Five : Critique printanière

Laurent Pécha | 30 mars 2016

Vous en avez marre de voir des comédies françaises bien grasses. Vous désespérez de ne jamais voir quelque chose qui s’approcherait de la qualité US dont Apatow s’est fait l’apôtre. Réjouissez-vous, Five est là.

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En découvrant la bande-annonce, on y croyait sans trop y croire. Combien de fois avions-nous été déçus, voire mortifiés par le passé devant le spectacle d’une comédie balourde dans le meilleur des cas ? La présence de Pierre Niney rassurait certes, le jeune homme ayant jusqu’ici réussi à ne pas se vautrer dans du divertissement bas de plafond (20 ans d’écart n’était certes pas mémorable mais tout à fait sympathique). Mais quid d’Igor Gotesman, inconnu du grand public, qui porte, ici, la triple casquette réalisateur-scénariste-acteur ? A la sortie de la salle, le jeune homme s’est fait un nom et on a hâte de voir ce qu’il nous prépare pour la suite. Son Five est un quasi miracle : une comédie à la fois drôle et humaine, aux dialogues enlevés, imagés et toujours justes (oui, on peut parler le djeuns sans pour autant faire dans le racoleur débilos) et portée par une troupe de comédiens au diapason.

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Sans jamais oublier qu’il fait un film de cinéma (scope, lumière soignée, plan séquence, découpage sophistiqué,…), Igor Gotesman suit une bande de potes en galère dont on voudrait instantanément faire partie. Attachants tout en étant assez déjantés pour permettre des situations loufoques souvent mémorables (mention spéciale à François Civil, clone de Marc-André Grondin du Premier jour du reste de ta vie, jamais le dernier pour faire la blague potache ou la grosse gaffe ), ces 5 là (bon d’accord plus Niney et Civil, les autres étant un peu trop en retrait) sont des sacrés bons clients de comédie. Et le scénario de les mettre dans l’embarras avec une belle délectation. De deal de drogue haut en couleurs en improbable soirée d’anniversaire (Pascal Demolon en papa prêt à tout pour faire plaisir à sa fille, est ENORME) en passant par l’approvisionnement en cannabis de star du cinéma (Fanny Ardant dans son propre rôle, fait preuve d’un génial sens de la dérision), les situations rocambolesques ne manquent pas à l’appel. Le film garde ainsi une vitesse de croisière des plus soutenues, et l’abattage des acteurs fait le reste (Pierre Niney est un trésor national de la comédie).

Résumé

Courez voir cette excellente comédie qu’est Five. Sinon, inutile de venir râler quand Les Tuches 3, Les Profs 3 ou Pattaya 2 débarqueront.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Dirty Harry
31/03/2016 à 12:15

je l'ai trouvé bancale cette comédie, à la morale bien douteuse : plutôt que d'assumer ses rêves il vaut mieux tomber dans la délinquance. Déprimant plutôt qu'enthousiasmant.

diez
30/03/2016 à 23:20

Finalement bonne surprise. Meilleure comédie FR de 2016 pour le moment (à condiction que l'on ne considere pas Les filles au moyen age comme comedie, mon filmd preferé de ce debut d'année).

Dirty Harry
30/03/2016 à 17:50

Ok on dirait une apologie de l’amitié où le charme, l’émotion des films sur ce sujet (« Stand by me », « Macadam cowboy », « Mes meilleurs copains », « les copains d’abord » entre autres) sont remplacés par le trash, le scato, le vomi…c'est un gout.

diez
29/03/2016 à 20:32

Un premier trailer horrible. Je vais quand meme y aller.

Laurent Pécha
29/03/2016 à 19:02

Merci, c'est corrigé.

Charles
29/03/2016 à 18:22

Par contre c'est pas en coke qu'ils fournissent Fanny Ardan ...

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