John Wick : Parabellum - critique avec des trous de balles

Simon Riaux | 13 mai 2019 - MAJ : 08/09/2019 22:31

Après avoir vengé son chien puis retourné le monde clandestin qu'il quitta jadis dans le premier volet, John Wick voit sa tête mise à prix dans John Wick 2. Le tueur surdoué interprété par Keanu Reeves parviendra-t-il à trouver la paix à l'issue de Parabellum réalisé par Chad Stahelski ?

photo, Keanu Reeves
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UN TUEUR SOUS INFLUENCE

Le précédent chapitre des aventures de John Wick s’ouvrait sur un plan en forme de note d’intention. Une rue richement éclairée accueillait une projection sauvage d’un film de Buster Keaton, brusquement interrompue par le dérapage chaotique d’une moto, bientôt suivie de son propriétaire, puis d’un John, pantin surarticulé en quête de vengeance. Toute l’ambition cinéphile, tout l’amour des corps en mouvement de Chad Stahelski tenait dans cette ouverture gourmande.

De retour au poste de metteur en scène, le cinéaste reproduit ce dispositif, embrayant quelques minutes à peine après la conclusion de John Wick 2. Nous retrouvons Keanu Reeves, hagard et à bout de souffle, évoluant péniblement sous une pluie battante, constellée d’éclats de néons fluorescents, alors que des hordes d’assassins s’apprêtent à exécuter la sanction d’excommunication dont il a été frappé.

Sitôt John Wick : Parabellum entamé, le doute n’est plus permis : nous irons en terres asiatiques, ainsi que le promet cette équation qui invite à bord aussi bien John Woo que Johnnie To, les combattants de The Raid que les ruelles saturées de Blade Runner.

 

photo, Keanu ReevesKeanu Reeves se mouille

 

Une promesse honorée via une première demi-heure en tout point prodigieuse. Les amateurs auront dès les bandes-annonces reconnus un hommage évident à The Villainess, il ne s'agit là qu'une des révérences les plus sobres de l'aventure, qui n'hésite pas lors de son final épuisant à piocher avec fièvre dans les délires les plus cramés du jeu vidéo à l'ancienne.

Entre un décor qui évoque clairement les décors finaux de plusieurs Streets of Rage et des adversaires qui rappelleront aux joueurs de la saga Uncharted la sueur froide de croiser un flingueur blindé, tout est fait pour continuer de renouveler la franchise, désormais en perpétuelle surtension.

 

photo, Keanu ReevesUn Keanu mouillé, c'est un Keanu heureux

 

MON WICK ET MON COUTEAU

La complexité des chorégraphies atteint ici un degré inédit au sein de la saga, le film s’évertuant perpétuellement à casser leur routine, renouveler leur rythme, cassant leurs règles en transformant soudain l’environnement, ou l’armement des protagonistes. Preuve en est avec l’injection brutale et réussie de quantité d’armes blanches, couteaux et sabres en tête, qui renouvellent totalement la manière dont John doit appréhender le décor, évoluer et massacrer ses adversaires.

 

photo, Keanu Reeves, Halle BerryUne alliée aux dents acérées

 

Le plaisir retiré de cette première immersion au cœur de la violence est incommensurable. Le moindre geste se fait dévastateur, chaque éventration réjouit, le moindre œil arraché éclabousse l’écran de grosses gouttes de bonheur.

Aussi généreux cinéphage (il ne situe pas un pan essentiel de l’histoire à Casablanca pour rien) que technicien accompli, Stahelski ose se mettre systématiquement en danger, alors que ses scènes d’action versent progressivement dans la folie pure, mêlant mouvements de caméra millimétrés, cascades délicates, interactions innombrables entre premier et second plan, le cinéaste n'hésite jamais à remanier styles et approches, générant toujours autant d'admiration plastique que de sincère surprise.

Décidé à repousser toutes les limites humaines de la baston, Keanu Reeves fait feu de tout bois afin de régler la question de la surpopulation terrestre en deux petites heures. Entre ses mains, la mort se fait festival cartoonesque et gorasse, à l’impeccable inventivité. Qu’il démastique une mâchoire à coup de bouquin, exfiltre un cerveau grâce à des sabots ou rappelle à la population marocaine que le berger allemand n’est pas le meilleur ami de l’homme, Wick fait couic.

 

photo, Keanu Reeves"J'ai dévoré cette édition"

 

STOP OU ENCORE

Si on tient avec Parabellum l’épisode le plus incroyablement spectaculaire et revigorant de la franchise, c’est malheureusement la première fois que cette dernière flanche franchement d’un point de vue narratif. Arrivé à la moitié du métrage, Chad Stahelski n’a plus rien à raconter, et a le plus grand mal à le dissimuler.

Alors que notre héros décide de se confronter aux maîtres de la Grande Table, un constat amer se fait jour : non seulement le but, le fonctionnement et la raison d’être de l’organisation sont incompréhensibles, mais la bêtise des personnages devient rapidement le seul moteur de l’action.

