Glass : critique pas Incassable du tout

Geoffrey Crété | 16 novembre 2018 - MAJ : 09/12/2019 12:15

Plus de 15 ans après IncassableSplit est venu ouvrir une brèche dans le cinéma de M. Night Shyamalan pour créer un univers peuplé de surhommes, avec James McAvoy qui croisait la route de Bruce Willis. Une rencontre qui annonçait un affrontement, lequel s'appelle Glass, en référence au personnage de Samuel L. Jackson. C'était l'un des gros événements de 2019, et ce n'est pas vraiment à la hauteur.

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LES INDESTRUCTIBLES 

Depuis que les notes du thème d'Incassable composé par James Newton Howard ont résonné à la fin de Split, pour annoncer l'apparition de Bruce Willis, bien des esprits se sont échauffés. En quelques instants, M. Night Shyamalan a créé un pont entre ses films, pour que La Bête cohabite avec David Dunn alias l'homme incassable, et Elijah Price alias Mister Glass, dans un univers où l'équivalent de super-héros et super-vilains émergent parmi les hommes. 

Glass (le dernier mot prononcé dans Split) marque la rencontre officielle entre les trois personnages incarnés par Bruce Willis, Samuel L. Jackson et James McAvoy, ainsi qu'une réaction claire à la vague de films de super-héros qui inondent les écrans. C'est largement assumé à l'écran, puisque le trio est enfermé dans un hôpital psychiatrique, sous la surveillance d'une psychiatre (Sarah Paulson) spécialisée dans la mégalomanie qui pousse des gens fragiles à se croire extraordinaires, comme dans les comics.

Autour de cet asile, il y a le fils de David Dunn (toujours interprété par Spencer Treat Clark), Casey (Anya Taylor-Joy) et la mère d'Elijah (Charlayne Woodard), plus ou moins utiles à l'histoire. C'est bien là le problème : si Glass a pour ambition de créer une alternative plus noble au genre, et ouvrir en grand les portes d'un univers original, il semble se perdre en cours de route.

 

photo, James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. JacksonUn décor amusant mais qui dénote

 

LES BELLES ET LA BÊTE

Si Glass porte le nom de scène d'Elijah, le personnage de Samuel L. Jackson mettra du temps à apparaître et s'activer. Le récit s'ouvre ainsi sur Kevin et ses personnalités, encore une fois en plein kidnapping, tandis que le film présente un David vieux et veuf, devenu un "vigilante" option kit mains libres, assisté par son fils. Passé cette introduction qui sert à les réunir, le film erre dans un flou narratif. M. Night Shyamalan semble incapable de manier ces trois figures charismatiques et extraordinaires, et jongle avec elles sans direction solide.

C'est le véritable problème du film : son incapacité à créer une dynamique autour des personnages, qui cohabitent sans vraiment coexister, et semblent parfois être dans des films différents. L'idée excitante de les réunir afin de dessiner plus précisément cet univers aux frontières du réel a beau être là, elle n'est touchée que du bout des doigts jusqu'à la fin du film, quitte à remplir une heure d'à peu près rien.

Quand vient le grand climax, c'est là encore un arrière-goût de rendez-vous manqué. M. Night Shyamalan a un talent certain pour ce qui est de créer du sens profond dans ses histoires, et connecter les points jusqu'à révéler au spectateur une vérité cachée dans le tissu de la réalité. Dans Glass, le mouvement est le même, mais le coeur n'y est pas. Les petits twists (au mieux faciles, au pire ridicules) sont amenés de manière grossière et théâtrale, alors même que le film lutte pour décoller. L'envol est stoppé net et le cinéaste semble saboter lui-même son édifice.

 

photo Le mystère Glass

 

AFTER NIGHT 

Si le réalisateur de Sixième SensSignes et Le Village a ses détracteurs, devenus de plus en plus féroces avec La Jeune fille de l'eau et Phénomènes, difficile de ne pas saluer ses talents de conteur et filmeur. Avec un sens du cadrage, du rythme et du découpage parfois inouïM. Night Shyamalan a su inviter le spectateur à visiter des univers au-delà du réel. Mais s'il a de toute évidence repris le contrôle de sa carrière suite au Dernier Maître de l'air et After Earth, il n'a pas retrouvé le panache et la finesse de ses meilleurs films.

