Mission : Impossible - Fallout - critique SuperCruise

Geoffrey Crété | 5 avril 2018 - MAJ : 07/04/2019 15:53

De Mission : Impossible de Brian De Palma à Mission : Impossible - Rogue NationTom Cruise a construit l'une des franchises d'action les plus solides, appréciées et importantes dans le paysage des superproductions. Avec un succès qui s'est confirmé voire amplifié (Mission : Impossible - Protocole Fantôme, le quatrième épisode, est le plus gros succès de la série), et des ambitions de plus en plus folles, le sixième opus était très attendu. Et ce Mission Impossible : Fallout avec également Henry Cavill et Rebecca Ferguson, dépasse tout ce qu'on espérait de lui.

Photo Tom Cruise
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MISSION (R)ÉVOLUTION

Rien que sur le papier, Mission Impossible : Fallout est différent. Première fois qu'un réalisateur est de retour (Christopher McQuarrie a réalisé Rogue Nation), première fois qu'un personnage féminin revient dans un rôle important (Rebecca Ferguson), première fois qu'un antagoniste est de retour (Sean Harris)... Ce sixième opus se pose comme un épisode charnière dans la saga lancée en 1996, et adaptée de la série culte des années 60. 

Et la nouvelle aventure d'Ethan Hunt est bien un moment à part dans la franchise, comme un épisode-somme qui clôt un long chapitre, panse quelques plaies symboliques et convoque à peu près tous les précédents films pour trouver un point d'équilibre spectaculaire. Entre le jeu de dupes à la De Palma (une référence discrète à Max est d'ailleurs glissée), le spectacle over the top à la John Woo (une scène d'escalade où la neige a d'ailleurs remplacé le sable) et la collision avec l'intime à la J.J. Abrams (Michelle Monaghan de retour pour plus qu'une petite apparition), Mission Impossible : Fallout a des airs d'apothéose apocalyptique, qui a puisé dans les cinq précédents films le carburant pour une aventure particulièrement tendue et satisfaisante.

 

Photo Tom CruiseA l'assaut de la montagne de mon ego

 

APOCALYPSE NOW 

Dès l'intro, qui ne ressemble à aucune autre de la saga, le film place l'idée que quelque chose va basculer. Et après cinq épisodes toujours plus extrêmes et sensationnels, Mission Impossible : Fallout ressemble à une course désespérée contre la mort et la fin, qui menace d'engloutir tout l'univers de l'increvable héros. Ce n'est pas un hasard si l'image d'une destruction totale encadre l'intrigue, de son ouverture à son climax.

Désormais fidèle à Tom Cruise puisqu'il a scénarisé Walkyrie, Mission : Impossible - Protocole Fantôme, Edge of Tomorrow et La Momie, en plus de réaliser Jack Reacher et Mission : Impossible - Rogue NationChristopher McQuarrie ne perd pas un instant pour expliquer la mission dans une scène d'exposition parmi les plus rapides et fonctionnelles de la série. Lorsque le générique est lancé après un beau clin d'œil au premier épisode, et que les premières scènes d'action défilent avec une violence et une ampleur étourdissantes, il semble clair que le film veut et va provoquer des sursauts et montées d'adrénaline fabuleuses.

 

photo, Henry Cavill, Tom Cruise3, 2, 1... sautez

 

McQuarrie et Cruise ne lésinent pas sur les moyens pour souffler une tempête électrique sur la rétine du spectateur, qui réévalue à chaque épisode les limites du corps et de la folie de l'acteur-star. Il suffira d'une chute libre intense au-dessus de Paris (une séquence visuellement bluffante) et d'une baston sévère dans des toilettes (une scène d'une brutalité irrésistible et étonnante) pour se souvenir que la saga a offert quelques unes des scènes d'action les plus grandioses du cinéma hollywoodien de ces dernières décennies, et n'est pas prête de s'arrêter. Ce sixième opus s'inscrit parfaitement dans cet héritage, et donne à la fois envie de retenir son souffle et de sourire de plaisir face aux cascades absurdes et hallucinantes.

