Kin : le commencement - critique Verminator

Simon Riaux | 26 juillet 2019
Simon Riaux | 26 juillet 2019

Kin : le commencement repasse ce soir sur Canal + à 21h

Annoncé comme une potentielle nouvelle franchise à succès, Kin : le commencement annonce dès son affiche être né sous la bonne étoile des producteurs de Stranger Things et du « studio de Seven Sisters ». Un curieux attelage, synonyme autant de malice commerciale que d’habile récupération nostalgique. Une orientation qui ne serait pas problématique, si elle ne venait pas parasiter un point de départ intéressant et souligner de grosses carences thématiques.

LE DÉTROIT DE GUNBRALTAR

Dans cette Amérique de friche industrielle, pour laquelle la crise ne s’est jamais arrêtée, un adolescent récupère et revend les rares matériaux alentours encore exploitables. Chez lui, il doit faire face à un père veuf, intransigeant et aussi psychologue qu’une mine anti-personnelle. Le retour de son frère aîné après six ans de prison n’arrange pas les choses. Irresponsable et impulsif, Jimmy n’est revenu que pour annoncer qu’il a contracté une dette de protection qu’il ne pourra honorer à un caïd local, branché trafic d’armes.

 

Photo Dennis Quaid, Myles TruittUn quotidien en pleine déliquescence

 

Dans un premier temps, Kin : le commencement établit habilement son décor. Si le film entend raccrocher les wagons avec l’esthétique néon en vogue, les canons des années 80 et la veine super-héroïque contemporaine, plutôt que d’établir sa greffe n’importe où, il se plonge tête la première dans un ghetto urbain en pleine gueule de bois. Les passions sont tristes, l’avenir obstrué, la violence prête à surgir à chaque instant. Pour un peu, on se demande si, de manière encore plus assumée que dans le Chronicle de Josh Trank, on ne va pas assister à une relecture d’Akira, propulsée dans un néo-Detroit au bord de l’écroulement.

Cette entrée en matière est d’autant plus réussie que la photo de Larkin Seiple (récemment à l’œuvre sur le clip très remarqué This is America de Childish Gambino alias Donald Glover) nappe l’image d’un faux naturalisme très cinégénique, lequel fait parfaitement écho à la musique de Mogwai. Certains comédiens ne sont pas en reste, notamment Zoë Kravitz et Jack Reynor, qui n’atténuent jamais les failles de leurs personnages de losers inconscients.

 

photoFirst moron shooter

 

VERMINATOR : LE RENONCEMENT

Mais ces nobles intentions sont rapidement fracassées par un scénario aussi facile que paresseux. Qu’une œuvre s’inspire fortement de celles qui l’ont précédé n’a rien de foncièrement original, mais Kin : le commencement procède avec un je-m’en-foutisme rarement atteint. Recyclant jusqu’aux décors de Terminator, le métrage, sitôt sa course-poursuite centrale mise en place, se contente de remâcher les thèmes et concepts du chef d’œuvre de James Cameron.

Plus embarrassant encore, cette histoire, qui s’efforce en progressant de ne rien raconter et de tourner autour du pot – « le commencement » veille à conserver ses munitions pour d’hypothétiques suites – verse dans une complaisance vis-à-vis de la violence totalement hors-sujet, puisque Kin transforme son innocent héros en sorte de super-bourrin, dont le seul talent est d’avoir dégotté par hasard une arme extraterrestre.

 

photo"Waouh frangin, tu tues super bien les gens !"

 

Sans doute troublé par le surjeu grotesque d’un James Franco une nouvelle fois en roue libre, le jeune Myles Truitt se contente de sourire en massacrant tout ce qui l’entoure, alors que la caméra s’attarde inlassablement sur sa pétoire cosmique.

Moteur et McGuffin de l’intrigue, présenté comme une bénédiction capable de sauver et racheter toutes les situations, le calibre de l’espace témoigne malgré lui d’un trouble symbolique typiquement américain, poussé ici dans des retranchements ridicules, jusqu’à faire du meurtre de sang froid un levier humoristique fun. Glaçant de bêtise.

 

Affiche

Résumé

Fausse création originale et vrai pillage de Terminator, fausse aventure nostalgique et tract pro-armes venu du futur, Kin : Le Commencement est un beau ratage.

commentaires

yannski
27/07/2019 à 20:35

Les personnages sont plus débiles les uns que les autres...

Sicyons
27/07/2019 à 09:13

Sinon à aucun moment vous ne fates le rapprochement avec cette série Z :
https://www.qwant.com/?q=rayon%20laser&t=images&o=0:20963b9db764109cc80c0bebfc3e2edf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rayon_laser_(film)

Lutin
27/07/2019 à 08:19

Par les producteur de Stranger things, le studio de Seven sisters, Le stylo de Avatar, le papier de Gunm.... bref il y avait tout mais malheureusement le cerveau de Teletubbies c'est glisser au millieu

DamienLT
27/07/2019 à 05:32

@Number6
Et le dernier de la trilogie sera « Kin et Barbie »

Rudy Mako
27/07/2019 à 04:08

Pour le cinéphile lambda, l'affiche te dit tout. C'est une poussière aveuglante. Je l'ai regardé sur Canal, nom d'une pipe en bois, j'ai dormi d'un sommeil semblable à celui d'un comateux. Ce film est une maladie

Victeam
26/07/2019 à 19:38

"Fausse création originale et vrai pillage de Terminator". C'est sur que Cameron n'a pillé personne pour faire Terminator, a part, au hasard : le War games de badham sorti un an avant, Harlan Ellison, Marvel comics (deathlok), etc...en gros si ça marche, que c'est bien et que c'est James Cameron, c'est de l'inspiration voir un hommage...sinon on appel ça du plagiat ou du pillage.

Number6
26/07/2019 à 19:23

La suite c'est Kin le survivant ?

Titi16
05/01/2019 à 03:04

Moi , j’ai aimé ce gamin avec son arme , mais son frangin quel sale con ...
Sinon , j’apprécie l’histoire mais ce jeune noir qui plonge dans la violence si vite , c’est dommage ...

titi
09/09/2018 à 16:23

Une sombre daube tiré d'une suite de romans pour ado, qui croient que la réussite c'est de devenir comme leurs héros de la télé poubelle de NRJ12 ou W9. Oui c'est sûr on va se souvenir de ce film mais pas pour de bonnes raisons. C'est tout simplement le plus gros échec commercial du XXIe siecle pour Hollywood. C'est tellement mauvais que meme le distributeur (Lionsgate) n'a pas osé divulguer le budget du film+ l'argent investi dans la promo. Leur seul espoir de sauver les meubles, c'est que les chinois se précipitent dessus.

souleater34
30/08/2018 à 11:37

Quand on a vu la bande-annonce...No comment!

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