La jeune fille et la brume : critique d'un thriller inattendu

Simon Riaux | 15 mars 2018
Simon Riaux | 15 mars 2018

En quelques années, le polar espagnol a déployé toute sa richesse sur le cinéma de genre européen. Et avec La Jeune Fille et la Brume, c’en est un nouvel exemple qui vient frapper à nos portes. Le film sortira directement en DVD le 21 mars prochain.

 

LA CARTE ET LE TERRITOIRE

Les films évitant la case grand écran et misant sur le support physique ou numérique ne sont que trop rarement de bonnes surprises. C’est donc avec d’autant plus de ravissement que l’on découvre le premier long-métrage d’Andrés Koppel, qui souffre probablement plus du succès limité des deux autres polars espagnols sortis récemment (Que Dios nos perdone ou La colère d'un homme patient), que d’un déficit qualitatif.

En effet, ce récit d’une enquête au cœur des Canaries, sur l’île de la Gomera, a pour lui d’investir pleinement son décor. Insulaire, à la fois sauvage et multiple, ce morceau de terre coiffé d’une forêt épaisse, nimbé d’une brume insistante, est un écrin idéal et parfaitement mis en scène. Koppel joue ainsi parfaitement du sentiment d’isolement de ses personnages, tout comme il s’amuse à marier l’esthétique ibérique qui prend actuellement son envol, avec des figures plus anglo-saxonne, à l’image de cette brume cinégénique qui décuple la puissance de l’énigme à laquelle nous sommes conviés.

 

Photo

 

 

LA ISLA MAXIMA

Et c’est bien d’énigme dont il est question, puisque La jeune fille et la brume attache un soin tout particulier à laisser infuser le venin de son intrigue. Questionnements, fausses pistes et écrans de fumée se superposent avec intelligence, constituant une mosaïque élégante, qui coagule le temps de rares mais puissantes séquences d’action.

Ce mariage entre puzzle et progression sanglante s’incarne à travers un découpage perpétuellement soigné, ainsi qu’une photographie appliquée. Avec son image qui navigue de l’hommage au film noir à la post-modernité désaturée d’un Michael Mann, le film assure au cinéphile un écrin inattendu, qui transcende plaisamment un budget qu’on devine modeste, jamais pris en défaut lorsque l’action s’énerve.

Peu importe finalement que la résolution de cette enquête tortueuse manque un chouïa de folie ou d’intensité, tant la surprise de découvrir une nouvelle voix au sein de la production espagnole est plaisante, et tant ce premier essai s’avère abouti et prometteur.

 

Affiche officielle

Résumé

Agréable découverte que ce thriller soigné et vénéneux. Un premier film prometteur, excellent étendard du renouveau du polar ibérique.

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commentaires

tracid
16/03/2018 à 12:31

Vivement le 21! Sinon vous devriez faire un article Oriol Paulo. "El scuerpo" et surtout contratiempo ( invisible guest en anglais dispo sur netflix) sont vraiment des thrillers exceptionnels.Nettement au dessus de que dios nos perdone à mon gout (bien fait mais tres classique) Et c'est même lui qui ecrit les scenar (dont les yeux de julia qui etait bien retors) :)

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