Jumper : critique qui ne saute pas au plafond

Mise à jour : 20/06/2018 17:21 - Créé : 12 juin 2017 - Lino Cassinat

Imaginez : pouvoir se téléporter où l'on veut instantanément et à tout moment. Votre imagination s'active là non ? Curieusement, ça n'agite pas trop celle de l'équipe qui nous a livré Jumper, un film de Doug Liman avec Hayden Christensen, Rachel Bilson et Samuel L. Jackson, qui manque cruellement de folie.

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"LE TRUC AVEC DARK VADOR QUI SE TELEPORTE"

Poussé dans une rivière gelée lorsqu’il était enfant, David découvre qu’il est un jumper, un être humain capable de se téléporter où il veut. Il fuit alors sa vie difficile, et huit ans plus tard, on le retrouve vivant à grand train grâce à de l’argent facilement volé. Sauf qu’il existe un groupe de fanatiques religieux appelés les paladins qui hait les jumpers au plus haut point, et Roland, l’un des plus hargneux, se met à traquer David. Qui, en parallèle à tout ça, tente de reprendre contact avec Millie, la fille dont il est amoureux depuis qu’il a 15 ans.

Si on vous détaille par le menu le pitch du film, c’est parce qu’il contient probablement en germe à la fois tout ce qui rend Jumper ludique et attrayant, mais fait aussi sentir les boulets lourdissimes auxquels il s’est attaché tout seul.

 

Photo Hayden Christensen, Rachel BilsonUn boulet auquel on s'attache tout seul on a dit.

ROME, VILLE INERTE

Ils sont d’ailleurs très simples à identifier : les enjeux de l’histoire sont complètement insignifiants, et l’univers étendu est aussi chétif qu’il est artificiel. Le problème, c’est qu’au visionnage du film, ces écueils sont encore plus graves que prévu. On pouvait espérer que malgré des dilemmes moraux simplistes, notre personnage principal rattraperait le coup par son charme ou son charisme : malheureusement (et c’est triste à dire), Hayden Christensen, même trois ans après Star Wars Épisode III : La Revanche des Sith, est encore beaucoup trop vert et jeunot pour porter seul un film sur ses épaules.

On pouvait espérer que malgré un conflit bêta entre gentils jumpers et vilains paladins, Jumper se rattraperait avec une identité visuelle forte. Malheureusement, il ne suffit pas de teindre les cheveux du charismatique Samuel L. Jackson en blanc pour faire passer tranquillement la pauvreté et la fadeur de la direction artistique du film.

Mais là où le bât blesse véritablement, c’est que le même Doug Liman qui nous a déjà servi La Mémoire dans la peau et Mr. & Mrs. Smith, et qui sortira plusieurs années plus tard le super fun Edge of Tomorrow, joue ici à peine avec le principe amusant de son film. C’est même assez scandaleux de devoir attendre la dernière demie-heure du film pour ENFIN avoir une multiplicité de décors et des univers qui se téléscopent avec un peu de folie, alors qu’on a passé une demi-heure à Rome à supporter une romance insipide et téléphonée.

 

Photo Samuel L. JacksonAttention, il a une matraque. Electrique.

 

JUMPDAFUCKUP

Et pourtant, une fois Jumper terminé, il reste un drôle de goût de reviens-y. A qui la faute ? Probablement à Griffin (Jamie Bell). Sans être révolutionnaire, ce personnage au sombre passé et à l’attitude faussement désinvolte vole tellement la vedette à David que dès les premières répliques échangées entre eux, une évidence apparaît : c’est sur lui qu’il fallait faire le film. Son arrivée électrise un film qui était jusque là très proche de la mort cérébrale, au point qu’il réussi même à faire accepter la très encombrante Millie.

 

Photo Jamie BellBonjour, je suis le charisme et le fun, je viens sauver votre film


De l’aveu de Doug Liman, Jumper est un film malade et cela se sent : on a constamment l’impression de ne pas comprendre où il veut en venir, ou plutôt qu'il n’ose pas prendre une direction claire et affirmée. Et du coup, il ne raconte pas grand-chose. Embêté par ce manque de cap, son personnage principal se retrouve sans objectif fort et se contente de se laisser porter par des personnages mieux définis et plus actifs que lui. C’est dommage car ce faisant, Doug Liman, pourtant un habile faiseur ne manquant pas de talent ni de cran, est passé complètement à côté de son film. Revoyez Edge of Tomorrow.

 

Affiche

 

Résumé

Alléchant sur le papier, Jumper se disperse dans des personnages et des psychologies inintéressantes. C'est vrai que Rome c'est joli, mais on aurait clairement du se focaliser sur les scènes d'actions et l'installation d'un univers fort.

commentaires

Soul 13/06/2018 à 15:17

Bonjour,
J'avais oublié la présence de Jamie Bell, le personnage Griffin était stéréotypé, le personnage rebelle, l’organisation qui veut les arrêter, trop cousu de fil blanc.
Au contraire, l’intérêt du film est Hayden Christensen, son rôle de David Rise, un enfant sans mère, vivant avec son père (Michael Rooker, alias Yondu dans les Gardiens de la Galaxie), si malheureux.
Il se sert de son pouvoir, pour s'échapper de sa famille, il est en quête du bonheur. Bien sûr, il ne choisira pas le droit de chemin, il vole. En trouvant son amour de jeunesse Millie Harris (Rachel Bison), cela reste son objectif.
Tout en essayant d'échapper à Roland Cox (Samuel L. Jackson) et les paladins.
Il apprend la vérité sur sa mère Mary (Diane Lane), c'est une paladin, voyant le pouvoir de son fils, elle l'abandonne pour le sauver, pour le protéger.
Un film de science-fiction, très agréable à regarder.

salut 13/06/2018 à 10:04

C'est simple, je me suis vite téléporté pour pas visionner la fin.

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