La longue partie parisienne, qui freine l'aspect globe-trotter pour lancer un grand huit jouissif, est parmi les plus réussies du film. Ce désir d'étirer la partie de chasse que chacun tente de maîtriser, donne au film une énergie folle, et permet de définir les rôles et les rapports de force avec une efficacité flamboyante. Côté climax, la réussite est plus attendue mais tout aussi réjouissante, avec des hélicoptères utilisés comme des poings pour taper sur l'ennemi, avant une ultime chute destinée à devenir culte. 

Et si l'intrigue se révèle un peu maladroite au jeu des révélations à mi-chemin, le film se rattrape vite en accélérant le rythme et rebattant les cartes pour une dernière partie solide. Peu voire pas le temps de respirer : la machinerie apparaît plus huilée que jamais.

 

Photo Tom CruiseS'élever, chuter, se rattraper, survivre : le motif de Fallout

 

LA FUREUR DE VIVRE

Mission Impossible : Fallout montre là encore la capacité de la série à, non pas révolutionner le genre, mais à le remodeler à chaque épisode, et se construire autour de scènes d'action grandioses. Entre un Tom Cruise qui cherche constamment à s'élever en action man ultime tel Icare vers le soleil hollywoodien, et un savoir-faire technique proprement sensationnel, la franchise s'impose une nouvelle fois comme un parfait mélange d'action old school et de maîtrise moderne.

Ce qui frappe aussi, c'est la manière dont Tom Cruise se met en scène. Ce n'est pas anodin s'il a choisi Henry Cavill pour le suivre dans sa sixième mission : l'interprète de Superman dans Man of Steel et Justice League symbolise la nouvelle ère hollywoodienne, celle qui veut balayer les gloires d'hier.

Quand ce nouveau personnage d'agent est présenté, il est défini comme un surhomme destructeur, au service de la hiérarchie et contre lequel le héros ne peut rien. Ils sont les deux faces d'une même pièce, utilisée pour faire tourner la même machine. Henry Cavill est un bloc de muscles et de charisme, vingt ans plus jeune que Cruise, et la façon dont le film l'utilise prend un sens dans le contexte des super-héros et super-franchises, contre lesquelles Mission : Impossible se bat en salles.

 

Photo Henry CavillHenry Cavill, montagne de muscle et de charisme

 

Arrivé au sixième film, Tom Cruise, 56 ans, n'est définitivement plus le corps jeune, beau et porteur d'espoir. La scène dans les toilettes l'illustre avec malice. Mais il y a aussi l'idée que le héros, et l'homme, sont usés au plus profond d'eux-mêmes. Le Fallout du titre ("répercussions") parle d'une addition à payer, à tous les niveaux : la saga qui menace de tourner en rond, l'acteur qui vieillit mais n'a plus le choix, et le personnage confronté à ses limites. Pour la cinquième fois considéré comme une menace par sa patrie, Ethan Hunt est confronté à tous ses démons.

Le décor quasi mythologique du climax, qui rejoue une fois de plus le motif de ce sixième opus (s'élever, chuter, se rattraper, revivre encore une fois), donne la sensation d'une lutte ultime, d'un combat pour la survie non pas du plus fort, mais du plus éternel. Et le vrai Superman, à la fin, reste toujours Tom Cruise.

 

photo, Rebecca FergusonRebecca Ferguson, de retour et toujours aussi implacable

 

CŒUR IMPOSSIBLE

Pour la première fois, la saga embrasse également une émotion jusque là absente, ou trop forcée dans Mission : Impossible 2 avec Nyah et Mission : Impossible 3 et sa formule à la Alias. Lorsque Luther, éternel second couteau, se lance dans sa première vraie belle scène depuis le premier film, le personnage d'Ethan gagne une dimension inattendue, plus douloureuse, et qui rappelle un Jack Bauer éternellement maudit par sa propre nature. Quand deux personnages féminins majeurs chuchotent quelques mots qui resteront une énigme, il est clair que la saga a compris la nécessité de ne pas maltraiter les personnages, mais au contraire les replacer au centre de la machine.

