Jurassic World : critique préhistorique

Mise à jour : 04/12/2018 16:58 - Créé : 26 novembre 2017 - Simon Riaux

Plus de dix ans ont passé depuis le dernier épisode de Jurassic Park. Entre temps, la mode des reboots et autres remakes a pris des proportions délirantes, poussant logiquement Steven Spielberg et Universal à nourrir la nostalgie du public en redonnant vie à une saga encore très présente dans l'imaginaire collectif. Après une promotion clairement orientée autour de l'idée du fun et du second degré, nous étions donc particulièrement curieux de découvrir quelles surprises nous réservait le Park, ou plutôt le World de Jurassic World.

Photo Affiche Détail
137 réactions

DIT NOSAURE

Ceux dont le cœur bat toujours pour les dinosaures y trouveront à peu près leur compte, le film faisant tout pour les exposer continuellement et au grand jour, avec une relative générosité. Les spectateurs en quête d’un divertissement rondement mené pourront également se satisfaire du produit proposé par Universal. Son rythme est constant, l’ensemble ne souffre globalement pas de temps mort et on constate l'effort des scénaristes pour élaguer l'histoire et ne pas alourdir le film, notamment ses dialogues.

 

Photo Chris PrattChris Pratt, prêt pour l'aventure

 

On redoutait que la mode du tout numérique ne joue contre la tradition d'excellence de la franchise dans le domaine des effets spéciaux. Il n'en est rien, les équipes d'ILM ont une nouvelle fois fait du très bon boulot. Hélas, ils n'ont manifestement retenu aucun enseignement de l'expérience acquise sur les précédents épisodes. Les animatroniques ont manifestement été quasiment éliminés de l'équation, tandis que l'animation semble ne plus se soucier de modèles physiques, comme Spielberg l'imposa par le passé. Résultat : une fouletitude de bébètes numériques dénuées de réalité, sortes de chewing gum rugissants incapables de procurer le moindre frisson. La conséquence est terrible, Jurassic World est le film aux effets les plus ratés de la saga. Et de loin.

 

Photo Chris Pratt, Bryce Dallas HowardÇa va vachement moins bien marcher maintenant

SUBSTANTIFIQUE MOËLLE

Malheureusement, Jurassic World souffre de son indécision. Alors qu’il agite en permanence la nostalgie du premier épisode sous notre nez, le scénario de Colin Trevorrow semble ne pas du tout en comprendre l’esprit et échoue à créer une réelle dramaturgie ou un quelconque émerveillement. En témoigne la scène où retentit pour la première fois le thème principal de John Williams, utilisé ici non pas pour accompagner la découverte des formidables créatures qui peuplent le parc… mais pour nous dévoiler la déco de son hôtel de luxe.

 

Photo Bryce dallas HowardBryce Dallas Howard

 

Le long-métrage se pense et se vit comme une attraction, ni plus ni moins. Une orientation qui lui confère son dynamisme, mais limite son impact. Les personnages témoignent cruellement de cette orientation, à l’image de Chris Pratt, dénué de personnalité et de motivations, qui se contente de jouer les guides touristiques rigolards, annulant systématiquement tout effet de tension ou de suspense. Comment croire à une menace mortelle quand nous évoluons aux côtés d’un blagueur capable de contrôler les Raptors, l’espèce la plus dangereuse qui soit ?

Autre source de déception : le refus du film de nous offrir la dose de frissons indissociable de la saga Jurassic Park. Non content de piocher presque toutes ses victimes parmi des figurants anonymes, le film ne nous offre pas le cataclysme annoncé par ses bandes-annonces. On se demande ainsi quel était l'intérêt de situer l'action dans un parc rempli de touristes, pour finalement ne pas vraiment les confronter aux dinosaures affamés qui les entourent. Une timidité regrettable, car on se rappelle que la conclusion furieuse du Monde Perdu n'empêchait pas le film de demeurer un divertissement grand public.

 



À force de ne pas choisir de direction claire, Jurassic World n’assume pas non plus sa dimension Z. Certaines péripéties semblent pourtant offrir au spectateur une relecture inattendue de Mega Shark vs. Giant Octopus et ses inombrables suites qui remplissent les étagères des cinéphiles déviants. Alors que le film se transforme en match de catch pour sauriens génétiquement modifiés, nous réalisons que cette voie nanardeuse mais jubilatoire était peut-être une issue pertinente pour un film qui n’a clairement pas les ambitions de son sujet.

Mais pour assumer une folie à la fois sauvage et bon enfant, il aurait fallu faire le choix de se couper d’une partie du public potentiel, la frange la plus cinéphile et nostalgique, plutôt que de tenter artificiellement de satisfaire toutes les audiences, quitte à n’en combler aucune.

