Le Retour de Mary Poppins : critique qui aide la strychnine à couler

Simon Riaux | 19 décembre 2018 - MAJ : 19/12/2018 17:24
Simon Riaux | 19 décembre 2018 - MAJ : 19/12/2018 17:24

Film adoré de millions d’enfants, transmis en famille génération après génération, Mary Poppins demeure un mythe bien vivant du cinéma, et le succès de Dans l'ombre de Mary n’a pas manqué de souligner aux exécutifs de Disney la puissance de la marque en sa possession. On ne s’étonnera donc pas que le studio transforme le miracle de 1964 en marque déclinable à l’envi avec Le Retour de Mary Poppins porté par Emily BluntLin-Manuel Miranda et Ben Whishaw, et réalisé par Rob Marshall (ChicagoInto the woods, Promenons-nous dans les bois).

DANSE AVEC LES MOUS

Après La Belle et la Bête, Jean-Christophe et Winnie, Cendrillon, Le Livre de la Jungle, Alice au pays des merveillesPeter et Elliott le Dragon ou encore Maléfique, c’est au tour de la nounou enchanteresse de faire son come-back. Elle retrouve la famille Banks, une génération plus tard, en pleine banqueroute et au cœur de la déprime. Mais rien n’a changé, voudrait nous faire croire le film, cette bonne Mary est revenue, pour réenchanter le quotidien et insuffler dans les cœurs ces ravissements que toujours les adultes oublient.

 

photo, Ben Wishaw, Emily MortimerVous risquez de faire la même tête que Ben Whishaw

 

Malheureusement, le sort de la nounou a été confié à Rob Marshall. Charcutier filmique responsable de ratages tels que Nine, Pirates des Caraïbes 4 : La Fontaine de jouvenceMémoires d'une geisha ou Into the woods, Promenons-nous dans les bois, le cinéaste se contente d’abattre mollement un cahier des charges d’un spectaculaire ennui. Sa mise en scène n’est pas tant sobre que terne, presque toujours dénuée de propos, d’une inconsistance qui confine à la paresse. Le réalisateur suit l'action sans que jamais, on ne saisisse là où il entend diriger notre oeil, ou comment cette accumulation de saynètes démonstratives pourrait bien générer une quelconque émotion.

Jamais une image du Retour de Mary Poppins ne nous chatouille la rétine. Non seulement parce que Marshall met son récit en scène avec la passion d’un lamantin neurasthénique, mais aussi parce qu’il fait le choix de sous-traiter le merveilleux non pas au regard que façonne la caméra, mais à une profusion d’effets de numériques de pacotille. On s’est malheureusement habitué à l’assaut de blockbusters aux finitions embarrassantes, mais ce défaut s’avère extrêmement criant ici, jusque dans les appels du pied au film original, autant d’éructation animées, dont le mauvais goût et l’indigence laissent pantois.

 

Photo , Emily Blunt Lin Manuel Miranda fait ce qu'il peut

 

ÇA AIDE LA STRYCHNINE À COULER

On saura gré d'Emily Mortimer et Emily Blunt de jeter toutes leurs forces dans la bataille. Elles sont bien les seules à insuffler un peu de vie dans cette nature morte, tant le reste du casting, Lin-Manuel Miranda en tête, semble totalement désarçonné par le projet. Dans le cas de ce dernier, le constat est accablant, tant son énergie et son charisme s’avèrent ici sous-employés.

Son emploi est d’ailleurs symptomatique de l’inanité du Retour de Mary Poppins. Réduit à ânonner quelques mesures de hip-hop végétatif, que le script lui lance à la manière d’un os à ronger, il ne peut se dépatouiller d’une partition bien trop mécanique et morne. Voir avec quelle aisance Dick Van Dyke l’éclipse du haut de ses 90 ans passés, le temps d’une apparition, donne une idée de la rigidité cadavérique qui préside au film.

 

photoMary Pooping

 

Et enfin, le dernier sacrilège de cette interminable danse macabre tient dans son message. Mary Poppins se faisait une joie d’attaquer frontalement une Angleterre corsetée, une Europe pétrifiée et une économie aussi souveraine que cannibale, mais le remake que voilà préfère jeter ces provocations avec l’eau du bain numérique.

Désormais, c’est bel et bien l’argent, la spéculation, qui sauvent, et permettent au Banks d’espérer un avenir meilleur. Ou comment Mary préféra la finance à l'irrévérence, dévoilant in fine à une nouvelle génération que se fendre la poire, c'est sympa, mais miser en bourse, c'est quand même un peu plus valable. Une dévolution aussi sinistre que nauséeuse.

 

affiche

Résumé

Mary Poppins est de retour, pour nous jouer un mauvais tour. Artificiel, mal fini et mécanique, ce remake qui voit dans la finance la planche de salut de ses personnage a des airs de cauchemar.

commentaires

Nes
30/12/2018 à 16:04

Ainsi mikegyver devrait réfléchir avant d'écrire.

Nes
30/12/2018 à 16:02

J'aime les films guimauves. Les comédies musicales américaines de l'époque. Mais je suis atterré par le peu de culture de certains commentateurs qui défendent ce film. Ainsi en réponse je rappelai 2 choses sur le message du livre :la cause féministe. La mère étant le seul personnage à ne pas changer à la fin du film : elle reste une suffragette qui veut conquérir sa liberté . Et ce serait utile que ce message soit à nouveau diffusé.
Quand au message c'est l'argent qui fait le. Bonheur c'est carrement l'opposé du récit original.

