L'Ordre des médecins : critique médicamentée

Chris Huby | 21 janvier 2019 - MAJ : 23/01/2019 11:13
Chris Huby | 21 janvier 2019 - MAJ : 23/01/2019 11:13

Dans L'Ordre des médecins, Simon (Jérémie Renier) est un médecin aguerri, qui côtoie la mort quotidiennement dans son service de pneumologie. En bon professionnel, il a appris à s’en protéger, jusqu’au jour où sa mère est à son tour hospitalisée. Une histoire remuante découverte au Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz.

photo, Jérémie Renier
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HIPPOCRATE 2

Le film de David Roux met en lumière la légendaire protection des médecins par rapport à leurs patients, notamment lorsque ceux-ci disparaissent et vivent des derniers instants douloureux. Comment supporter la mort et les maladies atroces lorsqu’on les fréquente au quotidien, voilà le thème abordé frontalement par le metteur en scène dans son histoire.

Jérémie Renier campe brillamment le rôle principal de ce médecin à l’apparence froide, solitaire, et quelque peu perdu dans sa vie affective. A l’aube de la quarantaine, il ne s’est pas rangé et il vit en compensation son travail comme une sinécure. Autour de lui, ses collègues semblent s’en remettre totalement à son expérience, précisément dans ses choix humains quand il s’agît d’approcher un malade. Sa famille n’est pas en reste dans l’irresponsabilité : un père lunaire, une sœur en plein divorce, et il est obligé de tout gérer tout seul, jusqu’au départ programmé de sa propre mère quand il la découvre atteinte d’un cancer fatal.

 

photo, Jérémie Renier  Jérémie Renier 

 

SIMON A DIT

Le traitement du héros est particulièrement intéressant dans ce premier long métrage. Il est confronté à son propre miroir et à sa fuite permanente. Remis en cause dans ses choix profonds, il va devoir supporter le cap brutal qui se présente à lui. La mort de sa propre mère, démasquant également une famille qui s’est tranquillisée trop vite, l’oblige à devoir se surveiller encore plus pour ne pas sombrer.

Ce Simon est extrêmement bien joué et écrit, cependant on regrettera que les autres personnages soient bien en deçà, seulement utiles pour certains à développer une intrigue limitée et centrée sur lui. La troupe de comédiens fonctionne pourtant très bien et on aurait aimé ouvrir plus les pistes qui sont survolées ici et là.

 

photo l'ordre des médecinsL'excellente Zita Hanrot, dans un personnage trop peu développé

 

Toujours est-il qu’il en reste un film sensible, juste à de nombreux niveaux, quasi documentaire par instants, et doté d’une direction générale qui réussit son envie première, à savoir toucher un public sur un sujet universel. La mort d’un parent proche est une terrible étape dans l’existence, et alors que l’on fuit au possible cette réalité, elle finit toujours par nous rattraper.

Choisir de traiter cet événement malheureux qui nous concerne tous par le biais d’un médecin reste un choix intelligent, pour ne pas dire parfait. L’armure en titane que portent les médecins ne les transforme pas en robots insensibles. Ce portrait nous renvoie donc à nos propres questions, quels que soient les choix de nos vies. Et à ce titre, L'Ordre des médecins est une réussite. Il manquera sans doute quelques prises de risques sur la forme et dans les choix narratifs, mais il ne faut pas oublier que c’est un premier film. On attend la suite avec impatience.          

 

Affiche

Résumé

Un premier long-métrage à découvrir, pour les qualités de son acteur principal Jérémie Renier mais aussi pour le traitement particulier d’un sujet complexe et difficile.

commentaires

MichMich
21/01/2019 à 16:16

25 ans après Urgences l'entertainment phrançais découvre le milieu médical...Mieux vaut tard que jamais

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