladdin : critique qui exauce les vœux si tu la frottes

Simon Riaux | 21 mai 2019
Simon Riaux | 21 mai 2019

Classique instantané du catalogue Disney, Aladdin, contrairement à la majorité des récents remake live du studio, n'a pas été précédé d'une vague d'amour inconditionnelle. Son metteur en scène Guy Ritchie a-t-il renouvelé et secoué l'oeuvre originale avec la même réussite que lorsqu'il s'attaqua à Sherlock Holmes ?

CE RÊVE BLEU...

À bien y regarder, cet Aladdin était une occasion en or pour Disney : œuvre adorée par toute une génération, forte en délires de génie, riche d’une partition renversante, dont le thème autorise toutes les outrances visuelles, et dont l’écriture originale, encore tenue par les canons classiques de Disney, pouvait se prêter à un dépoussiérage.

Malheureusement, entre mollesse, demi-choix jamais assumé et renoncements, cet énième remake est bien loin d’étreindre toutes les possibilités qui s’offraient à lui.

 

photo, Mena Massoud Mena Massoud, au centre

 

Premier constat agaçant : on a grand mal à croire que Guy Ritchie a dirigé cette nouvelle version. On peut rejeter en bloc le style du metteur en scène (et l’auteur de ces lignes est bien loin de lui être acquis) mais lui confier les clefs de la ville d’Agrabah semblait au minimum synonyme d’une relecture un peu secouée et désireuse de stimuler le spectateur.

Pour comprendre pourquoi jamais la mise en scène de Ritchie ne prend son envol, il suffit peut-être de jeter un œil à son agenda, constater que l’intéressé a eu le temps de produire, tourner et monter un autre projet (The Gentlemen) depuis la fin du tournage pour imaginer que son investissement n’a peut-être pas été aussi déterminant que sur certains autres de ses projets.

 

photo, Marwan KenzariUn Jafar dans la nuit...

 

JE N'Y CROIS PAS...

Pourtant, on sent bien, ici et là, dans la volonté d’hybrider le récit de Disney avec des références Bollywoodiennes, le goût du mélange de Ritchie. Reste que tout cela s’avère souvent mécanique, visuellement inabouti (que de couleurs fades, d’étalonnage baveux et incrustations de tapis… pas franchement planantes) et handicapé par une écriture qui ne prend jamais en compte l’ADN du projet.

Car Aladdin est un film live, dont les gags, sorties de route et tentatives de folies sont le plus souvent directement reprises du dessin animé, mais qui ne parvient jamais à en repenser le tempo comique. Aperçu dans la bande-annonce, la transformation du génie en momie au détour d’une réplique en est emblématique : semblable à la lettre de l’œuvre originale, mais dénuée de son esprit.

 

photo, Will Smith Will Smith

 

Enfin, une partie du casting provoque un profond embarras, tant ce petit monde semble perdu, pour ne pas dire anesthésié au milieu de ce barnum de costumes et de fonds verts. Cette paralysie est éminemment choquante dans les cas de Marwan Kenzari (il ne reste plus rien de Jafar) mais également de Mena Massoud (Aladdin). Ce dernier va jusqu’à se faire voler la vedette le temps d’un plan par le Prince Anders de Billy Magnussen (pourtant pas une leçon de subtilité).

 

... C'EST MERVEILLEUX

Tout n’est pourtant pas à jeter, et le compositeur Alan Menken – déjà derrière la partition du dessin animé – fait régulièrement des miracles, comme le prouve l'alliance de son toujours excellent Je suis ton ami avec l'imagerie multicolore d'ILM. Qu’il redynamise ses classiques, les adapte intelligemment à cette nouvelle proposition ou présente des morceaux inédits, il parvient presque toujours à injecter vie et entrain dans ce grand corps à la dérive, à tel point qu’il fait régulièrement oublier les limites d’une mise en scène tristement programmatique et illustrative.

 

photo, Naomi ScottUne Jasmine qui ne s'en laisse pas compter

 

Deux comédiens usent de ses compositions avec réussite et s’en servent idéalement pour doper leur jeu. Naomi Scott s’impose clairement comme la révolution du film, attirant à elle la lumière dès qu’elle apparaît à l’image. Sa Jasmine a de petits airs d’Elsa (La Reine des neiges) bienvenus et c’est sans doute elle qui confère au film le plus de chair et de nervosité, tant et si bien qu’on rêverait de la voir jeter Aladdin en pâture à son immonde tigre numérique et se lancer dans une grosse battle de lyp sinc avec Will Smith.

