Astérix - Le domaine des Dieux : la potion critique

Mise à jour : 02/06/2018 16:44 - Créé : 18 novembre 2014 - Simon Riaux

Entre animation et cinéma live, les adaptations d'Astérix commencent à sérieusement s'accumuler. C'est peut-être ce qui explique la relative discrétion du Domaine des Dieux, dernière transposition en date de l'œuvre d'Uderzo et Goscinny. Discrétion toute relative, puisque la nouvelle d'un long-métrage chapeauté Alexandre Astier, le chef d'orchestre de Kaamelott a vite fait d'échauffer les esprits.

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Attente justifée, puisque Astérix : le Domaine des Dieux s'impose assez facilement comme la meilleure adaptation des aventures de nos gaulois préférés, toute époque et médias confondus. Une réussite qui doit à deux qualités essentielles des travaux d'Astier : une rigueur métronomique dans la construction dramatique et un plaisir de la langue qui faisait déjà le sel des œuvres originales. Si le film paie ainsi joyeusement son tribut au style et au lexique des bandes-dessinées, le goût du lyonnais pour les dialogues ciselés, que le spectateur se prend presque immédiatement à répéter, comme pour mieux les goûter, fait encore une fois mouche.

 

 

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Louis Clichy et Alexandre Astier sont parvenus à agencer un récit à la fois limpide et complexe, dont chaque acte s'avère radicalement différent du précédent. De la mécanique innocente de l'introduction, on passe soudain à une satire aussi efficace que mordante lorsque nos irréductibles gaulois découvrent soudain les joies du commerce et du développement économique, avant une conclusion spectaculaire et jouissive. Le film décoche quelques flèches hilarantes à travers une poignée de dialogues, notamment ceux des esclaves, dont la servitude est assez génialement poussée à l'absurde.

 

 

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Enfin, Astérix et le Domaine des Dieux se paie également le luxe d'être une des plus malines et intéressantes réflexions qu'on ait vu sur la question du rapport des Gaulois à leur culture. En ces temps de questionnement identitaire, on apprécie de voir une œuvre de divertissement s'emparer du sujet autrement qu'avec un paquet d'allumettes et un bidon d'essence. Râleurs, pas toujours honnêtes et bons vivants, les mangeurs de sangliers de messieurs Astier et Clichy nous font rire et nous renvoient avec panache à notre propre condition d'irréductibles.

 

Affiche

Résumé

Visuellement accompli, bien rythmé et d'une rare intelligence, cet Astérix est tout simplement la meilleure adaptation des travaux de Goscinny et Uderzo à ce jour.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Dirty Harry 18/11/2014 à 12:19

Le meilleur album sur l'impérialisme commercial reste "Obelix et Compagnie" avec la spéculation des menhirs ! Sinon on va foncer en famille voir cet opus car depuis "les 12 travaux d'Asterix" rare sont les fois où les gaulois nous ont fait rire en animation.

benedetto28 18/11/2014 à 08:49

Royaume des Dieux ? Domaine des Dieux ?
Faut choisir...

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