Ferdinand : critique vache

Alexandre Janowiak | 20 décembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Alexandre Janowiak | 20 décembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Carlos Saldanha revient sur le grand écran avec Ferdinand. Après les trois films L'Âge de glace, Rio et Rio 2, le réalisateur brésilien reprend du service pour la Blue Sky, la filiale animation de 20th Century Fox, avec ce film tendre sur la vie d’un taureau pas comme les autres.

PACIFIC BULL

Ferdinand raconte l’histoire d’un taurillon destiné à devenir un taureau de combat espagnol. Cependant, à l’inverse de ses congénères, le jeune animal préfère sentir les fleurs et pratiquer la non-violence que s’imaginer affronter un matador dans la célèbre arène madrilène. Sa singularité va alors le mener dans de folles aventures à travers tout le pays.

Contrairement à ses dernières réalisations, Carlos Saldanha n’a pas écrit Ferdinand. Le film d’animation est adapté d'un roman : L’histoire de Ferdinand signé Munro Leaf et publié en 1936. Le bouquin avait d’ailleurs déjà fait l’objet d’une adaptation. Walt Disney avait en effet réalisé le court-métrage d’animation Ferdinand le Taureau en 1938 et avait reçu l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation pour l’occasion. Si l'histoire de Ferdinand se base donc en grande partie sur un roman, le cinéaste brésilien modernise cependant le récit original en le transposant dans l’Espagne contemporaine.

 

PhotoUn gentil taurillon amoureux des fleurs

 

OLÉ, OLÉ

Dans sa construction, Ferdinand n’a rien d’un grand film d’animation. Le récit est classique, les péripéties plus ou moins attendues, le suspense absent et le final attendrissant des moins originaux. Le long-métrage recèle tout de même de nombreuses séquences amusantes voire entrainantes comme lors d’une battle de danse entre taureaux et chevaux au centre du film. Il est d’ailleurs regrettable que le réalisateur, à l'image de ses Rio et Rio 2, ne se soit pas plus servi de la musique pour dynamiser son récit tant les scènes musicales sont les plus réussies.

De plus, le film est une véritable prouesse techniquement parlant. La reconstitution de Madrid et de l'arène de la capitale espagnole dans le climax final est extrêmement impressionnante. La course-poursuite en voiture entre animaux et humains est également magnifiquement orchestrée et renferme de très bonnes idées de mise en scène.

 

PhotoLa battle de danse, meilleure scène du film

 

Ce qui fait le charme de Ferdinand reste avant tout l’amour que porte Carlos Saldanha à ses personnages et le propos qu'il souhaite faire passer à travers son film. Comme le réalisateur brésilien l’expliquait en interview : « Il ne faut pas juger un livre d’après sa couverture. Ferdinand est un taureau grand, gros et imposant. Les gens pensent donc qu’il est féroce alors qu’à l’intérieur, il est doux. » Sans être moralisateur, Ferdinand s'attaque ainsi aux préjugés physiques, plaies d'une société des apparences dont les conséquences sociales sont trop souvent négligées.

Si l'intention est belle et tendre, d'un autre côté Ferdinand manque pourtant cruellement de profondeur sur d'autres sujets. Là où le réalisateur aurait pu prendre une position forte sur la corrida, le végétarisme (lors de la séquence à l'abattoir) ou globalement sur la condition animale et en particulier celle des taureaux - dont le destin se résume finalement à l'abattoir ou à la corrida -, il se contente de lancer des pistes de réflexions qui tombent à plat. Dommage.

 

Affiche française

Résumé

Ferdinand est une jolie comédie d'aventure dénonçant la société des apparences mais manque cruellement de scènes emblématiques et de prodondeur pour marquer durablement.

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(3.5)

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commentaires
Rorov94
21/12/2017 à 09:16

A regarder en mangeant une entrecôte!

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