Don't Breathe - La Maison des ténèbres : critique apeurée

Mise à jour : 07/11/2018 15:22 - Créé : 29 août 2016 - Simon Riaux

Depuis la crise qui a mené la Cité industrielle à la banqueroute, Detroit est devenu le bac-à-sables mouvants du Septième Art Américain, qui y a injecté les songes luminescents de Ryan Gosling, la menace fantomatique d’It Follows, ou encore les Transformers de Michael Bay. Fede Alvarez en fait un No Man’s Land crépusculaire, hanté par un boogeyman immensément retors, à la faveur de Don’t Breathe.

Affiche
6 réactions

LA NUIT DU MYOPE VIVANT

Si pour beaucoup, le remake d’Evil Dead tenait du pur sacrilège, le premier long-métrage d’Alvarez n’en était pas moins excellemment mis en scène, porté par un sens du cadre, une utilisation de l’espace et une cruauté parfois impressionnante (pour qui redoute les pistolets à clous). On attendait donc avec beaucoup d’impatience Don’t Breathe, deuxième film du réalisateur, toujours produit par Ghost House Picture, la société de Sam Raimi.

 

Photo

 

Et on a bien fait, puisque le cinéaste, particulièrement à l’aise dans l’exercice de la série B minimaliste, déploie ici une redoutable embuscade. Collant aux basques de trois cambrioleurs en herbe, il les précipite dans la bicoque décrépie d’un vétéran aveugle, en possession d’une énorme somme d’argent liquide. Mais le non-voyant ne s’en laissera pas compter, et le trio va subir un véritable enfer en tentant de survivre à un adversaire aussi implacable qu’endurant.

Sorte de mélange improbable entre Les Sous-sol de la Peur et Panic Room, Don’t Breathe est pour Alvarez l’occasion de déployer toute l’inventivité dont il peut faire preuve dans un espace réduit, mais aux multiples facettes. En témoigne le diabolique plan-séquence au cours duquel les personnages s’introduisent chez leur « victime », où la caméra, avec une fluidité remarquable, s’évertue à disséminer indice, fausses-pistes et effets d’annonces comme autant de miettes de pain.

 

Photo Jane Levy

 

1,2,3... HEADSHOT ! 

Au spectateur, dès lors emporté par un formidable tourbillon ludique, de deviner quels ingrédients, pans du décor où recoins seront utilisés par les personnages pour se cacher ou essayer de contrer leur formidable adversaire. Grâce à un découpage extrêmement rigoureux, le réalisateur parvient ici à tenir un rythme frénétique tout le long des 88 minutes de ce métrage étouffant et resserré.

Et quand la stricte logique du home invasion mâtiné de slasher paraît sur le point de s’essouffler, c’est pour mieux permettre à Don’t breathe de basculer dans l’horreur pure, avec pour uniques assaisonnement un rottweiler, une poire à lavement et un sens aigu du suspense. S’il ne réinvente rien, le film s’impose comme un guet-apens jubilatoire, qui s’échine à renouveler sans cesse des situations déjà fréquemment usitées, tout en jouant la carte de la tension absolue jusque dans ses dernières images. En résulte une série B dégraissée, rongée jusqu’à l’os, qui ne laisse jamais le spectateur reprendre son souffle. On n’en demandait pas plus.

 

Photo

 

LES TROIS PETITS COCHONS 

Au-delà de la rigueur dont fait preuve le métrage en matière de spatialisation et de gestion du rythme, on saura gré au scénario de ne pas nous abrutir de stéréotypes. Nos trois héros sont crédibles, leurs réactions la plupart du temps sensées, ce qui confère à l'ensemble une crédibilité inattendue. Mais surtout, cette mauvaise troupe fait affaire à un adversaire particulièrement vicelard.

Le monstre urbain interprété par Stephen Lang tient autant du psychopathe que du spectre, et s'impose comme un boogeyman parfaitement adapté au récit dont il hante les zones d'ombre. Enfin, on n'oubliera pas de sitôt l'autre menace, terriblement éprouvante et de nature animale, qui ferait passer Cujo et Zoltan le Chien sanglant de Dracula pour des caniches nains en descente de Whiskas. Bref, Don't Breathe nous gratifie, à raison d'un sursaut toutes les 40 secondes, d'un très beau moment de trouille.

 

Affiche

 

Résumé

Série B parfaitement maîtrisée, Don't Breathe - La Maison des ténèbres est un grand huit où le suspense est roi et ne faiblit jamais.

commentaires lecteurs votre commentaire !

chouchou 11/12/2016 à 20:11

y aura t'il une suite ???

DJ Fest 06/10/2016 à 13:42

Toujours en quête de l'intervention la plus pertinente j'allais moi aussi réagir quant au Whiskas. Mais non, du coup.

Simon Riaux - Rédaction 30/08/2016 à 14:24

D'où la descente un peu duraille.
Non mais.

sylvinception 30/08/2016 à 13:40

"pour des caniches nains en descente de Whiskas."
Whiskas c'est pour les chats. De rien, bisou.

this is my movies 29/08/2016 à 20:06

dès le début, ça m'a rappelé une excellente BD signé du grand dessinateur Hermann (et scénarisé par son fils, Yves H) et parue en 2011 : Une nuit de pleine lune. Pas de quoi crier au plagiat mais le pitch est similaire (5 jeunes veulent voler un vieux dans une maison isolée... sauf que ce dernier n'est pas aussi inoffensif que prévu et que la mort de sa femme le fera virer psycho).

Hâte de voir le film quand même !!

tonton 29/08/2016 à 19:38

ca fait envie !! Merci pour cet article !! !!je n'en attends qu'encore plus ce film qui cartonne aux USA

votre commentaire