Shazam! : critique qui t'enfulte

Simon Riaux | 31 janvier 2019 - MAJ : 06/02/2020 14:43
Simon Riaux | 31 janvier 2019 - MAJ : 06/02/2020 14:43

Définitivement converti aux sirènes du fun et de la légèreté, Warner revient avec Shazam de David F. Sandberg, super-héros à l'ancienne passé à la moulinette LOL. Le personnage incarné par Zachary Levi peut-il provoquer le même raz-de marée d'enthousiasme que l'humide Aquaman ?

LA CRÉATION DU PÂLE

Repéré grâce au succès massif de son court-métrage Lights OutDavid F. Sandberg s’est vu confier son adaptation en long-métrage, Dans le noir, puis le sauvetage d’Annabelle 2. Deux longs-métrages dont il ne put sauver les scénarios, mais où il fit preuve d’une indéniable maîtrise de l’espace, voire d’une grande efficacité en matière de tempo.

En témoigne le climax d’Annabelle : La Création du Mal, train fantôme extrêmement intense et divertissant. On pouvait donc espérer que David F. Sandberg soit en mesure de dynamiser Shazam et de lui conférer une certaine énergie.

 

photo, Zachary Levi, Jack Dylan GrazerStupéfiant et baroque décor d'entrepôt, aux proportions vertigineuses

 

Malheureusement, le cinéaste semble avoir totalement disparu, écrasé par la machinerie du DCEU. Son travail n’est visible nulle part. Les jeux de lumière de Dans le noir sont totalement absents, Shazam préférant opter pour une esthétique incroyablement cheap, à base de décors grisâtres et de bastons de supermarché (décor d’’une des rares castagnes du film).

Perdue dans la banlieue générique de Philadelphie, décontenancée par l’imagerie de Noël envahissante et intimidée par le kitsch de la mythologie du personnage, jamais la caméra ne parvient à appréhender son sujet.

Quant au sens du rythme de David F. Sandberg, il est lui aussi en déroute, tant les innombrables gags tombent à plat. Après 2h12 de métrage, on ne sauvera guère qu’une saynète d’évasion scolaire, une découverte pare-balle (partiellement dévoilée par les bandes-annonces) et l’énorme doigt d’honneur adressé aux fans inquiets du DCEU, qui auront droit en guise de scène finale à un gros troll des familles franchement culotté (et donc sympathique). Soit une quarantaine de secondes au total. C’est peu.

 

photo, Zachary Levi, Jack Dylan GrazerUn héros familial

 

SHANAZE

Mais blâmer David F. Sandberg pour le néant qui tient place ici de divertissement n’aurait pas beaucoup de sens, tant Shazam paraît ne pas savoir sur quel pied danser en termes d’écriture. Le film hésite perpétuellement entre récit super-héroïque classique, gentil blagounette méta, et comédie pour les tous petits.

Trois régimes de narration qui s’entrechoquent et se contredisent en permanence, le récit étant à des lieues de la tenue ou de la rigueur d’un Pixar, maître incontesté des mélanges de niveau de lecture.

 

photo, Zachary Levi, Jack Dylan GrazerIl boit des sodas, c'est vraiment très drôle

 

Par conséquent, et c’est peut-être le plus rageant, le film passe son temps à piétiner ses rares bonnes idées. Le méchant se paie un trauma fondateur super-noir et violent ? Qu’importe, il sera effacé une dizaine de minutes plus tard. L’intrigue adresse de front les questions de marginalité et d’exclusion ? On s’en tape tout cela est vite oublié ! Notre héros affiche une belle sensibilité d’écorché vif ? Heureusement, son avatar musculeux est totalement dénué du moindre semblant de personnalité ou d’enjeux (merci Zachary Levi, aussi pertinent qu’un jockstrap dans un concours de pétanque).

De même, pour boursoufflé et atone que soit l'interminable climax, il jouit d'un twist plus que bienvenu, qui ramène un peu d'humanité au sein d'une narration désincarnée. Ainsi, et grâce à ses quelques concepts sous-développés, Shazam parvient miraculeusement à ne jamais être antipathique.

Peut-être parce que le film porte fièrement sa médiocrité en étendard, préférant substituer à la pureté Remingtonienne de Richard Donner et à la noirceur tragique de Zack Snyder des vannes sur R. Kelly.

 

Affiche française

Résumé

Seuls les fans absolus du personnage ou du DCEU pourront supporter cet embarrassant condensé de néant destiné aux plus petits, qui manque cruellement d'idées, de personnalité et d'énergie.

Autre avis Geoffrey Crété
Comment peut-on emballer un film de super-héros si niais, si simplet, si peu excitant et vif, avec un personnage si décalé ? Triste exploit qui marque un point soporifique dans l'univers DC récent.
Autre avis Christophe Foltzer
C'est quand même vachement plus sympa et rigolo que l'autre truc, là, Aquaman...
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Lecteurs

(3.1)

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commentaires

Miami81
14/11/2020 à 23:42

Je l'ai trouvé plutôt sympathique. Oui, c'est enfantin mais pourquoi pas après tout, le truc est assumé. Très franchement, même sur ce film DC semble être supérieur aux Marvel dont les films outre d'énormément se ressembler dans leur déroulement sont d'un ennui mortel (en tout cas pour les derniers) et de plus en plus moches. Donc au final très bonne surprise pour ma part

Pat Rick
13/03/2020 à 16:49

Plutôt une agréable surprise.

