Antigang : critique à bout portant

Simon Riaux | 19 août 2015 - MAJ : 22/01/2019 12:32

L’été étant traditionnellement là où se cachent les polars français pour mourir, on craignait un peu pour le matricule d’Antigang. C’était sans compter sur sa formidable énergie dégagée par ses comédiens et l’amour insatiable de son réalisateur pour un cinéma de genre populaire et euphorisant.

affiche
7 réactions

36 QUAI DES BOURRINS

Des flics qui feraient passer L’Inspecteur Harry pour un hippie, de vilains braqueurs et des gros calibres. Il n’en faut pas plus à Benjamin Rocher pour emballer un polar aux airs de films de potes, qui donne une belle leçon à tout un pan de la production française, souvent incapable de dépasser la recette mise au point Olivier Marchal, quitte à sombrer dans un réalisme de pacotille. Antigang ne s’inquiète ni de la vraisemblance de son intrigue, ni de la supposée tradition hexagonale.

Ici, on joue aux flics et aux voleurs, ni plus ni moins. Comme son inclassable Goal of the Dead, le nouveau film de Benjamin Rocher est un métrage hybride qui cherche avant tout le plaisir du spectateur. Les bons mots fusent, les os craquent et les corps sont criblés de balles. Dans une bonne humeur contagieuse et largement propagée par un Alban Lenoir toujours formidable, le film nous invite tout du long à embarquer pour une traque urbaine qui manie avec la même aisance violence spectaculaire et dérision salutaire.

 

photo, Jean Reno, Alban Lenoir

 

ON NE REVEILLE PAS UN FLIC QUI MORD 

Certes, Jean Reno n’est pas toujours aussi vif que le réclame le script, tandis que Benjamin Rocher doit dépenser une grande quantité de son énergie à masquer (habilement), les limites imposées par l’économie du film. On pourra regretter que le film, à rester léger envers et contre tout, ne joue pas assez la carte de l’émotion ou de la tension.

 

photo, Jean Reno

 

Mais ce serait oublier sa générosité, si rare, son amour de la belle scène, du plan qui claque, et de la réplique qui fait mouche. Dès La Horde (pourtant loin d’être abouti), la volonté d’exploiter un thème archi-rebattu du cinéma de genre pour en proposer une vision jubilatoire transpirait à chaque image. Le style faussement cool et vraiment euphorisant de Rocher paraît ici arriver à maturité. Comme un bon coup de batte de base-ball au petit matin.

 

Affiche

Résumé

A priori, si vous avez déjà joué aux gendarmes et aux voleurs, vous avez une déjà une très bonne idée  du degré de plaisir procuré par ce polar revitalisant qui se cache au coeur de l'été.

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Simon Riaux - Rédaction
01/09/2015 à 14:45

Mais le film revendique la parenté avec The Sweeney, c'est même une des premières choses inscrites au générique...
A noter que non, ce n'est pas un remake plan par plan, le film reprend les grandes lignes. Et change totalement le ton de l'oeuvre d'origine.

diez
30/08/2015 à 23:05

Euh ouai, en meme temps ca voudrait dire que 80% des films du genre sont des remake de the sweeney... En terme de trame narrative, y a pas plus classique que Antigang.

C'est sa dérision, son Alban Lenoir excellent et drôle, son Jean Reno vieillissant et charismatique, son action decomplexée qui en font un super moment de cinéma. Un moment nutella comme dirait l'autre.

Et la grosse scène d'action avant la grande conclusion, chapeau bas !

Le genre de projet qui mérite incontestablement une meilleur exposion et des critiques pro moins coincées du derche dés que le cinéma français s'aventure autre part.

Merci EL pour cet avis !

Andre
23/08/2015 à 16:08

Navre de décevoir certains : ce film n'est qu'un Remake plan par plan, une copie conforme sans aucune création d'un film anglais : " the sweeney". Regarder seulement la bande annonce de ce film anglais. Faire un Remake, pourquoi pas, mais il ne faut pas en revendiquer la création. C'est malhonnête.

Postman
20/08/2015 à 14:05

Vu un peu à reculons et... très bonne surprise ! Vendu comme un buddy movie bas du front, on se retrouve avec un polar sérieux (mais avec de l'humour) , classique mais très efficace ! Quelques raccourcis scénaristiques un poil agaçants mais rien de rédhibitoire. Chapeau au distributeur pour sa campagne d'affichage à coté de la plaque !

Arnaud
20/08/2015 à 11:45

J'avoue que ce film me donnes envie juste parce que pour une fois qu'en France on fait autre chose qu'une comedie, un film d'auteur chelou ou un polar ultra réaliste et souvent chiant (j'ai beau avoir aimé 36 quai des Orfevres, faut pas le regarder apres une nuit blanche ....).

y a eu des films comme ca qui me faisait dire que le cinema francais essayait enfin d'autre chose que ces productions habituelles, parfois pour le pire ou pour le meilleur (Pacte Des Loups, Rivieres Pourpres, Vidoq, ou meme le premier Taxi ..).
Peut-etre que ce film sera une bonne surprise apres tout.

Morsay
19/08/2015 à 19:03

Depuis son rôle dans GOT, Jean Reno revient en force au cinéma, ça fait plaisir !

sylvinception
19/08/2015 à 14:06

"...Jean Reno n’est pas toujours aussi vif que le réclame le script.."
lol

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