Expendables 3 : critique papy fait de la résistance

Simon Riaux | 8 octobre 2017 - MAJ : 15/10/2018 20:42

Après un premier épisode sincère, nostalgique et bourrin, la saga Expendables avait su conserver au cœur de son deuxième opus, techniquement à la ramasse, une ambiance ainsi qu'une folie douce de bon aloi. Malgré une promotion inquiétante, aux airs de spot pour une clinique gériatrique wharolienne, on pouvait raisonnablement espérer que ce Expendables 3 saurait préserver l'âme de ces fiers guerriers des années 80. Manque de pot, le ver Hollywoodien semble avoir tout à fait rongé la pomme d'une saga que l'on espérait hors du temps, malgré les efforts du réalisateur Patrick Hughes.

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JETABLE(S) 3

 

Si Expendables 3 est le plus mauvais épisode de la saga, il est paradoxalement celui qui affiche le plus d'ambition, visuellement parlant. Patrick Hughes (réalisateur de l'excellent Red Hill) fait ici tout son possible pour renouveler les codes de la série. Qu'il s'agisse de découpage, de photographie ou de mise en scène pure, il s'efforce de ne pas succomber aux affres de la caméra tremblotante et des plans génériques.

 

Et s'il parvient ici et là à nous impressionner par la seule grâce d'une poignée de gros plans et de lents travellings sur les visages burinés de Sylvester Stallone et Mel Gibson, son travail est le plus souvent gâché par une production qui se moque bien du résultat final. Fonds verts hideux, effets spéciaux numériques indignes des stars qu'ils sont supposés mettre en valeur, tout concourt ici à ruiner les efforts de Hughes pour sortir les Expendables de l'ornière esthétique du volet précédent.

 

 

Image 694998Promenons nous...

L'HEURE DES PROS

 

Une pauvreté technique que le spectateur serait prêt à accepter si comme d'habitude, les action men assuraient le spectacle. Hélas, à l'exception notable de Sylvester StalloneMel Gibson et Ronda Rousey, l'intégralité du casting est aux fraises. Il est rageant de voir Wesley Snipes quasiment disparaître du film après une trentaine de minutes, Arnold Schwarzenegger et Harrison Ford chercher le chemin des toilettes tandis que le malheureux Jason Statham jette péniblement une paire de couteaux numériques pour nous faire oublier que Antonio Banderas semble militer pour sa propre euthanasie.

 

À leur décharge, le scénario ne comportant que deux scènes d'action d'envergure, rien d'étonnant à ce que ce petit monde se contente d'une ou deux séquences de footing avec mitraillettes dans des décors d'une pauvreté abyssale.

 

 

Photo Expendables 3Colonie de vacances

 

Enfin, plus encore que la non-direction artistique typique des productions Millenium ou l'usage aberrant de ce casting pléthorique, c'est le manque global d'énergie qui sidère. Jamais une cascade n'impressionne, à aucun moment une réplique ne fait mouche, ni un rebondissement ne nous surprend. La violence qui illuminait les deux précédents épisodes a été sacrifiée par un montage devenu incohérent à force de coupes à destination d'un jeune public, qui se moque éperdument des vieilles gloires d'hier.

 

 

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Résumé

Le réalisateur Patrick Hughes est le seul à ne pas se laisser aller, mais son talent ne suffit pas à compenser une direction artistique paresseuse, un scénario faible et un casting en déroute. 

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