Glass en est l'illustration la plus spectaculaire, puisqu'il renvoie directement à Incassable. Comparé à cette merveille d'épure, de précision et de maîtrise, ce troisième volet semble avoir été filmé et écrit par un autre. Il y a bien ça et là des plans impressionnants, des effets parfaitement orchestrés et un sens de la mise en scène omniprésent, mais nulle trace de cette grandeur solennelle et magique, où l'auteur semblait en pleine maîtrise de ses moyens.

C'est particulièrement flagrant dans la dernière ligne droite, où le cinéaste rassemble tous les ingrédients nécessaires sans parvenir à créer un climax réellement palpitant et satisfaisant. Qu'il ait recours à des effets de montage très simplets témoignerait presque d'une perte de foi en son spectateur et son propre cinéma. De la part d'un cinéaste qui a tant soigné la suspension d'incrédulité par le passé, avec un sens du détail flamboyant, c'est suffisamment flagrant pour être un problème.

 

photo, James McAvoy, Anya Taylor-Joy La Bête et la Belle

 

PHENOMÈNES DE FOIRE

L'harmonie manque cruellement à Glass, à tous les niveaux. James McAvoy plonge tête baissée dans une performance à multiples visages, tandis que Bruce Willis reprend sa plus belle mine grise et sérieuse, sans qu'aucun des deux ne parviennent à trouver l'espace pour véritablement exister. Ce n'est guère mieux du côté de Samuel L. Jackson, qui oscille entre ces deux pendants. Tous les autres personnages, de la nouvelle arrivée Sarah Paulson à Anya Taylor-Joy, sont accessoires, et à peine caractérisés. Chaque pièce semble avoir été posée dans un dessein global qui ne prend pas forme à l'écran, ou du moins jamais avec l'ampleur nécessaire.

 

photo, Samuel L. Jackson"J'ai les moyens de vous faire m'écouter"

 

Le décor lui-même semble hésiter entre quelque chose de terre-à-terre et une direction très série B, avec quelques éléments qui dénotent (la fameuse pièce rose, aussi absurde que stylisée) dans un cadre sinon très fade. La cohérence interne est plus que douteuse, les défenses et le personnel mis en place face à la Bête et David étant parfaitement grotesques, tandis que la conclusion vient fragiliser encore plus la mythologie en voulant la nourrir - de manière un brin grotesque.

Et ce n'est pas le discours méta sur les super-héros, trop lourd et répétitif pour le bien du film, qui viendra aider le récit à être à la hauteur. Quand arrive la fin, il y a bien quelque chose de beau qui se passe, et donne à Glass une dimension fabuleuse. La curiosité de voir où l'histoire pourrait continuer est là. Elle rappelle justement la mode des films de super-héros, visée par le film. Ou comment être pris à son propre piège.

 

Affiche française

Résumé

Glass a des ambitions évidentes et excitantes, mais aussi de grosses lacunes en terme d'écriture, et ne parvient jamais à donner du sens et de l'ampleur à la rencontre de ces trois personnages hors-normes. Et si la mise en scène de Shyamalan reste solide, le film laisse regretter la maîtrise et la précision de ses premiers films - notamment Incassable.

Autre avis Alexandre Janowiak
Shyamalan prouve définitivement qu'il est un cinéaste vain dont toute la simili-once de génie qui saupoudrait ses premiers films a clairement été soufflée par sa grande bêtise et sa fausse subtilité. Glass-ant de nullité (tout comme cette vanne on est d'accord mais bon).

commentaires lecteurs votre commentaire !

Flo
31/01/2020 à 12:44

« InGlassable ? »

