Fast & Furious 8 : Critique protéinée

Simon Riaux | 9 avril 2017

C'est une saga mutante, qui débuta par les mésaventures néo-beauf de deux fous du volant avant de se transformer en happening d’action over the top, propulsée au sommet du box-office par un casting aussi divers qu’énergique. Fast & Furious est un objet à part dans le paysage cinématographique contemporain. Et plus que jamais, ce huitième chapitre confirme son statut d’improbable accouplement des Feux de l’Amour et de Delta Force, mâtiné de Mission : Impossible.

Affiche
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MISSION TRACTOPELLE

Après avoir fait la course comme des neuneus, sauvé ou trahi tous leurs copains, volé un chef de cartel à Rio et pulvérisé une dynastie de mafieux british, la famille à Vin Diesel doit désormais empêcher la Troisième Guerre mondiale tout en accueillant en son sein un imbroglio familial dément. Rien que ça. Et si cette ambition furibarde est pour beaucoup dans le plaisir régressif pris devant cette farce jubilatoire, il en est aussi la principale limite.

Car pour emballer son condensé de séquences absurdes, Fast and Furious 8 doit en passer par d’interminables tunnels de dialogues, par d’inutiles rebondissements et détours scénaristiques, qui finissent par parasiter le cœur du projet, à savoir ses scènes d’actions surréalistes. Trop bavard, le blockbuster a également la faiblesse de ne pas toujours utiliser au mieux ses excellentes idées. La poursuite new-yorkaise en mode Blues Brothers 2.0 est bien trop vite expédiée, tandis que le climax attendu et son sous-marin sont finalement très basiques.

 

Photo Vin Diesel

 

F. Gary Gray (réalisateur de Braquage à l'italienne avec déjà Charlize Theron, Un homme à part avec déjà Vin Diesel, mais aussi Straight Outta Compton) n’est en effet ni James Wan ni Justin Lin, tant il se montre ici incapable de transcender le matériau qui lui est donné, d’y apporter un sous-texte émotionnel ou d’en illuminer la bourrinerie. Il se contente de s’appuyer sur les acquis de la franchise, ses tropismes et son casting. Heureusement, de ce côté-là, le film a des surprises à revendre.

 

Photo Michelle Rodriguez, Vin Diesel

 

LA FAMILLE GROS

On se moque souvent de la propension de Fast & Furious à s’en référer à « la famille ». Mais qu’on le veuille ou non, la franchise réalise et prolonge aujourd’hui un geste cohérent en la matière. Sorte de grand messe bourrine et tendre, la sortie de chaque épisode est une nouvelle occasion de retrouver un casting totalement hétéroclite, capable de réunir des steaks protéinés aussi impressionnants que Dwayne Johnson et Jason Statham, mais aussi des stars de l’envergure de Charlize Theron, ou des artistes tels qu’Helen Mirren, qui prend de toute évidence un malin plaisir à jurer avec un accent cockney à couper au couteau.

 

Photo Dwayne Johnson, Ludacris, Michelle Rodriguez, Nathalie Emmanuel, Scott Eastwood

 

Oui, Fast & Furious est une famille. Bordélique, schizophrène, où l’on meurt aussi vite que l’on ressuscite, avant d’aller botter le cul du voisin en jet-pack, mais une famille tout de même. C’est d’ailleurs cet aspect du film qui le rend par moment franchement jouissif, les scénaristes n’hésitant plus à hybrider leur récit avec des sous-intrigues suffisamment débiles pour provoquer une grève sur le tournage d’un épisode d’Amour, Gloire et Beauté.

Cette assemblée, diverse et dénuée de leader caucasien, a le mérite de ne ressembler à aucune autre. Mieux : comme son succès l’indique, elle préfigure probablement une certaine aspiration du public, en matière de renouvellement et de starification. Fast and Furious, derrière sa bêtise revendiquée en porte-étendard, affiche une humanité et une chaleur au moins équivalentes, qui achèvent de faire du blockbuster un n’importe quoi éminemment sympathique.

 

Photo Dwayne Johnson

 

MULTIPLIER LES PAINS

Et si F. Gary Gray n’est pas l’artisan le plus inspiré de la saga, cette dernière a désormais accumulé un savoir-faire qui lui permet de délivrer un grand spectacle néanmoins très divertissant. On pense notamment à la bastonnade de la prison, qui assume totalement la dimension cartoonesque de Fast & Furious 8 où les enjeux sont balayés à coups de gags, tandis que Dwayne Johnson se transforme littéralement en voiture bélier.

