Films

Mom and Dad : critique orpheline

Par Simon Riaux
20 avril 2018
MAJ : 28 mars 2020
10 commentaires

Nouvel effort du frappadingue Brian Taylor, Mom and Dad est une de ces curiosités qu’engendre ponctuellement la carrière bizarroïde de Nicolas Cage. L’acteur y traque, aux côtés de Selma Blair, sa progéniture, alors qu’une crise de folie meurtrière s’empare de toute la population adulte. La dernière prise de Netflix est-elle un gros poisson ?

 

Photo Nicolas Cage

DADDY’S HOME

Le point de départ était plutôt original, rassemblait deux acteurs de qualité, bénéficiant trop rarement de propositions stimulantes, et était emballé par un des deux géniteurs d’Hypertension. La promesse était donc celle d’une pellicule anarchique, violente, un métrage punk et abrasif. Malheureusement à peu près tout ce que promettait cette sympathique bouffée de violence tombe à l’eau.

Tout d’abord, on peine à reconnaître la créativité volcanique de Brian Taylor autant que sa faconde goguenarde. Mom and Dad est d’une pauvreté visuelle désolante, sa photo plate est constamment soulignée par la médiocrité du filmage, qui non content de ne jamais découper l’action, se contente de l’enregistrer à coup de tremblements artificiels et d’altérations grossières de l’obturateur de la caméra. Bref, c’est très moche.

 

Photo Nicolas CageLa seule et unique scène « enragée » du film

 

Pour rachitique qu’il soit techniquement, le film aurait pu nous offrir le divertissement dégénéré que sous-entendait son synopsis et sa distribution. De ce côté-là, on constate le même mélange de paresse et d’absurdité. Sans doute conscient de manquer cruellement d’idées, le script fait tout pour repousser la confrontation attendue, souvent de manière grossière, quitte à ne laisser l’action démarrer qu’après 40 interminables minutes.

Pourtant, avec son concept agressif, Taylor tenait là une machine à métaphore et un véritable mixeur conceptuel d’une rare méchanceté. Mais non, il préfère diluer sa narration entre-allers retours géographiques et construction mécanique de protagonistes pendant plus de la moitié de Mom and Dad.

 

PhotoSelma et Nicolas

 

MOMIE PORN

Autre raison de s’agacer, Nicolas Cage, annoncé comme l’effet spécial du film, qu’il entendait porter grâce à une des compositions azimutées dont il a le secret, n’est qu’un vague second rôle. Et ce n’est pas un monologue approximatif, joué sans passion et mis en scène avec l’inventivité d’un contrôleur de la Caisse des Dépôts et Consignations qui va redresser la barre, au même niveau subatomique les derniers Z où s’est commis l’artiste dernièrement.

 

PhotoUn flash back embarrassant

 

Dès lors, il ne reste plus qu’à faire son possible pour oublier instantanément la série de flash-backs pathétiques qui viennent entacher le rythme de la chose durant la seconde moitié du récit. Disséminés n’importe comment dans le récit – dont une dégustation de bière en contre-plongée, face aux abyssales fosses nasales de Nic Cage racontant à son fils comment il trombina jadis la moitié de l’hémisphère Nord dans la voiture de son paternel – ces séquences sont autant de moment de sidération embarrassants.

Au cœur de ce petit navet produit au rabais, demeure seulement le plaisir d’un dernier acte qui pousse son concept un chouïa plus loin, d’une demi-douzaine de plans agressifs pas loin d’être gores, et d’une proposition de Selma Blair pas inintéressante. Si la comédienne est bien trop rare à nos yeux et excellente en Mater Schizophrenia, c’est bien insuffisant lorsqu’arrive le générique de fin, comme un cheveu sur la soupe.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

On espérait une série B hargneuse, mais nous n'aurons droit qu'à un Z miteux. Nicolas est en cage et Selma blaire.

Tout savoir sur Mom and Dad
Abonnez-vous à notre youtube
Pictogramme étoile pour les abonnés aux contenus premium de EcranLarge Vous n'êtes pas d'accord avec nous ? Raison de plus pour vous abonner !
Soutenir la liberté critique
Vous aimerez aussi
Commentaires
guest
Trier par:
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
icon arrow down
Pictogramme commentaire 10 commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Ange

Pas de fin veut dire que dal

Seb

Le pire film de toute ma vie

Robbset

Quelqu’un a-t-il compris la fin de ce  » film « ?

andarioch

Sans déconner? Vous avez défendu Ghost rider 2? Je fini mon post et je cherche ça dans les archives.
Concernant Mom and dad, je ne sais pas où vous en êtes dans votre cycle de reproduction mais perso j’ai deux mômes et, allez savoir pourquoi, j’ai trouvé ce film juste jouissif.

Simon Riaux

@David Spritzel
@babar77

Oui enfin vu qu’on regrette justement que Cage ne soit pas plus présent dans le film et qu’on fait partie des rares défenseurs de Ghost Rider 2, ça va hein, on peut difficilement nous reprocher de ne pas l’aimer, le Nic.