Il y a 20 ans, Bruce Willis prenait son son aile un jeune réalisateur inconnu au script surprenant… ainsi qu’un jeune médium aux capacités étonnantes, dans « Sixième Sens ». ????
Puis renouvelait sa confiance avec un faux-film jumeau, « Incassable ». En fait une Origin Story super héroïque (et de super vilain l’affrontant) au rythme lent, dramatique, à l’esthétique sobre Hitchcocko-Kubriquienne, carburant aux éléments narratifs… mais compensant avec une interprétation superbe, une composition de plans subtile et une musique grandiose…
Pas étonnant que le public n’ait pas compris de suite: ce film était en avance sur Tout en tant qu’écriture post-moderne proto-Nolanienne (et encore, on a coupé dans les sous-intrigues et traits d’esprit pour mieux l’alléger)…
Les X-Men (Modernes) venaient à peine de placer leurs pions sur l’échiquier, pendant que Spider-Man (Classique) préparait doucement à exorciser le 11 Septembre de manière bien rassurante…
M. Night Shyamalan, lui, avait compris avant tout le monde vers quoi on se dirigeait… à moins qu’il n’ait influencé des réalisateurs dans son sillage ? Peu importe, pendant que les héros surgissaient sur grand écran avec des CGI enfin à leur mesure, pour se confronter au Monde, ou interroger la marche du Monde… le film « Incassable » était peu à peu compris du Public (même encore maintenant), construisant son Culte indémodable, apparaissant moins « fumeux » que le reste de la filmo de Shyamalan, se dupliquant même là où ne l’attendait pas stylistiquement parlant – « Les Indestructibles », la série tv « Heroes » (très très inspirée), « Super », « On l’appelle Jeeg Robot »… pendant que l’omniprésence geek de Samuel L Jackson se consolidait encore plus… Et le déclin artistique de Bruce Willis de s’acter en même temps que le déficit d’image de Shyamalan.

16 ans plus tard, « Shyami » est depuis revenu de son statut de démiurge omnipotent arrogant, en nous revendant la même chose dans Split: horreur, drame, super capacités etc… mais un peu à l’envers, le super vilain émergeant en priorité par rapport à son antagoniste.
Et, à coup d’affiche avec un motif de verre brisé, de Kevin faisant référence à son père et un train, d’un gardien de zoo qui ressemble à Bruce Willis « mais non c’est pas lui »… puis du thème musical « du Danger » de David Dunn, et du caméo (trop poussif) de ce dernier…
Ben oui, c’était aussi une suite. Mais ce n’est qu’un Bonus pour initiés, rien de plus, le film fonctionnant à plein sans toutes ces infos en plus, nous donnant un autre film dans le film…

Alors, fallait-il aller jusqu’à continuer l’histoire, comme supposément prévue à une époque (le début des années 2000) où ça n’était plus du tout commun de construire une Oeuvre complète en plusieurs épisodes précis – ce qui était l’apanage d’un Lucas, avant que les Harry Potter, LotR et cie etc… ?
La question peut se poser tant Tout était dit dans les deux premiers films, sous fond de thriller surnaturel (la marque de fabrique de l’auteur)… l’un, finalement super héroïque, donc à base de teintes froides apaisantes, de cadrages impressionnistes, d’une ampleur progressive dantesque, jusqu’à sa musique magnifique…
l’autre étant son envers « dark », aux couleurs chaudes agressives, tout en huis-clos (la cache et l’emprisonnement étant associé au Mal), au sound-design bestial…
les deux d’intensité égale, et de forces physiques idem pour ses personnages principaux peut-on dire (avec une prédilection pour les prises d’étouffement par derrière)
Tout est dans leurs titres après-tout, faisant référence aux capacités du protagoniste principal de chaque films…

Et ainsi, un film s’appelant « Glass » est logiquement consacré au personnage lié à ce terme évoquant la fragilité en toutes choses, voir même le reflet « dans le verre »… même le terme utilisé en VF est parlant, « le Bonhomme qui Casse » évoquant aussi bien son état physique que les choses qu’il aime à détruire…
Ce qui en fait, de facto, plutôt la suite de « Split » que d' »Incassable »… un autre film de « super vilain », tout en huis-clos… même si le personnage de Samuel L Jackson/Elijah Price (plus impressionnant qu’à l’accoutumée) met beaucoup de temps avant d’apparaître vraiment dans l’histoire, de manière graduelle… Mais son lien avec les thèmes de la saga le fait hanter l’intrigue, le rend présent même si quand on ne l’y « voit » pas tant qu’on n’a pas passé la première heure du film.
Il est bien sûr le « reflet » de Shyamalan, démiurge agaçant, menant le récit d’un bout à l’autre avec l’envie de prendre de vitesse un spectateur qui en a vu bien d’autre… Le manipuler pour arriver au point qu’il a décidé, si controversé soit-il…