Comme pour bien nous signifier l'inanité de ce qui fait office de scénario, chaque personnage secondaire, aussi réussi et haut en couleur soit-il, finit éjecté du récit, ou traité comme un fusible narratif encombrant. Anjelica Huston est réduite à un dialogue magnétique et une pirouette en forme d'hommage à Only God ForgivesHalle Berry pulvérise l'écran avant d'être réduite à un rôle de GPS de luxe, quant à Jerome FlynnSaïd Taghmaoui et Laurence Fishburne, le script les traite avec le respect d'un labrador en surpoids pour un lampadaire au soleil.

 

Photo Laurence Fishburne, Ian McShaneOn imagine leur tête en lisant le scénario

 

Dès lors, le film laisse une place inédite à l’humour, voire à l’auto-parodie. Le personnage de vengeur incarné par Mark Dacascos se transforme progressivement en Bozo le clown, Keanu Reeves multiplie les clins d’œil au public, jusqu’à l’ultime séquence, en forme de gag qui piétine de manière embarrassante la progression des deux précédents chapitres.

Mais ce qui laisse définitivement un goût amer, c’est l’absurdité avec laquelle le personnage de Ian McShane est traité, transformé en cheville scénaristique dépourvue de logique ou de sens au nom d'un twist salement foireux. Chad Stahelski avait tout le talent pour conclure son opéra meurtrier en apothéose, Mais John Wick : Parabellum préfère se muer en simple épisode, plaisant mais vain, au sein d'une franchise au potentiel tentaculaire.

 

Affiche française

Résumé

L'épisode le plus hallucinant de la saga en termes d'action se révèle aussi le plus faible sur le plan dramatique. Mais John Wick : Parabellum n'en demeure pas moins un euphorisant cartoon gorasse.

Autre avis Geoffrey Crété
Ça ne raconte vraiment plus rien, mais ça le fait plutôt bien. Gigantesque bande demo à la gloire des cascadeurs, John Wick 3 est simplement un festival de bastons bien éclairé, une danse interminable mais généreuse. On peut trouver ça parfaitement vain, mais on peut aussi s'y amuser. Un peu.

commentaires lecteurs votre commentaire !

pepe
25/08/2019 à 02:06

Alors j'ai lu les commentaires mais on n'a pas vu le même film. Il m'a CV semblé long, ennuyeux, pauvrement chorégraphié (quasi toutes les scènes de baston sont assez lente et c'est bien visible voir embêtant), on dirait que John a bien vieilli depuis le 1er (mais heureusement car ses ennemis aussi)

De loin le plus mauvais, et en effet le 1er reste le meilleur, noir classe et nerveux à souhait ! :-)

David caron
15/07/2019 à 15:09

Sortit au mois de septembre en blue ray je l'ai pas vue mais c'est sur sacré john wick dommage que equalizer 2 ne suivent pas le mouvement

Ronnie
20/06/2019 à 10:25

En un mot : Incroyable ! quelle film d'action peut s'assoir à la table de John Wick en ce moment ? Narration très limité pour Wick mais il tue tout le monde c'est bien suffisant ^^ les scènes d'actions sont assez ouf et bien filmé, une pointe d'humour avec les chinois. J'ai aussi apprécié les références à son passé qui mériterai un préquel. 5/5 pour un film d'action.

Marc
18/06/2019 à 20:32

John Wick Parabellum je l'ai vu il y quelques semaines je me souvient encore de certaines scènes, ce film est incroyable j'ai vu des clin d'œil à Clint Eastwood à Bruce Lee à ce cinéma d'action qui tape dans la gueule et sa fait mal !

charkov
17/06/2019 à 01:01

excellentissime de bout en bout..........

Azzu
13/06/2019 à 23:13

Franchement déçu, je ne suis pas sorti diverti. En plus l'épisode n'apporte rien : on peut l'effacer et passer au 4 quand il sortira c'est pareil.
OK il y a des scènes d'actions cool mais Il faut 1 h de fight et d'introductions de personnages secondaires pour placer un contexte évolutif. Je ne suis jamais rentré dedans tellement ça manque de logique. En plus le tout premier combat, à la bibliothèque est bourré de défauts de chorégraphie.

Ça parle de règles mais au final un bon vieux "tue ce mec pour moi" sert visiblement de bonne monnaie d'échange. 2/5

Salut
12/06/2019 à 00:54

J’ Hate de voir si je me fi au commentaire des autre ca va bouger pas a peut près il va i avoir de l’action

Marc
24/05/2019 à 20:48

Les points que j'ai apprécié les combats les clin d'œil à MATRIX le retour du duo Morpheus et Neo , John Wick le meilleur film d'action dans le genre . Le combat de fin trop long.
Foncer le voir !

Solo
24/05/2019 à 14:30

Quel film mes amis du jamais vu une inventivité hors norme la scène de la bibliothèque est remarquable aucun ralenti jets d'armes blanches a vitesse réelle mais comment font'ils? bravo aux dresseurs de chiens ,et mention spéciale a halle Berry et Keanu Reeves vivement le bluray.

Shadow
22/05/2019 à 19:27

Le premier restera le meilleur.

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