Goal of the Dead - première mi-temps : critique sans penalty

Simon Riaux | 12 juin 2014

Alors que se profile le Festival de Cannes de la beauferie avinée la Coupe du Monde de Football, Goal of the dead débarque opportunément sur nos écrans, en vidéo et VOD. C'est d'un œil circonspect que l'on a vu débarquer cet ovni, alors que le cinéma de genre hexagonal semble réduit à un champ de ruines à peine fumantes. Mal nous en aura pris, tant l'équipe par Benjamin Rocher et Thierry Poiraud nous offre un match surprenant, dont l'engagement et la générosité devraient largement séduire le public.

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On est de prime abord frappé par l'écriture de l'ensemble. Personnages incarnés, bien écrits, dialogues fluides et naturels, servis par une troupe de comédiens quasiment tous irréprochables, Goal of the dead soigne d'entrée de jeu ses joueurs. Ce soin dans la caractérisation ne disparaîtra jamais, notamment grâce à une troupe d'acteurs impeccables, entre gouaille, sens du rythme et performance physique. On notera la présence d'une équipe féminine de haut vol, emmenée avec panache par Audrey Quoturi, Tiphaine Daviot et Charlie Bruneau, toutes d'une justesse impeccable, dans le dialogue comme dans le démembrement de footeux. N'oublions pas l'attaquant Alban Lenoir, qui confirme après Kammelott, Hero Corp ou encore la Lazy Company que le cinéma français serait bien inspiré de donner une véritable place à l'un de ses plus inclassables comédiens.

 

 

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Tandis que la totalité des médias célèbre le fotchbaôle avec l'enthousiasme d'un porcelet découvrant les joies de la gadoue, on se réjouit de découvrir un film qui tape aussi gaiement dans le lard des footeux. Sans jamais verser dans un snobisme ou un parisianisme déplacé, Rocher et Poiraud étrillent une passion nationale en déréliction, qui de ses supporters confits dans l'alcool en passant par ses joueurs superstars a perdu de vue toute notion d'idéal sportif.

 

Si l'idée n'est bien sûr pas de faire la leçon, ce mauvais esprit d'une belle simplicité assure au film une ambiance énervée souvent jubilatoire. Une énergie présente dans l'ensemble du récit, qui se joue très habilement de ses limites budgétaires et géographiques. Les deux metteurs en scène s'efforcent donc de varier les situations, les ressorts comiques mais aussi les poussées de violence. Goal of the dead a beau ne pas chercher à s'imposer comme mètre étalon du cinéma d'infecté, il ne sous-estime pas le spectateur et ne verse pas (trop) dans les figures imposées les plus rebattues du genre.

 

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Bien sûr, l'expérience s'étalant sur plus de deux heures, tenir le rythme de l'ensemble et éviter la redite s'avère très délicat. À ce titre, la partie de Thierry Poiraud pourra sembler plus faible que celle de Rocher. Si effectivement elle contient quelques baisses de régime doublées d'un pillage/hommage en direction de 28 jours plus tard d'un goût plus que douteux, la seconde mi-temps brille également par de vraies envolées et autres expérimentations qui ne sont pas sans rappeler le déviant Atomik Cirkus, du même réalisateur. Les puristes de l'horreur craspec regretteront également que le film ne leur offre pas d'outrances gores à proprement parler, mais reconnaîtront sûrement un effort véritable dans la variété des situations et un bel abattage dans leur relecture humoristique.

 

 

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Résumé

Quitte à jouer le jeu du visionnage pizza-bière, impossible de ne pas supporter le duo Rocher/Poiraud avec enthousiasme, tant leur équipe nous offre un match saignant et réjouissant.

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