Techniquement, il convient de préciser que la mise en scène de Shyamalan dans le Fantastique doit finalement peu à ses maîtres revendiqués que sont Hitchcock et Spielberg… mais peut-être plus aux films « d’horreur » de Jacques Tourneur, reposant plus sur l’idée très réelle que le Surnaturel (« Supernatural » en anglais) n’existerait peut-être pas à l’état brut… mais qu’il serait en fait notre propre invention, naissant dans l’ombre et les hallucinations, jusqu’à devenir Réalité pour qui y croit trop…
C’est aussi le propre de l’Art et des fictions les plus réussies, d’arriver à vous faire croire que vous avez pu vivre un instant toute l’histoire comme si vous y étiez (même pas besoin de 3D, votre cerveau suffit)…
Et c’est le propos sur lequel repose grandement la filmo de Shyamalan, pas toujours digeste car énormément dialoguée…
Controversé car faisant aussi référence à la Destiné, au fait qu’il n’y pas toujours de Hasard en toute choses…
À la culpabilité du survivant (au « miraculé » on pourra même dire), au dolorisme physique et moral le plus profond comme moyen de se transcender, pour rééquilibrer la balance… histoire que quelque chose d’opposé et d »‘utile » en émerge…
Et aussi à la Foi la plus pure, quelque soit nos croyances personnelles – et le Cinéma comme les Comics peuvent eux aussi être équivalent à une religion…
Tout simplement, que l’on ait l’Oeuf ou la Poule en premier (Kevin créé-t-il la Bête en côtoyant des animaux sauvages au zoo, ou bien va-t-il travailler au zoo parce que la Bête est déjà en lui?): si on y croit à fond, de tout son coeur et sa souffrance… alors ça finit par devenir Vrai…
« Je ne suis pas une erreur, tout prend un sens maintenant » disait Elijah Price… « Croyez en la Bête » disait Kevin/Patricia dans « Split »…

Ceci étant posé, « Glass » se retrouve à n’être qu’une continuation façon « Crossover » de ce qui nous est connu maintenant comme « Réel », au sortir des deux précédents films…
Bruce Willis y assume tout autant son (regrettable) monolithisme en David Dunn/Superviseur , « mi-Superman mi-Batman », trop fidèle à ses capacités particulières pour avoir plus de dimensions, limité dans ses actions car il reste humain et tragique… au moins est-il juste dans son jeu. Et il a une belle cape flottante en contre-plongée.
James McAvoy y assume encore plus sa folie dissociative en Kevin/Horde/Bête/etc… « mi-Joker mi-Légion »… au point d’être quasiment un comique de service tant il pousse les curseurs bien loin de toute sobriété, qu’il faut absolument que toutes ses personnalités soient enfin vues… Bien que répétitif (y compris les transformations « Hulkiennes » en Bête), au moins il permet au récit de ne pas s’endormir.
Comme tout être surhumains, chacun a quasiment dépassé ses limites, il n’y a donc plus besoin de tricher sur ce peuvent ou pas les personnages, la beauté de l’Ambiguïté n’est plus, hélas…
Le dispositif super héroïque est assumé direct, à petit budget mais classique dans sa forme;
assez poussive (le caméo trop explicatif de Shyamalan) menaçant de faire basculer le film dans un autre style si ce n’était pas aussi dialogué;
utilisant des idées assez limitées (la musique ici a des airs de celui du film « Dunkerque »), mais souvent belles (les scènes coupées avec les acteurs plus jeunes sont un joli pied de nez aux rajeunissements numériques de Marvel)…
Arrive le moment où, par le biais du Huis-Clos, le film tente de faire un retour en arrière, de reconsidérer tout ce qu’on connait, de manière d’autant plus pénible que le personnage antagoniste au centre du récit, le Dr Ellie Stapple, donne l’impression d’avoir plusieurs métros de retard: elle réduit tous ces êtres à des « super-héros » plus que des « surhumains », caricature les fanboys en tant que simple consommateurs, elle ne parle même pas de la Bête comme étant du lycanthropisme, en terme médical…
Et qu’elle aurait juste besoin elle aussi d’avoir sa « grande révélation », à priori.

