Wonder Wheel : critique d'une roue qui ne tourne plus

Simon Riaux | 25 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 25 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

À la manière d’un parfait métronome, alors que souffle un vent de polémique qui menace la fin de sa carrière, Woody Allen, tel un imperturbable métronome, nous propose Wonder Wheel, son nouveau film, situé dans les années 50 ? AU CŒUR DE Coney Island.

 

SAME OLD, SAME OLD

Ceux qui se demandent encore pourquoi ils suivent la carrière ronronnante du réalisateur ne trouveront ici rien de neuf sous le soleil. Cette histoire qui mêle timidement triangle amoureux et film noir avance toujours en terrain balisé. Nous suivons Kate Winslet, femme blasée par une existence qui l’aura poussée à abandonner ses rêves d’actrices pour vivre avec un mari qu’elle n’aime plus. Alors qu’elle entame une liaison avec un jeune surveillant de baignade et poète, la fille de son époux réapparaît, des gangsters aux trousses.

 

Photo Justin TimberlakeJustin Timberlake

 

Des frustrations mal digérées, en passant par les amours mourant ou la fausse candeur de la jeunesse, les thématiques gentiment misanthropes du metteur en scène ne se renouvèlent quasiment pas. A moins d’aimer s’y plonger avec gourmandise ou mélancolie, difficile de ne pas rester à la porte de cette énième répétition d’un geste de cinéma indiscutablement maîtrisé, mais dont l’énergie vitale paraît s’être retirée.

De même, on s’étonne de voir des comédiens de la trempe de Justin Timberlake ou Juno Temple manquer curieusement d’énergie, se mouvoir comme au ralenti, incapables de trouver le tempo de Wonder Wheel. On en vient progressivement à se demander si le cinéma de Woody Allen, à force de se rétrécir, ne serait pas devenu hermétique, non seulement à la majeure partie du public, mais également aux jeunes comédiens qu’il intégrait jusqu’à tout récemment avec une aisance d’une éclatante élégance.

 

Photo James BelushiJim Belushi

 

QUELQUE CHOSE DE TENNESSEE

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans le film, loin de là. Vittorio Storaro retrouve Allen après Café Society et le directeur de la photographie accomplit une nouvelle fois un travail remarquable. L’image du film est resplendissante de bout en bout, déployant une gamme de textures, de couleurs et des teintes qui confinent régulièrement au sublime.

Allié au texte d’Allen et à la direction artistique, il compose un univers qu’on jurerait sorti d’une rêverie de Tennessee Williams et dans lequel évoluent avec grâce Kate Winslet et Jim Belushi. Tour à tour pathétiques, frustres, empêtrés dans leurs contradictions, ils nous offrent deux prestations par endroit incandescentes. Pour qui n’en attend pas autre chose qu’un songe nostalgique, Wonder Wheel recèle assez de pépites cinéphiles pour s’y perdre plaisamment.

 

Affiche

Résumé

Pour qui n’en attend pas autre chose qu’un songe nostalgique, Wonder Wheel recèle assez de pépites cinéphiles pour s’y perdre plaisamment.

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commentaires
STEVE
04/02/2018 à 22:59

Pas son meilleur mais film plaisant, comme (presque) toujours chez ce cinéaste.

Tracid
25/01/2018 à 22:09

Oui, quel immense film the age of shadow. Y a d'autres grands films coréen comme the assassination ou l'immense the tiger qui n'ont pas eu droit à une critique. Ni meme l'accusé (contratiemo) dispo sur net flix rt sui est l un des plus grands thrillers de ces dernieres années...

Sharko
25/01/2018 à 19:16

Nathalie Portman avait donc raison. Woody Allen est un cinéaste du passé. Je me demande pourquoi Amazon a décidé de financer ses films alors qu' il existe des réalisateurs qui mériteraient d’être plus mis en avant comme ils l'ont fait pour James Grey.

H.S.: Allez-vous faire une critique du nouveau film de Kim Jee-woon(Le Dernier Rempart, J'ai rencontré le Diable,...), The Age of Shadows. Il vient de sortir en DTV/VOD et il n'y a même pas de fiche du film sur le site.

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