Leatherface : Critique morcelée

Simon Riaux | 29 décembre 2017
Simon Riaux | 29 décembre 2017

Alexandre Bustillo  et Julien Maury comptent parmi les réalisateurs de cinéma de genre hexagonaux les plus prolifiques et les plus discutés. De À l'intériuer jusqu'à Aux yeux des vivants, en passant par Livide, ils ont composé une filmographie en forme de déclaration d'amour à plusieurs sous-genres légendaires. Après s'être cassés les dents sur un remake abandonné d'Hellraiser, c'est donc sans trop de surprise qu'on les retrouve aux commandes de ce prequel de la saga Massacre à la tronçonneuse. Disponible le 2 janvier en DVD et Blu-ray.

SUICIDE A LA TRONÇONNEUSE

Leatherface s'inscrit dans un contexte difficile. En effet, le film vient s'ajouter à la désormais longue liste d'extensions d'une saga séminale, initiée par le récemment disparu Tobe Hooper. Quelque soit l'affection que l'on portes aux métrages qui constituent la galaxie Massacre à la tronçonneuse, aucune des suites, remakes ou prequels venus se greffer à cette fresque putrescente n'ont égalé les deux premiers chapitres, et ne peuvent en aucun cas prétendre arriver au niveau du premier film, chef d'œuvre organique qui aura durablement révolutionné le cinéma et le cinéma de genre en particulier.

C'est donc fort d'un héritage à la fois cosmique et infâmant que nous arrive le film. Et à la réflexion, aller chercher deux metteurs en scène français pour injecter du sang neuf à une franchise qui en a bien besoin était sur le papier une excellente idée, qui avait par exemple réussi à La Colline a des yeux, qu'un regard neuf par Alexandre Aja avait propulsé au sommet du box-office, tout en en renouvelant intelligemment la mythologie. Ce n'est malheureusement pas ce qui se passe ici.

 

 

Comme dans Aux yeux des vivants, où déférence absolue envers des modèles et anglo-saxons, écriture maladroite et tournage voyant en Europe de l'Est faisaient très mauvais ménage, on a ici toujours l'impression que le métrage se cherche, entre hommage et usage stérile de figures imposées. Trop souvent, on a le sentiment que les deux cinéastes jouent à faire un film de redneck, plus qu'ils ne parviennent effectivement à investir le propos. Les personnages, leur caractérisation et leurs réactions, sont souvent grossiers, à l'image de ce groupe d'asociaux censés "accoucher" de Leatherface, dont on ne saisit jamais les motivations, ni ne comprend quels enjeux dramatiques les liens.

 

Photo James Bloor

Du redneck en veux-tu en voilà

 

INTÉRIEUR CUIR

Le récit est alors condamné à reproduire ce que ses modèles ont accompli (en mieux). En témoigne le personnage de Stephen Dorff, qui intervient bien tard dans le récit, paraît très peu investi, et souffre d'une sous-écriture qui empêche parfois très concrètement de comprendre s'il interprète simplement un shérif dépêché sur une enquête abominable ou un proche d'une victime. Il en va de même pour tous les autres protagonistes, que le scénario agite sans franchement donner aux comédiens suffisamment de matière pour les incarner.

 

Photo

Oh, la belle moustache

 

Plus embêtant : on en vient rapidement à se demander quel est véritablement le statut du film, qui n'adresse pas franchement son sujet avant son dernier tiers, préférant tourner autour. Mais les mésaventures d'une poignée de demi-dégénérés, d'une infirmière en goguettes et d'un ado perturbé ne possèdent ni l'éclat poisseux, ni la puissance dramatique, nécessaires pour nous coller à l''écran.

Reste que Bustillo et Maury (qui n'ont pas eu le final cut), demeurent d'excellents artisans du cinéma gore. Dès que les situations s'énervent, qu'il est question de répandre de la viande sur les murs, ils font preuve d'une radicalité et d'une inventivité bienvenues. Mais ces passages sont bien trop rares et ponctuels pour séduire durablement ; tout juste se surprend-on à espérer que le duo de metteurs en scène s'attèle à des projets plus légers et moins casse-gueules thématiquement, histoire de nous offrir une bonne grosse rasade d'hémoglobine.

 

Photo

 

Résumé

Un film qui joue avec l'idée des origines de Leatherface mais n'ose jamais franchement les aborder, et nous offre une livre de chair, sanglante mais trop chiche. Disponible le 2 janvier en DVD et Blu-ray.

commentaires

TINEUME
29/08/2018 à 11:01

A VOIR LE SOIR TRANQUILLE

Pascal Legetimenmus
30/12/2017 à 13:34

Maurillo et Busty, le duo de choc de français qui aligne les daubes, et c'est de de pire en pire. Apprenez leur à écrire des scripts, déjà, et on en reparle.

Geoffrey Crété - Rédaction
29/12/2017 à 19:35

@Hmz

Au PIFFF vu le film a été.

Hmz
29/12/2017 à 19:23

Visualiser l'avez vu le film sur quoi

Alcatrazz
29/12/2017 à 18:43

Encore un beau foirage que cette resucée de TCM! J'en n'attendais pas grand chose après avoir vu la bande annonce, mais là c'est le bouquet! Ah on est loin mais alors très très loin de l'ambiance poisseuse de l'illustre film original (qui, rappelons le, ne comportait quasiment aucune scène gore).
Tout est mauvais, les acteurs, l'ambiance fausse,la musique (beurk), la photo (pour l'ambiance année 50/60, on repassera), les scènes "gores" mille fois vues (en mieux) et l'histoire qui est complètement débile!
On était sensé voir la genèse de Leatherface, on se retrouve devant une sorte de remake de remake de remake sans aucun sens.
Je me demande ce que Bustillo et Maury sont allé foutre dans ce merdier!
Qu'on foute la paix définitivement à cette "franchise", pensée émue à Tobe Hooper qui heureusement n'aura pas à se farcir cette énième humiliation.

Pinhead
29/12/2017 à 18:37

C'est surtout le Hellraiser de Laugier qui faisait rêver ... Bref ... Bon ca n'a rien à voir je sors

Jbolin
29/12/2017 à 17:40

Une fois n'est pas coutume, je trouve ECRAN TOTAL plutôt sympa pour une fois, voire trop !

Car le film est super naze : aucun sentiment de frayeur, scénario décousu, problème de ton (rien n'est homogène)... etc.
Une super daube, et le pire film de la saga / franchise pour moi !

Geoffrey Crété - Rédaction
29/12/2017 à 17:16

@evaman10 @stanley

Ok on va taper le rédacteur dans ce cas, le vilain. Merci.

stanley
29/12/2017 à 17:03

ha!ha!ha!..assez d'accord ..le choix de l'image , c'est bien joué !!!....dejà que le twist est long a venir dans le film , mais là , au moins , avec ce choix , vous faites gagner 1 h de métrage aux futurs spectateurs......

evaman10
29/12/2017 à 16:12

Mmmh, pas forcément d'accord avec vous, mais l'image qui accompagne l'article et qui spoile joyeusement l'un des retournements du film, ce n'est sans doute pas idéal.

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