Malgré ou grâce à sa longueur, le scénario est émaillé de brèves séquences d’action, souvent bien plus réussies que les gros morceaux qui rythment le métrage. À l’exception notable d’une poursuite littéralement enflammée dans les rues de Cuba, ce sont d’ailleurs les combats à mains nues ou centrés sur la physicalité qui s’avèrent les plus satisfaisants. Et bien évidemment, l’arrivée de Jason Statham n’y est pas pour rien et offre à Dwayne Johnson, le temps d’un happening en prison hilarant, un camarade de jeu idéal.

 

Photo Charlize Theron

 

Contre toute attente, le britannique enragé trouve instantanément sa place dans le récit même si personne ne trouve à redire au fait de devenir super pote avec celui qui a essayé de les massacrer durant les deux films précédents. Cette présence confirme qu’une des plus belles qualités de Fast and Furious est sa dimension élastique : la série est capable de s'adapter instantanément à ses guest stars et ne cesse jamais de se réinventer.

Au final, cet épisode est loin d’être le meilleur, mais il bénéficie mécaniquement de la sympathie accumulée par la franchise et trace la voie d’une suite plus dure, plus structurée, mais toujours aussi débile. On en redemande.

 

Affiche

 

Résumé

Malgré des défauts évidents et une stupidité indiscutable, la saga possède un charme étonnant, et propose une nouvelle fois de grands moments de régression jubilatoire.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Anti-Flash
10/04/2017 à 14:59

@flash quel argumentaire ! J'en suis renversé !

Wes
10/04/2017 à 14:08

@dredd

Tu parles des tags "action", "thriller" et même "Fast & Furious" juste en dessous du titre tout en haut, en orange fluo ?

kolby
10/04/2017 à 13:54

@justeme
Bon si tu n'as rien compris comme je ne te comprend pas en ce moment?

Dredd
10/04/2017 à 13:51

''Attention à ne pas confondre la notation dans les catégories que fait Ecran Large.''


T'as eu la bonne idée à laquelle EL n'a pas pensée: classer les films dans leurs genres respectifs.

JustMe
10/04/2017 à 13:45

En français maintenant @Kolby.

kolby
10/04/2017 à 13:05

Fast furious n'a rien à envier autre film d'action. On aime ou on aime pas. Pas d'apeu près. Ecranlarge a regardé et aimé f8 parceq'ils ont regardé et ils ont mis 3.5, Pas d'autre discours ...
tu mettras ta note a toi lorsque tu regarderas le film a ton tour.
J'ai remarqué certains donne leur avis
impression, critique, analyse sans avoir vu le film et se servent des on-dit pour massacrer.

miaoumiaou
10/04/2017 à 11:28

J'ai toujours trouvé cette saga sympathique. IL y a un côté feel good stéroïdien.Solidarité honneur, carpe diem, un peu neu neu mais ça fait du bien de voir des films comme ça de temps en temps. La bande originale est toujours très bonne qui plus est.
Après 3,5 étoiles autant que Logan, oui mais c'est pas le même genre de catégorie de films. Dans les blockbusters actions FaF à 3,5. Logan c'est plus western-superhéros-drama donc dans sa catégorie, il vaut 3,5. Attention à ne pas confondre la notation dans les catégories que fait Ecran Large. Puis pour dire que c'est de la merde, ce que la personne l'a vu donc dans un sens....ça n'aime pas mais ça regarde ^^

GOD
10/04/2017 à 10:51

"même si personne ne trouve à redire au fait de devenir super pote avec celui qui a essayé de les massacrer durant les deux films précédents."

Et qui a tuer un de leurs VRAIS pote (Han).....

Mais bon, ont s'en fout...un de perdu.....

Non mais sérieux, juste ca sa me fait vomir. Comment ont peut écrire un truc pareille (avec le cul) !

Cette saga est écrit par des ados, et monter par c'est mêmes ados !

Non merci.

Copeau
10/04/2017 à 09:34

Moi ce qui me gène c'est que Vin Diesel ressemble plus à une grosse saucisse Knacki qu'à un véritable action man....je comprends toujours pas comment il a fait pour percer au cinéma

corleone
10/04/2017 à 02:50

@Kappa T'as tout dit mec , t'es un putain de type bien. Rien à ajouter :))))))))))))))))))

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