JojoLaMolaire
29/12/2018 à 10:37

Un véritable fiasco.Ce film ne déclenche aucune émotion chez le spectateur, navrant.L'actrice trop rigide, l'acteur insipide, le scénariste qui n'a pas pu choisir entre un copié-collé de la première version et une oeuvre originale s'est royalement planté en récupérant à droite et à gauche des scénettes de films anciens des studios Disney.Aucune chanson n'aura marqué les esprits, les chorégraphies sont dénuées de tout talent!Julie Andrews et Dick Van Dyke étaient des artistes complets qui savaient chanter et danser, leurs remplaçants sont transparents!Aucun rire n'a fusé dans la salle, aucune larme ne fut versée, une platitude de long en large, j'ai failli m'assoupir!Où est passée la magie des pingouins, le drame de la dame aux oiseaux, le comique du vieux monsieur qui prend le thé en lévitation et qui fait rire toute une salle, et le rythme d'une chanson inoubliable comme "supercalifragilisticexpialidocious".Que dire de cette fin incompréhensible où deux pences sont devenus une fortune en 30 ou 40 ans et sauve toute la famille du désastre et que dire sur le fait que le vieux banquier n'a quasiment pas vieilli en 40 ans!Quant aux effets spéciaux, ils étaient bien plus nombreux et mieux exécutés en 1964 qu'en 2018, incroyable!!!

critique libre
25/12/2018 à 10:27

une honte

Simon Riaux - Rédaction
21/12/2018 à 15:41

@mikegyver

Vous êtes le seul à hurler hein. Détendez-vous.

Et regardez donc Mary Poppins, vous risquez d'être un peu secoué par la guimauve.

mikegyver
21/12/2018 à 15:04

le film va faire un carton et doit etre bon, tout comme jean-christophe, le livre de la jungle, malefique, peter et elliot le dragon, bref des bons films.

prendre rob marshall rien de choquant, si disney avait pris un yes-man, vous auriez hurlé aussi, bref vous etes pathetique dans la contradiction, blanc ou noir rien ne vous convient c'est lamentable.

Guy ritchie pareil, c'est l'assurance d'avoir un truc original , mais encore une fois le disney-bashing navrant coule a flot.

la morale est pas bonne ? vous vouliez vraiment la guimauve des années 60 ? serieux ? pour votre culture on est en 2018 les gonzesses.

mais en fait je comprends !! c'est pas le film que vous vouliez, alors on fait du mou, on boude , et on lynche comme des petites pucelles effarouchés.

bravo , la betise crasse n'a pas de soucis a se faire, les forums internet et les puants reseaux sociaux sont la pour ca !

Tonto
21/12/2018 à 12:07

@Cynthia T J'ai une autre version : Stephen King s'amuse à reprendre tous les codes liés à l'enfance pour les introduire dans son univers glauque et horrifique, ces mêmes codes que l'on trouve dans Mary Poppins, non comme référence, mais simplement parce que ce sont les codes universels liés à l'enfance, thème principal du film, utilisés ici au premier degré...
Et non, les deux acteurs jouant Georgie ne sont absolument pas les mêmes ! Il s'agit ici du premier rôle de Joel Dawson au cinéma...
A mon avis, faut pas aller chercher trop loin, j'ai du mal à voir tout ça comme un clin d'oeil. Après, je me trompe peut-être et les scénaristes en ont peut-être profité pour s'amuser, mais perso, j'y crois pas trop.

Arkthus
21/12/2018 à 11:09

Encore une critique de pseudo cinéphiles qui se croient plus intelligents que tout le monde. Arrêtez de fumer la moquette, ce film est un chef-d'œuvre et vous êtes complètement passé à côté !

Cynthia T
20/12/2018 à 22:55

Tout d'abord, ce qui m'a frappée, la référence flagrante et glauque au film "Ça" de S.King. Oui oui !!
1- Georgie de M. Poppins est le même acteur que.. Georgie de Ça.
2 - Dans les premières scènes nous le voyons en premier plan, avec des ballons sortis de nulle part derrière lui près d'un banc.
3 - Quelques minutes après, il se met à courir avec un cerf-volant sous la pluie vs son bateau en papier dans Ça.
4 - Dans la scène de la baignoire il plonge pour récupérer un jouet bateau parmi les nombreux jouets que M. Poppins jette dans l'eau... Ce bateau que Georgie dans Ça tente de récupérer avant qu'il ne se retrouve dans les égouts.
5 - A la fin la scène des ballons où l'on demande à Georgie de choisir un ballon... Et que M.Poppins se retrouve avec un ballon rouge (comme celui de Ça) sorti de nulle part alors que tous les autres sont pastels...
En ben j'ai beaucoup aimé, connaissant bien les S.King, ça a donné un ambiance particulière et décalée, je ne comprends pas trop pourquoi avoir mis cette référence mais j'ai trouvé ça inattendu et original.

Malgré les nombreuses critiques négatives, j''ai pourtant beaucoup aimé le film. Beaucoup de rappels et de clins d'œil au premier même si pas excessivement recherchés, mais un scénario légèrement différent avec des scènes magnifiques et entraînantes, des couleurs vives et de jolies costumes, des chorégraphies parfaites et de belles chansons.
J'ai également beaucoup aimé les nombreuses références aux autres films et dessins animes : Alice au Pays des Merveilles, Aladdin, l'Apprentie Sorcière, Peter Pan...
En revanche je n'ai pas forcément aimé le fait d'entrer trop rapidement dans le monde magique de M. Poppins avec la scène de la baignoire. Beaucoup trop rapide, les enfants n'ont pas le temps de faire connaissance avec là nounou...et nous non plus suis je puis dire.

Number6
20/12/2018 à 12:02

@ spin off de SG 1

Cest justement Baz qui a réalisé Moulin Rouge. Et c'est clairement lui que j'aurais choisi pour le film.

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