 

Affiche moto

Résumé

À ne pas choisir entre l'hommage respectueux et le gros délire, Jurassic World finit par se perdre et proposer une grosse attraction manquant singulièrement de caractère.

commentaires lecteurs votre commentaire !

jorgio69 27/11/2018 à 13:16

Ioutch !
Vous êtes dur avec le scénario de JW. J'ai trouvé très intéressant, même si c'est un thème de fond peu exploré, la confrontation entre les environnements créatifs, commerciaux et militaires.
Très bien amené mais trop peu exploité.
Après, quand on va vu le scénario du JW - Fallen Kingdom, cela rehausse le niveau du 1e.
Parce que oui, le scénario du 2, écrit majoritairement par Colin Trevorrow, est complètement con...

alan 27/11/2018 à 11:32

Le film marche sur les pas du JP original avec une structure quasiment calquée sur ce dernier, en jouant sur la fibre nostalgique du retour dans LE parc. Après avoir vu world 2 j'ai regardé avec plus de clémence celui ci, il n'est certes pas un monstre d’originalité mais respecte un minimum l'esprit JP ce que ne fais pas world 2 avec son scénario stupide et ses personnages totalement inconsistants.

WinslowLeach 25/08/2016 à 16:41

Moi je me suis endormi après 50 minutes de projection...
J'aimais bien le premier grâce notamment à l'esthétique de Dean Cundey derrière la caméra (au meilleur de sa forme) et aux interprètes tous géniaux.
J'ai mis du temps à apprécier le deuxième... Ce n'est qu'à la deuxième vision que je me suis rendu compte que suivre les aventures du professeur Ian Malcolm (Jeff Goldblum) était aussi plaisant que de suivre celles du Professeur Alan Grant (qui manque quand même cruellement).
Le troisième était gâché par les interprétations minables de William H. Macy et Téa Leoni, mais il nous offrait le retour d'Alan Grant, la meilleure idée du script.
Le quatrième film abandonne quasiment tous les personnages de la trilogie originale, à l'exception de DB Wong (le scientifique asiatique appelé Henri Wu,du premier film) qui revient sous les traits du même personnage mais à la sensibilité totalement opposée... Super ! Quelle idée lumineuse, tout le monde voulait voir ça en effet ! On nous propose une nouvelle galerie de personnages dont on se fou royalement (je ne connais même pas ces nouveaux acteurs) tant ils sonnent creux.
Le but de JURASSIC WORLD est bien de séduire un nouveau public qui n'a pas vu les précédents opus, plus que séduire ceux qui ont aimé la trilogie originale. J'aurai aimé voir un film qui me parle plus, contenant des références aux œuvres précédentes...
L'idéal pour me séduire aurait été un plan d'ouverture style flash back dans les années 50 montrant un enfant émerveillé devant le CIRQUE DE PUCES ... On comprend alors qu'il s'agit du petit Professeur Hammond jeune...

Servallou 15/07/2015 à 16:21

Ok pour l'esthétique, par contre le scénario ne vaut absolument rien.

L'histoire est bourré de cliché, et l'intrigue inconsistante et totalement prévisible.

Je comprend mieux pourquoi les américains appelle cela "L'industrie" du cinéma.

Bolderiz 27/06/2015 à 20:21

Oui mais au passage il a gagné un milliard et quelques...

sylvinception 26/06/2015 à 12:38

Tient, il a perdu une étoile depuis la dernière fois...

Kou2Mite 25/06/2015 à 16:27

Intelligent ?
Faut pas déconner...

Et non le film n'est pas plus violent : à l'exception du gros débile, AUCUN personnage ne meurt. Que des figurants.
Et on compte en tout et pour tout une gerbe de sang, en hors champ bien sûr. Donc non, au sens propre, le film est le moins violent de tous. Et de très loin.
Et comment pourrait-il être effrayant alors qu'il est mis en scène comme une comédie ?

olive 22/06/2015 à 21:25

Pas d'accord. Le scénario est intelligent à plusieurs égards, le film est hyper bien filmé et monté et est de ce fait assez effrayant, plus que les précédents selon moi, plus violent aussi.
Et la musique arrive au bon moment (je fais référence à cette critique à côté de la plaque, on a vu le même film?)
Bref, du tout bon
4.5/5

Bolderiz 22/06/2015 à 15:26

Etonnant comme les gens sont blasés de tout et même un spectacle sympa et correct comme ce film voit se déverser sur lui un tas d'immondices... Peut être que les Hipsters pseudo bobos branchouilles devraient se contenter de mater en boucle les films de W. Anderson, S. Coppola et laisser les blockbusters à la populace...

T-Rex 18/06/2015 à 20:29

Et j'ajoute que les effets speciaux sont très bons, mais pas absolument parfaits, on n'était plus étonné au premier film, il y a
...23ans !!
Spielberg derrière ? Il m'inquiète, comme son Indiana Jones 4... Une usine à pognon que je ne prolongerai pas en achetant le bluray. Et Omar Sy faut qu'il calme son agent américain ses apparitions sont dispensables aux usa même si je l'aime bien. Donc vous pouvez aller voir autre chose !

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