Il est d’ailleurs l’autre réussite inattendue du blockbuster. Malgré des approximations visuelles et numériques parfois franchement gênantes, le cool et la suavité dont il inonde le personnage constituent une bonne alternative à la roublardise de Robin Williams, et entraîne par instant cet Aladdin sur un terrain qui fleure bon le groove. Pas suffisant pour faire de cette version 2019 une réussite, mais assez plaisant pour lui éviter de virer à la catastrophe.

 

Affiche française

 

Résumé

Guy Ritchie semble aux abonnés absents et son énergie manque cruellement à ce récit pâlot et programmatique, sauvé lorsque le compositeur Alan Menken, Will Smith et l'excellente Naomi Scott prennent les choses en main.

commentaires

M1pats
10/08/2019 à 03:57

Maintenant que j ai vu le film je dois dire que votre critique est a coté de la plaque comme d'habitude avec vous, on dirait que vous jugez les films sans même les regarder ou que vous avez une idée arrêtée sur certains films que peut importe leur qualité vous allez toujours chercher que les mauvais côtés et les mettre en avant

J etais pas très enthousiaste avant de le voir mais c est une énorme surprise, will smith est ultra crédible et les acteurs font le job ( sauf Jafar peut etre ), bref après un tour sur le net et les critiques j ai vu des avis qui vont dans mon sens en grande majorité et le succès est mérité

yui
15/07/2019 à 13:37

"et de critiques haineux qui ont rarement été derriere ni devant une camera mais qui sont grassement payé pour cracher leurs venin...on se demande qui fait le sale boulot..."

hum très bonne définition de ecranlarge.com

Andarioch
01/07/2019 à 09:35

@Piwi
Salut
Qu'on aime ou pas King Arthur, il faut reconnaître que a patte de Ritchie y est parfaitement identifiable. C'est peut être nul (avis que je ne partage pas, même si c'est pas terrible), sans doute décevant (on est plus sur du snatch médiéval fantastique qui ne respecte pas la légende que sur un vrai film excalibur) mais l'empreinte Ritchie est bien là, le style est parfaitement reconnaissable.

EGGNulk
25/06/2019 à 23:20

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HarryCover
13/06/2019 à 01:01

N’arrive pas à la cheville du dessin animé de 92 même en version VHS

Anabou
05/06/2019 à 22:36

Bon film, les deux heures passent facilement en compagnie d'enfants, moi qui ne supporte pas les comedies musicales je n ai pas été epuisee une seconde. Contrairement à ce que l on peut lire dans certaines critiques, le rythme est bien present sinon on s endormirait et les enfants ne tiendrait pas sur leurs sieges. Quand à Guy Ritchie je trouve qu il a fait le boulot, n oublions pas qu il a commence sa carriere en realisant des videos clips donc pour ce qui a été demander ca tient largement la route. Je l ai vu à Barcelone on a tous applaudit à la fin....je pense que comme le sous-entend le film ou les dessins animes de Disney il est bon d'avoir du coeur et de savoir apprecier les jolies choses, ce film drole et coloré nous a permit de passer un bon moment et de sourire ce qui est difficile dans un quotidien remplie de gens aigris...et de critiques haineux qui ont rarement été derriere ni devant une camera mais qui sont grassement payé pour cracher leurs venin...on se demande qui fait le sale boulot...

anton
28/05/2019 à 22:54

vu aujourd'hui en famille excellent moment très joli visuel bon rythme ma fille de sept ans à gobé pendant plus de 2 heures avec un grand sourire ça suffit à mon bonheur merci Disney

Pozzikib
27/05/2019 à 21:13

An example of referred pain is a pinched nerve in the neck causing a headache behind the eye. There is nothing wrong with the structures behind the eye in such a case; the origin of the pain is the compressed nerve in the neck. So in carpal tunnel syndrom
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26/05/2019 à 17:17

Haha quel visionnaire ce Rorov94 !

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