Nos futurs : Critique nostalgique heureuse

Laurent Pécha | 22 juillet 2015

Après un détour plus que réussi dans l’univers de l’animation avec le touchant et populaire Zarafa, Rémi Bezançon reprend le fil d’un univers aussi personnel qu’attachant avec son quatrième film live. Et une fois encore, avec Nos futurs, il prouve qu’en faisant son cinéma, il n’en oublie pas d’être universel.

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4 réactions

Pas de doute possible, il y a vraiment une patte Bezançon. Voilà un cinéaste qui continue d’explorer ses thèmes de prédilection (famille, amitié, temps qui passe, mort) tout en se renouvelant à chaque nouveau projet. Méticuleux (et ici, cela prend tout son sens à la deuxième vision du film), soucieux d’offrir à son public une mise en scène signifiante (et tant pis si cela passe au dessus de la tête de bien trop de gens), soignant sa bande son comme quasi personne dans l’hexagone, le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie signe avec Nos futurs un road-movie nostalgique qui marie parfaitement bien l’humour et la tendresse. Encore une fois écrit à plusieurs mains, dont celles de sa compagne, Vanessa Portal, le scénario de Nos futurs, réserve de belles surprises et une direction qu’il serait dommage d’éventer ici, rappelant alors que l’artiste sait parfaitement mêler les rires à l’émotion comme il avait su si bien le faire pour Le premier jour….

 

 

Avec cette histoire farfelue d’un duo d’amis qui s’est perdu de vue depuis le lycée et qui se persuade de refaire une de leurs soirées légendaires avec les copains d’antan, les auteurs jouent sur la corde sensible d’un cinéma régressif (on pense à Judd Apatow, maître du genre aux USA) sans pour autant tomber dans les travers d’un tel dispositif. Rien de nombriliste ici même si on se doute qu’il doit avoir quand même pas mal de points communs avec le personnage campé par l’excellent Pierre Rochefort (qui, physiquement, rappelle à bien des égards son metteur en scène). Car, il y a toujours ce désir évident de rendre les situations les plus universelles possibles. A l’instar de ces nombreux gags/dialogues pensés pour être compréhensibles par plusieurs générations.

 

 

Autour d’un casting toujours aussi juste (le cinéma de Bezançon étant l’un des rares en France à offrir de vrais seconds rôles marquants même s’il ne s’agit que d’une scène, à l’instar de l’ex-tombeur du lycée interprété avec truculence par Aurélien Wiik), dopé par le bagout de l’acteur fétiche du réalisateur (Pio Marmai), Nos futurs et sa solide « production value » (reconstitutions d’époque, décors, paysages sans oublier un travail subtil sur la photo) montrent que le cinéma populaire français a bien un auteur précieux. Il ne tient qu’à nous que notre futur cinématographique se conjugue toujours avec lui.

 

 

Résumé

La comédie nostalgique intelligente de l’été. Nos Futurs confirme une fois encore l’importance du cinéma de Rémi Bezançon dans le paysage cinématographique français. Il serait injuste et surtout bien malheureux de passer à côté.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Guillaume
28/07/2015 à 19:24

Complètement d'accord avec l avis de Phil.
La trame est un concentré de clichés pour un deroulé long et besogneux.
Les touches d humour sont tellement convenues qu'elles en deviennent lourdes. Parois même, ils insistent plusieurs fois.
La fraîcheur de cette nouvelle génération d'acteur est bien mal utilisée.

Phil (l'original)
25/07/2015 à 18:45

Le premier jour du reste de ta vie commence à ressembler à un "accident" tant le reste de sa filmo est de plus en plus convenue et limite réac. Dommage.

Attention spoiler
Décider d'utiliser l'idée scénaristique la plus pourrie au monde : "et tout ceci n'était qu'un rêve" (même pas digne d'un film de collégien en option cinéma) termine d'achever un film qui, au mieux, aurait pu être sympathique et fini par être aussi antipathique et prévisible que son personnage principal, Yann, interprété par un Pierre Rochefort aussi charismatique qu'une endive.

Nino Quincampoix
23/07/2015 à 18:58

4 étoiles sur 5 ?
Really ?
Ses films me semblent pourtant de moins en moins en moins en moins intéressants et attachants

Hi Hi Ho Ho
22/07/2015 à 16:05

Un réalisateur qui n'aura pas mis longtemps à devenir le néo-Claude Lelouch (période Les Parisiens...).

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