Babar77
01/02/2020 à 15:10

aussi nul que ses épaules en mousse

aqualand
01/02/2020 à 01:48

j'ai adoré

M1pats
31/01/2020 à 19:41

Vous avez vraiment regarder ça ????? Mais ça se voyait de la bande annonce pourquoi le voir, je veux dire vous êtes marrants à nous raconter des " ça sera sans moi " des qu une bande annonce d un superhero sort mais en faite vous les regardez tous quoi, donc ma question c est : pourquoi vous faites les malins à nous raconter votre vie sur ce que vous allez regarder ou pas si vous les tapez tous meme les plus insignifiants comme celui ci ( oui j ai reconnu plus de pseudos ici qui nous sortent des " sans moi " des qu une BA d un film SH sort ^^)

Flo
30/01/2020 à 10:19

« À vos souhait ! » ????

Avant… Superman = carton et modèle de super héros à suivre… et à dupliquer. Inspirations greco-romaines fascinants les américains + style basique et graphiquement simplifié des comic strip + grade militaire pour faire plus « USA en action » = Captain Marvel. Et un « cri de guerre » très cool et magique: Shazam !
Voilà, un héros qui aurait pu tomber dans les limbes de l’histoire de la bande Dessinée (ou juste se contenter d’être détourné par Alan Moore pour son comic « Miracle Man »)… mais qui garde une originalité un peu attachante, au point d’arriver à côtoyer Superman lui-même, une fois racheté et intégré dans les comics DC.

Au cinéma ? Warner, studio se disant plus « adulte », donc assez allergique au caractère Fun et ouvertement « gamin » des histoires super héroïques… mais voulant tout de même goûter aux dividendes que cela peut leur apporter (il faut bien rentabiliser leur possession au delà des seuls comics et productions animées).
Pas simple pour eux, tant ils auront tendance à vouloir « Batmaniser » plus que de raison ce qui n’a pas lieu d’être… Alors, imaginez un peu avec une histoire mettant en scène un enfant…
Mais quand il faut, il faut… et avec l’expérience acquise récemment dans la prod super héroïque (et les erreurs), on y est: le film Shazam ! existe à nouveau, après un serial dans les années 40 et une série tv dans les 70’s.

Pas très compliqué à mettre en route… même si la prod, comme souvent, a dû se faire avec une prépa courte: le jeune acteur joue déjà dans une série tv prenante, Zac Levi a été à deux doigt de jouer non pas Shazam mais un rôle secondaire (le père de famille d’accueil? « Captain Marvel Junior »?)…
Mais bon, il suffisait juste de reprendre sa modernisation récente dans les comics dits « New 52 » (par Geoff Johns et Gary Frank)… et d’y enlever le vilain Black Adam, parce que « réservé » par Dwayne Johnson pour un film solo à sa gloire (celle de l’acteur surtout).
Résultat, la place laissée vacante dans l’intrigue du film permet à ce dernier d’étendre ce que le comic « New 52 » effleurait à peine… avec des hauts et des bas dans la narration. Et juste celle-ci, car niveau réalisation, aucune chance d’y trouver une quelconque « patte » distinctive du réalisateur David F. Sandberg, venu surtout de productions horrifiques… Rien de nouveau dans le genre, après tout on avait bien avant des Chuck Russell, Renny Harlin ou Stephen Hopkins réalisant des Freddy Krueger avant de passer sur des films d’action à plus gros budget (et ne parlons même pas de James Wan)…
C’est fonctionnel, il aura sa carte de visite, la Prod dirige en priorité et c’est bien beau à voir, mais sans plus…

Le point principal donc, le scénario, étant heureusement menés par des acteurs jouant avec une certaine justesse malgré quelques écueils… On croit à Asher Angel en Billy Batson, mélange d’ingéniosité (pas d’ingénuité) et de gravité.
on croit à son sidekick sympa Freddy Freeman, joué par un Jack Dylan Grazer qui pourrait être le petit frère… de Freddie Highmore…
pareil pour les membres de la famille d’accueil, même si on y voit pas assez Mary, et que Eugene est un peu trop cliché… Tout ça parce qu’ils sont traités avec une bonne crédibilité, et même un coté pragmatique et désenchanté, intégrant assez bien des valeurs familiales et des oppositions classiques entre des caractères mûrs et jeunes…