Ne pas croire que le film se contente alors de simplement reculer pour mieux sauter voir, pire, détruire tout ce qu’il a installé pour tous les fans (et il y en a beaucoup maintenant)… À l’instar de Star Wars les Derniers Jedi (on n’a pas fini de l’analyser celui-là, d’ailleurs beaucoup n’ont même pas encore commencé), cette prise de recul a un but plus philosophique qu’opportuniste, l’Oeuvre n’ayant plus grand chose à prouver une fois toutes les ficelles connues… Et se contenter de ne faire que du développement progressif d’éléments étant plus adapté à des séries qu’à des films… à moins d’avoir l’inouï équilibre dans le rendement d’un Marvel Studios, mais où l’Auteur Principal n’est plus le réalisateur.
C’est surtout qu’en ayant un point de vue plus extérieur, plus conscient des choses exposées, on peut ainsi dégager des couches cachées dans l’intrigue, creuser encore plus en profondeur les codes mis en scène que ce soit les cadres (l’utilisation des multiples caméras de sécurités formant des cases de comics), les symétries, les codes couleurs, les archétypes (auxquels viennent s’ajouter les révélations sur les proches de Stapple) etc…
Le risque étant d’être trop proche des travers du Batman de Nolan ou de la série Heroes, quand on passé un certains nombre d’épisodes: courir à nouveau après l’émotion quand celle-ci fonctionnait avec moins d’action à super pouvoirs…
Certains trouveront que « Glass » tombe là dedans… et ici, il est vraiment impossible de trouver une solution tranchée à ce cas.
Soit on est dedans, à suivre ces personnages avec l’empathie déjà gagnée précédemment.
Soit, non.

Du coup, si on met de coté, comme simple artifices, les twists dans le twists (du plus simple au plus complexe) qu’on a dans le film…
On a surtout dans « Glass », in fine, le combat de la Différence contre l’Ultra Conservatisme, ni plus ni moins…
La Clé est donné par Shyamalan en interview, toute simple: « Superman rencontre Vol au dessus d’un Nid de Coucou »… Si vous avez vu, au moins le film de Milos Forman, vous savez qu’il s’agit d’un Ode à la Liberté d’être et de penser pour les êtres les plus fragiles (innocents?), où le Bien se confond avec le Mal pour les Institutions les plus rigides, qu’ainsi il n’y a pas deux poids deux mesures pour eux… Forcément, alors que l’actrice Sarah Paulson va bientôt jouer dans une série sur la terrible infirmière Ratched de « Vol au dessus d’un Nid de Coucou », le parallèle est maintenant trop évident.
Comme il est tout aussi évident de penser à l’Ultra Puritanisme actuel du Monde, qui prend des contours de plus en plus énormes jours après jours (« on peut plus rien dire »)…
Mais surtout, qu’on peut raccorder avec l’histoire des comics via la censure subie dans les années 50… Les « émules » du Dr Wertham https://fr.wikipedia.org/wiki/Fredric_Wertham sont dans le collimateur du réal Shyamalan, et ils semblent sans limites eux aussi….

Alors, si par sa densité narrative compensant un déluge d’effets spéciaux, « Glass » peut se mettre thématiquement au niveau d’un « Captain America: Civil War », « Logan » ou « Avengers: Infinity War »… c’est pour mieux faire ressortir comme similarités une émotion terminale, teintée de la plus belle Mélancolie (les « sidekicks » des personnages sont comme les familles de victimes, qui finissent souvent par s’unir à cause de la douleur commune subit chez un proche)… Mélancolie qu’on retrouve aussi dans les meilleurs films de Shyamalan.
Vous avez de grandes chances de ne pas avoir trop la moral dans les jours suivants la vision de ce film, tant le Mal y semble plus puissant que le Bien, traîné dans la boue…

Mais il met également en scène un Amour déclaré pour le médium super héroïque, bien que dans un film pas vraiment super héroïque… Plutôt un film Dramatique avec des Méta Humains dedans (principalement des vilains, ayant plus d’interactions entre eux qu’avec le héros).
Avec bien sûr toute la Naïveté qu’on ne peut qu’attendre ici ou là dans ce genre d’histoire, et même des incohérences comme: quel age a vraiment Joseph Dunn ? d’où vient la broche « MG » de Elijah ? vous croyez que tout le monde va croire les vidéos ?
Qu’importe, c’est toujours la même chose: il y en aura toujours qui voudront y croire, en Bien ou en Mal. Surtout à une époque où « l’exagération de la Réalité » énoncée par Elijah Price est plus crédible.

