Rémi sans famille : critique Vitalisée

Simon Riaux | 12 décembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 12 décembre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Célèbre roman aux multiples adaptations, Rémi sans famille revient à l’occasion des Fêtes de Noël sous la houlette de Antoine Blossier et porté par Daniel Auteuil et Virginie Ledoyen. Projet casse-gueule aux relents industrieux, il doit sa réussite incontestable au talent de son réalisateur.

OLIVER TWIST AGAIN

Si le nom d’Antoine Blossier n’est pas le plus (re)connu du cinéma hexagonal, la production française lui doit déjà pas mal de choses, à commencer par un amour devenu trop rare du cinéma populaire. Remarqué avec La Traque, film d’horreur à base de sangliers mutants aussi fragile qu’inventif et maîtrisé, le cinéaste a enchaîné avec un des genres les plus mutilés par la production de par chez nous : le teen movie. Son À toute épreuve s’est pourtant imposé comme une leçon d’énergie et de rythme.

 

photo, Maleaume Paquin, Daniel AuteuilDaniel Auteuil et Maleaume Paquin

 

On y devinait déjà une appétence parfaitement digérée pour les grandes figures du cinéma américain, et c’est elles qu’Antoine Blossier déploie au cœur de Rémi sans famille. Ne cherchant pas à dupliquer l’anime culte d’Osamu Dezaki, le réalisateur se met dans les pas des grands réalisateurs du cinéma hollywoodien. Des espaces de David Lean aux westerns de John Ford. Et si la photographie du film est parfois un peu trop chaleureuse pour son propre bien, son étalonnage ici ou là trop clinquant, ce langage cinématographique assure à l’ensemble une dimension spectaculaire des plus séduisantes.

Plasticien accompli, Blossier ne se contente pas d’aligner les cartes postales luxueuses, et se plaît à multiplier citations et expérimentations stylistiques. En témoigne l’impressionnant troisième acte du film, qui ne recule ni devant les rebondissements les plus durs de l’œuvre originelle, ni devant les ambitions gothiques de son metteur en scène, qui ira jusqu’à citer avec une belle malice Massacre à la tronçonneuse.

 

photoDu grand soin apporté à l'image

 

DANIEL AU POIL

Pour autant, on sent ici et là encore quelques failles, notamment dans l’entame du film, où les quelques faiblesses d’interprétation du tout jeune Maleaume Paquin se font particulièrement criantes et où le ton de l’ensemble paraît d’autant plus incertain que la voix off assurée par Jacques Perrin apparaît aussi empesée que lourdement utilisée. De même, les choix d’adaptation opérés témoignent parfois un peu trop de la nécessité de trancher dans le texte d’Hector Malot, tandis que d’autres (le changement de sexe d’un personnage, la disparition de quelques bébêtes) paraissent un tantinet artificiel ou cosmétiques.

Mais le liant inattendu et singulièrement efficace qui permet de passer outre s’avère, contre toute attente, Daniel Auteuil. On n’avait pas vu l’acteur aussi bien employé et dirigé depuis plusieurs années. Chaleureux, charismatique, il existe à la manière d’un véritable effet spécial, évoluant parfaitement au sein de son décorum de compagnons et d’accessoires, et assurant parfaitement la navigation du spectateur entre le drame, l’épopée, et l’édifiant récit de Noël.

 

affiche

 

Résumé

Bénéficiant du savoir-faire de son réalisateur, Rémi sans Famille est un joli conte de Noël, aventureux et touchant.

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commentaires
y
22/04/2019 à 13:40

Toujours excellent Daniel Auteuil . L'étonnement c'est le franc qui est apparu en 1958
à cette époque là ce ne serait pas le livre ou le sous ?

dams50
12/12/2018 à 21:28

Jim Hawkins n'avait pas 13 ans
(choeurs) non pas 13 ans
Quand il partit sur l'océan
(choeurs) sur l'o-céan
Il était haut comme trois pommes,
mais plus valeureux que trois hommes

(refrain, choeurs)
Mon petit gars, prends garde à toi
Sois courageux, tu connaitras
Mille dangers, mille naufrages,
Avant d'attein-dre le rivage

Un autre Osamu Dezaki tout aussi marquant...

Neodraken
12/12/2018 à 21:10

Dans les grandes villes ou les petits villages
Devant nous défilent de jolis paysages
Ma famille a moi c'est celle que j'ai choisie
Car on a besoin d'affection dans la vie
Venez avec nous
Dans nos aventures
Plus on est de fous
Et moins la vie est dure
Je suis sans famille
Et je m'appelle Remi
Et je me ballade dans la vie

Chonrei
12/12/2018 à 17:47

Le Tombeau des lucioles en live existe déjà mais c'est moins bien que l'animé.

Dutch Schaefer
12/12/2018 à 15:59

Je sors à l'instant de la salle en compagnie de mes deux enfants!
Quel plaisir!
Alors, oui en effet, certains personnages (et animaux!) sont oubliés dans cette adaptation, mais quel plaisir!
Vous citez une grande réalisation! Je confirme, que le travail apporté à la réalisation est primordial! Ce genre de film qui suit un bouquin de la littérature enfantine et générationnelle et le plus souvent casse gueule! Trop plan plan! Trop gamin! Trop respectueux!
Là, Antoine Blossier penche en effet plus vers un cinéma américain et assume ses références (entièrement d'accord sur le coup de Massacre à la Tronçonneuse, j'ai justement pensé à ce film en voyant la scène chez les British crasseux!).
Et on retrouve cependant des résonances par bien des points sur le cultissime DA de mon enfance!
Voilà surtout un film familial de qualité (c'est assez rare pour le souligner!) qui en plus d'offrir 1h50 de plaisir, n'en oublie pas pour autant un travail de réalisation soigné et qui sors des sentiers battus!
Il est là, le film de fin d'année!
En tout cas, je suis sous le charme et mes enfants eux aussi, alors qu'ils ne connaissaient rien de cette oeuvre!

saiyuk
12/12/2018 à 15:46

c'est con pour Zerbino vu qu'il y a une scene avec des loups...plus simple de jouer avec des chiens non ?

saiyuk
12/12/2018 à 15:45

Le dessin animé etait traumatisant et flippant meme parfois et faisait pleurer dans les chaumiéres, ils ont essayé en version féminine avec princesse Sarah beaucoup plus tard...

f-nico
12/12/2018 à 15:28

Pour Dolce et Zerbino, comme on dit souvent le pire quand on tourne un film ce sont les animaux et les enfants ^^. Je ne serais pas étonné qu'ils aient effectivement fait des coupes.

Actar
12/12/2018 à 15:05

Visiblement la bande annonce ne fait pas reference à Dolce et Zerbino qui complètent admirablement (et tragiquement) la troupe de Vitalis. Grosse erreur deja pour moi si ils ne sont pas dans le film. Le DA était en effet exceptionnel et ce générique...

M
12/12/2018 à 14:42

Je suis d'avec toi. on a tous été traumatisés par ce DA

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