Et c’est là qu’on tombe vers « les bas ». Car du coup, Zachary Levi en héros Shazam jure un peu avec tout ça. Déjà que c’est peu original de voir l’acteur encore une fois dans un rôle de grand rigolo infantile, et avec des capacités spéciales pas maîtrisées comme dans sa série « Chuck » (du coup, son bref rôle de Fandral dans Thor apparaît comme son seul rôle de composition?)…
c’est encore plus commun d’avoir droit à une Origin Story où le personnage ne va faire que galérer, ou bien faire des super conneries avec ses super pouvoirs en mode « Bruce Tout Puissant »… pendant quasiment tout le film. Et oubliant ainsi très vite l’arc personnel de son jeune héros.
Certes, la dissociation entre l’enfant et l’adulte – une part des caractéristique de Shazam dans les comics – est un peu justifiée, comme si c’était une puberté expresse modifiant son comportement (l’enfant parait donc plus sage que le grand ado trop excité)… Mais ainsi, on oublie que parmi les pouvoirs accordés à celui sensé avoir un Coeur Pur, il y a… la Sagesse de Salomon, et le courage d’Achille. Rien de tout ça ici, avant d’arriver vers la fin comme d’hab dans une Origin Story rebattue.
Et pour l’antagoniste Sivana, c’est « pire »: il a beau avoir les raisons qu’il veut pour ses actes… le fait qu’elles apparaissent comme un reflet du héros (encore un archétype connu) n’est pas vraiment traité ici… et l’acteur Mark Strong de tomber très vite dans la caricature de vilain très 1er degré – mieux vaut le revoir en Sinestro dans Green Lantern.
Alors que le reste du film lui, n’est pas assez 1er degré.

En effet, des blagues enfantines au milieu de scènes semi-horrifiques, c’est au niveau d’un film Amblin des années 80, comme Gremlins (là où Aquaman était plus 90’s), avec des espèces de méchantes gargouilles horribles mais accessoires… Et puis oui, le film Big de Penny Marshall etc…
OK, ça marche assez bien, même le Méta est bien géré… mais dans ce cas-ci, ça devient tellement systématique que dans les moments où il y a de la tension, et bien celle-ci s’en trouve vite désamorcée à chaque fois… Il aurait fallu en couper le Tiers au lieu de surligner à chaque fois, et là on aurait été dans un bon Super Hero Movie basique (après tout, on n’est pas ici dans un environnement assez baroque pour justifier ça, style l’espace et des aliens fantasques).
Une concession aux enfants, pour les garder éveillés, surement…

Mais alors on touche ainsi au « problème » sis dans l’adaptation/transposition du comic en live… c’est que Shazam!, même en y ajoutant des éléments plus réalistes et dramatiques.. et bien l’intérêt c’est qu’il s’agit aussi d’un des derniers bastions d’histoires d’action de style « Pulp ». Un côté désuet mais dynamique, du Tintin et Indiana Jones dans l’âme, indémodable, clair et passionné, avec des Savants Fous, des Robots Géants et des Monstres à la Ray Harryhausen contre de des Biscottos, des Bonnes Valeurs et de la Magie.
Et c’est ce qui manque un peu trop dans ce film là, même si on l’y voit affleurer à divers moments. On y a un peu le même problème que le dernier film live Power Rangers, en moins grave: le coté Réalistico-Dramatique fonctionne très bien, mais le coté Fantasque a l’air intrusif, ne va pas assez loin dans la Pure Fantaisie pour se transcender, la transition entre les deux étant un poil moyenne.

Cela-dit, le film a de très beaux restes, il reste très très agréable à voir, sans honte, encore plus pour qui y va en famille, avec de jolies surprises en plus… après les fameuses errances des adaptations DC…
Il a essuyé les plâtres, et le meilleur sera peut-être devant lui.

Ouais, c’était un bon moment à passer… Abracadabra ! Shazam !! Alakazam !!! ????

Andarioch
03/09/2019 à 13:00

D'accord avec Nathalie25. Le film commence plutôt bien avec un acteur investi qui dessine intelligemment les contours de son personnage. Puis il devient nul dès que Z. Levy l'interprète comme si le môme avait 6 ans. N'est pas Tom Hanks qui veut.

Micju
22/07/2019 à 09:40

Le seul film de superhéros que j’ai vue dans ma vie et je n’en est manqué aucun pour lequel je n’ est riens de positif à dire. C’est un des moins bon film touts style confondu que j’ai vue

mikegyver
08/07/2019 à 11:18

ayé vu la chose.

C'est mauvais mauvais mauvais. l'histoire est fascinante de cretinerie, c'est n'importe nawak.

Et tu dis "sympa 2h12, au moins y'aura des trucs dedans, c'est copieux"....ben nan en fait y'a juste 13 minutes (!!!) de generique.

Baneath88
04/07/2019 à 09:53

Shazam ! s'inscrit logiquement dans la suite des films produits après Dawn of Justice.
Pour ma part, je trouve qu'il s'agit d'une hybridation réussie entre Power Rangers et 7 à la maison. C'est dire le ratage.
Peu drôle, pas très beau, pas inventif. Sans l'énergie de Zachary Levi et Asher Angel, le film pouvait prétendre au pire film du DCU. Mais c'est dur d'être aussi nul que Justice League.

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