Du coup, il n’y a rien d’étonnant à ce que ce film ne fasse pas consensus (jamais?) par rapport à « Incassable » ou même « Split », tant il ne peut faire appel qu’au ressenti personnel du spectateur, forcément différent pour tous à l’instant « T ».
Surtout avec un réalisateur au contrôle quasi absolu, ayant un Ego très sûr (on se rappelle du personnage du critique dans son film « La Jeune Fille de l’Eau »), pouvant se permettre ce qu’il veut car ce sont Ses personnages…
surtout aussi qu’on peut considérer que c’est un film fait de bribes, d’éclats épars attendant d’être recollés, en cela fidèle à son titre…
– et forcément irritant pour certain, « c’est pas du cinéma! » etc… comme s’il n’y avait qu’un seul type de cinéma, sans blague ???? –
Mais il s’agit d’une Oeuvre à priori Fermée, enfin… laissant le soin à notre imagination de raconter la suite comme on veut, de manière prévisible (après tout, tout a déjà été fait au Cinéma comme dans les Comics) ou pas.

Peut-être n’était-ce, comme dit à un moment donné, qu’une longue Origin Story..?
En tout cas, oui, il y avait bien du Coeur là dedans… Pour ses héros… comme pour ses Monstres.
???? ????

Bakounine
16/12/2019 à 17:29

@psychopassenger OK pour resumer vous n'avez absolument rien compris à Split. Sa beauté, sa profondeur, sa signification vous ont totalement échappé. Sniff...

RobinDesBois
18/11/2019 à 23:35

Je vous trouve bien difficile. C'est de très loin le meilleur film de super héros (Joker n'en étant pas vraiment un) de l'année et je dirais même des 3 dernières années. On a des beaux personnages et un dénouement émouvant. Certes incassable est au dessus mais la tendresse qu'a Shyamalan pour ses personnages est contagieuse.

Xprocessor
18/11/2019 à 16:59

Il faut surtout dire qu'incassable était juste une merveille de cinéma.
Shyamalan était, à cet époque, un conteur hors pair, un auteur directement connecté à la culture populaire et aux ancrages psychologiques d'une Amérique un peu perdue dans sa culture héroïque... Shyamalan était surtout une bête de cinéma (et oui je pênse vraiment ça) soucieuse de séduire l'esprit autant que l'oeil avec des films aussi étranges que Signs, le village ou encore et justement... incassable... alors forcément... cette suite foutraque et mal fabriquée ne pouvait que décevoir les fans originels... et cette fin ridicule.. oh mon dieu quoi...

glinglin
17/11/2019 à 18:18

Euh.... Ça fait un bail que Bruce Willis est en mode Poker Face. James McCavoy qui cabotine? T'es sur que tu ne confonds pas avec Mel Gibson :)

Glass est nul à chier mais de la à dire que Shyamalan ne maîtrise pas l'écriture ou qu'il ne sait pas tenir une caméra, faut oser tout de même.

Psychopassenger
17/11/2019 à 15:29

Le problème de ce film est qu'il ne respecte pas la règle d'or. Pas plus d'un cabotineur par film. Or là, c'est un record mondial, on en a trois ! Et des cabotineurs de compèts !

En plus Shyamalan ne sait pas réaliser une scène d'action, clairement. C'est d'une mollesse. Les super gériatrics.

Incassable reste un bon film de super-héros à petit budget, bien foutu, sans arnaque.

Split est un film avec du McCavoy dedans, c'est-à-dire du sur-jeu, des grimaces et des postillons. Ce truc à la fin, complètement artificiel, amené n'importe comment par Shyamalan pour créer une trilogie sans queue ni tête, a scotché tout le monde et mis les autres dans un doute embarrassant. Le problème c'est qu'une fois son petit effet passé, on se rend compte que le réal a pris son public pour un con.

Glass prouve que Shyamalan ne maîtrise pas l'écriture, en plus du reste et qu'il a eu une carrière sur un malentendu. Bon, à partir du "Village", ça sentait déjà le doute au fromage qui sent. Avec "La jeune fille de l'eau", le gars était tout nu et là on se serait crû dans un village de Noël avec les odeurs dégueulasses de vin chaud.

John connor 666
17/11/2019 à 11:40

Bon a part Sebastien , on est tous d'accord pour dire que le film est bien pourri

aqualand
17/11/2019 à 01:33

comment peut-on dire sérieusement que James Mc Avoy est un mauvais acteur?


la drogue c'est mal...

Ken
16/11/2019 à 21:32

Une débilité sans égal, film nul avec une histoire à dormir debout. Sans aucun intérêt ma note 1/10

Ben
16/11/2019 à 20:20

James Mc Avoy est vraiment un mauvais acteur! Il cabotine en permanence.... et dans tout ces films.
Bon Bruce Willis c’est pas mieux,

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