Last Days on Mars : Critique

Simon Riaux | 2 février 2014

Conspué après sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs, le film de Ruairi Robinson traîne depuis cet échec inaugural une sombre réputation de navet spatial. Last days on Mars vaut pourtant beaucoup mieux que son statut de vilain petit canard. Sa sortie chez nous sous forme de discret DTV était l'occasion de revenir sur cette réussite mal comprise.

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Combiner science-fiction pure, survival et infectés n'est à priori pas chose aisée et c'est sans doute la raison pour laquelle Robinson convoque ici un grand classicisme dans la mise en place de son récit, de l'introduction des personnages, jusqu'aux multiples péripéties qui vont précipiter tout ce petit monde dans l'horreur pure. Un choix appréhendé par certains comme un manque d'originalité, quand il conviendrait mieux d'évoquer ici une confection soignée, artisanale et peu encline à surprendre mais capable d'enchanter le spectateur en quête de film de genre pur et dur. Car si le métrage ne peut se targuer de nous surprendre, il semble évident que là n'est pas son intention.

 

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Esthétiquement, l'ensemble et son modeste budget tiennent la dragée haute à nombre de blockbusters, tant il sait jouer la carte de l'économie en intérieur et sait conférer à ses somptueux extérieurs un panache anxiogène saisissant. De ce royaume funèbre, balayépar d'impavides tempêtes rougeoyantes, le film fait un petit théâtre de l'horreur, tâcheté de créatures hybrides, sauvages et perverses, retorses et barbares, qui rappelleront à chacun combien il est dangereux de laisser traîner ses outils de bricolage. On l'aura compris, l'œuvre tient plus du désespoir solaire d'un Sunshine que de la guerre pop d'un Edge of Tomorrow.

 

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Autant d'éléments agencés avec soin ne suffisent pas toutefois à expliquer le charme vénéneux de Last days on Mars. La force d'attraction du récit tient logiquement dans ses pures séquences d'angoisse, dont jaillissent une tension, une violence parfois tétanisante, alors que nos malheureux astronautes découvrent qu'on ne pulvérise pas si facilement une boîte crânienne. Plus appréciables et subtils sont les nombreux pas de côtés effectués par le script et la mise en scène, qui permettent à maintes reprises d'invoquer des stéréotypes, sans tout à fait les épouser. Le personnage d'Olivia Williams, est le plus emblématique de cette stratégie du décalage, laquelle offre à cette déclinaison d'Ellen Ripley un parcours inattendu. Une originalité sous-jacente également incarnée par Liev Schreiber, qui irradie ici d'un spleen animal, lourd et quasi palpable dont on n'est pas loin de croire qu'il est la première force contaminante du récit.

 

Résumé

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