 

Photo Tom Cruise, Simon Pegg, Ving Rhames, Rebecca FergusonLa vraie (et seule) famille du héros Cruise

 

Si Fallout se retourne vers le passé, vers les dossiers encore ouverts des trois derniers films, c'est pour mieux affronter l'avenir. Alors que La Momie, premiers pas de Tom Cruise dans les univers étendus à la Marvel, n'a pas été le succès escompté, Mission : Impossible 6 s'annonce comme un triomphe, critique et public. Dans le film, le héros fait la paix avec une partie de son passé, et sa propre personne. Avec le film, l'acteur semble faire la paix avec son statut à part de quasi-dinosaure hollywoodien.

Cohérent dans la filmographie passionnante de l'acteur, exaltant dans son programme de blockbuster, impressionnant voire hallucinant dans ses meilleurs momentsFallout remplit avec brio sa mission. Et le futur est plus possible que jamais.

 

affiche , Tom Cruise, Henry Cavill

Résumé

Mission Impossible : Fallout est un beau film-somme, qui tourne une page en puisant dans tous les précédents films pour embarquer le héros dans une aventure jubilatoire, spectaculaire et ultra-nerveuse, mais également plus touchante et amère.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Gilets
06/04/2019 à 18:45

Énième épisodes de cette saga pour ma part un des pires les acteurs et actrices rien à dire cruise et cavill sont excellent mais l intrigue mon dieu assez navrante et redondante

tom's
05/04/2019 à 21:28

Bien mais différent de rogue nation que j'avais trouvé quasi parfait tout ce que les bond's ne sont +,l'impression aussi de redécouvrir Cavill sans la candeur de sup's,impressionnant sinon Cruise reste la star mais partage beaucoup avec le reste du cast,cascades incroyable,la faiblesse vient a la fin avec le perso de juliaaaaaa oh pitié lol

bubblegumcrisis
05/04/2019 à 21:27

J'accepte qu'on puisse être émerveillé même par la pire des bouses. Les goûts de chacun ne se discutent pas et même si MI Fallout n'est pas une bouse, face à une critique aussi excessivement positive je me dis que je voudrais en lire une autre plus modérée mettant en avant les nombreux défauts du film. Notamment le fait - et c'est Cruise lui-même qui le dit - que les Mission:Impossible sont d'abord construits en commençant par les séquences d'action. Ce qui se voit beaucoup plus dans ce dernier opus que dans les autres. C'est un empilement de cascades qui se veulent des morceaux de bravoure à la gloire de Tom Cruise transformant l'acteur en même temps que son personnage en une sorte de surhomme. L'intrigue est très moyenne, les personnages secondaires sont très secondaires et la star qui produit aussi le long métrage bouffe l'écran par son omniprésence. Ainsi le personnage campé par Rebecca Ferguson et qui était un élément important de MI Rogue Nation est devenu accessoire. Alors que ce personnage est l'égal de Hunt et que j'aimerais, pour ma part voir un spinoff autour d'elle. Et ce que j'avais aimé dans le précédent opus c'est que Cruise semblait avoir accepter de partager l'écran et d'être moins fort. Là ce n'est plus le cas. Cavill, qui n'est pas l'acteur du siècle mais qui s'il est bien dirigé peut être très acceptable est carrément transformé en brute épaisse à la limite de la caricature dont l'objet est de tenir un gros flingue tout en portant la moustache.

Ce qui était intéressant dans les précédents films, à partir du moment où Cruise s'est transformé en cascadeur - c'est-à-dire, mais peut-être que je me trompe, dans l'opus tourné par Abrams - c'est qu'il est devenu un acteur de type HK de la glorieuse époque, un acteur/personnage en prise réelle dans l'action, Ça donne des plans d'ensemble qui rendent ce qu'on voit à l'écran crédible. Contrairement à toutes ces doublures numériques et ces fonds verts que le cerveau détecte et amoindrit l'impact de scènes qui se veulent spectaculaires.

Dans Fallout on a perdu le spectaculaire en chemin. D'abord parce que la promo du film a surtout tourné autour des cascades de Tom Cruise et a montré qu'il y avait un truc. Même si ce truc ne fait pas démérité l'acteur parce que ça reste dangereux même si contrôlé. Quand on voit la scène on sait comment elle a été tournée et aussi ce que l'ordinateur a effacé. Donc ça gâche le ressenti spontané. En tous cas pour moi.
Ensuite parce que si Cruise donne de lui-même, les scènes qu'on nous montre ne tiennent pas compte des réalités physiques. À quoi bon dans ce cas faire ses propres cascades si au final on se retrouve avec autant d'invraisemblance que dans un Fas&furious ?

En ce qui me concerne, je n'ai pas été au bout du film. Saturation à cause de l'action, personnage indestructible, méchant caricatural, intrigue vraiment à deux balles, personnages secondaires sacrifiés. Pour moi ce film même s'il a cartonné est le moins bon de la série.

Flash
05/04/2019 à 20:31

je serai tenté de dire que c'est le meilleur de la série !

yellow submarine
30/08/2018 à 19:40

vu enfin ce matin et que dire à part que je suis resté scotché à mon siège surtout pendant la poursuite finale.
Je trouve qu'on a quand même de la chance que ce genre de film soit produit encore aujourd'hui ça fait du bien de ne pas voir des gens avec des super pouvoirs.

Sinon Cavill est réellement impressionnant. J'espère qu'on le reverra bientôt en antagoniste ça lui va bien.

Birdy
21/08/2018 à 09:54

Totalement d'accord avec les posts de Lecteur depuis l'origine. Ce film est creux et tourne à vide sur ses cascades, préférant la surenchère à l'exploitation de ses personnages, ou d'une intrigue plus riche. J'ai aimé la montée en puissance parisienne, mais à partir du moment ou la Veuve réclame Isla, le film déraille et ne tient plus ses promesses. Hunt aurait réellement du livrer Isla, et trouver une parade. Le dilemme moral aurait fait du bien au film, surtout en écho à la 1ère scène. A la place, la Veuve disparait, son frère ne sert à rien, etpire, le super méchant n'a pas 2 lignes de dialogues à défendre. Reste donc la némésis de Hunt, Lark, mais ce dernier est un monolithe digne de mauvais James Bond. Et encore, les méchants de JB ont du panache.
Je suis donc vraiment déçu par la direction du film à mi parcours. Marre de ces foutues bombes atomiques désamorcées à 1sec près. Et comme le reste n'a pas le brio du dernier, j'ai plus l'impression de sortir d'un fast and furious que d'un film d'espionnage, d'infiltration de faux semblants, de manipulation... Bref, vraiment déçu.

zanta
19/08/2018 à 12:11

Ce film en appelle un dernier pour Ethan Hunt
Celui-ci ressemblait à un best-of de la saga, avec un hommage tout particulier au premier opus de De Palma. A présent, il conviendrait d'un septième et dernier film, réalisé par un cinéaste (et non un scénariste passé à la réalisation), afin de conclure la saga dignement.
Et puis la dernière réplique ne peut pas être "tu me fais mal aux côtes, arrête de me faire rire.". Sans déconner. C'est quoi, ce truc ?

007boy
18/08/2018 à 23:43

Cet opus de mission impossible est superbe. C'est le meilleur ex æquo avec les deux derniers. Tom Cruise excelle et Henry cavill est un concurrent à sa mesure. Il fait oublié superman. Le bémol est Simon pegg, pour moi, il est de trop depuis le MI3. L humour peut être bienvenu dans ce film mais il doit être bien joué et cet acteur ne l ait pas ou bien c est la voix française qui gâché tout. Je verrais bien le cross over 007, ethan Hunt, Jason bourne et Jack Ryan

Gabba-the-hutt
06/08/2018 à 12:51

Action porn qui ne réussit pas à être le film d'espionnage d'espionnage paranoïaque qu'il souhaiterait. La mise en scène est certes belle, mais on en ressort saoulé comme après un Fast and Furious...

Stag
05/08/2018 à 14:40

Bof, pas meilleur ni pire que les précédents ou les suivants... Toutes les ficelles déjà vues sont là : course-poursuite, agent double, compte à rebours, technologie (trop) envahissante... Tout semble perdu ? Pas de panique, c'était volontaire pour piéger l'ennemi, et hop énième retournement de situation. Le prochain sera moi, les mecs.
Kuddo à Tom Cruise par contre, qui semble assurer lui-même nombre de cascades et s'est visiblement bien éclaté. Il semble avoir signé un pacte avec le Diable pour arrêter de vieillir à 35 ans !

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